vendredi 20 octobre 2017

Connectés sous dépendance addictive solitaire

Je sais, vous êtes comme de nombreuses personnes de ma génération d’après-guerre qui ont vu le monde changer à un rythme qui s’accélérait de plus en plus,  jusqu’à s’emballer dans une seule direction. Nous regardons nos enfants, les enfants de nos ami-e-s, nos petits-enfants et ceux des autres, nous les récupérons parfois à la sortie du collège, du lycée et nous observons tous le même comportement.



Cela peut certes nous irriter, nous désoler, nous désespérer. Mais comprendre pour argumenter, pour détourner, c’est plus dur. Y a-t-il une explication, des explications ou est-ce juste le résultat de ce que l’on a laissé filer par résignation, par facilité ou pour voir comment cela va évoluer, en spectateur critique ?
Nous avons nos références basées sur un monde tel qu’il était à leurs âges, avec les outils disponibles à ce moment-là, nos jeux, nos loisirs, nos plaisirs, nos désirs, … Mais eux, ces jeunes, ces adolescents, ces jeunes parents, quelles sont leurs références à eux ? Quel monde leur avons-nous présenté ?

On leur a bassiné que le monde leur est ouvert, que les technologies, la science vont faire des pas énormes, qu’ils profitent du temps de paix, du confort et des biens de consommation innombrables, qu’ils sont destinés à de grandes choses, qu’ils pourront obtenir ce qu’ils veulent dans la vie…. Ils vont à l’école, s’enrichissent de diplômes pour trouver le job qui les « mettra à l’aise ».
On en a connu de ces jeunes qui y ont cru, n’ont pas ménagé leurs efforts pour y « arriver ».

Mais la « real world » fait vite déchanter. Confrontés au monde du travail, ils se rendent compte qu’ils ne sont pas spéciaux, que plus personne n’est là pour les couver et les aider à une quelconque promotion. L’image de soi s’en trouve vite ternie, l’estime de soi amoindrie quant à la satisfaction par le travail et parfois aussi la difficulté d’établir des relations profondes et sincères.
Cette génération vit dans l’immédiateté, on peut tout avoir instantanément (ou presque), un monde de gratification instantanée. A la violente réalité du travail où l’on se sent souvent dévalorisé s’ajoute la technologie, les outils, les objets connectés.






 
C’est là qu’ils vont se lâcher pour s’échapper de ce monde dur, pour montrer aux autres à quel point leur vie est sensationnelle et riche, alors même qu’ils sont en voie de dépression.
Nos enfants et petits-enfants ont du mal à créer des relations profondes qui ont du sens. Leurs amitiés sont superficielles dans la mesure où ils ne peuvent pas compter les uns sur les autres. Dès que du nouveau apparaît, on délaisse pour aller vers du « mieux » ! Et quand un stress se présente, ils ne se tournent pas vers des personnes, mais vers l’appareil, leur objet « connecté ».
L’implication dans les « réseaux sociaux », i-phone, Facebook, Instagram et autres twitter génère la libération de dopamine et on se sent « bien » en « partageant » sur les réseaux par les portables « intelligents ». Cela provoque au final une réelle addiction comme l’alcool, le tabac, les drogues…


Notre génération, on est bien accro au pétrole et on a du mal à construire la transition, la résilience (pour le monde d’après « la crise »). Nous n’avons donc que peu de choses à leur présenter pour les faire rêver, les faire réfléchir à un autre monde possible que celui qui est LEUR référence, dans lequel ils sont nés et ont grandi.

Mais, on peut leur faire découvrir que le plaisir peut aussi être de couper du bois, de repeindre sa chambre, de chercher des réponses dans des ...livres, de planter des graines, de cueillir des légumes, de les cuisiner et partager un repas, de se promener dans de beaux endroits, de …




 
Cette génération de l’immédiateté doit apprendre la patience, que les choses fondamentales comme l’amour, l’accomplissement par le travail, la joie sont des choses qui demandent du temps.

Etre reliés par des appareils n’est qu’une illusion relationnelle et en terme de liberté, c’est une aliénation forte. Demain, la montre connectée, la puce implantée sous la peau connectée, le/la ….

Je n’émets aucun jugement moral ou de valeur, mais je me pose des questions. Interdire sans remplacer par autre chose de plus valorisant ne sert à rien pour guérir de cette addiction.
Propositions autres, activités de création, reconstruction de l’estime de soi, valorisation d’une réalisation, les pistes sont multiples et nous en connaissons de nombreuses.

Compréhension et exemplarité feront contrepoids, atténueront le temps passé devant les écrans et cette illusion d’exister, de vivre à travers des appareils « connectés » !



L’avenir n’est pas écrit.



lundi 2 octobre 2017

ETATS GENERAUX DE L'ALIMENTATION : agriculture et santé

Emmanuel Macron, candidat, dans ses promesses électorales, déclarait vouloir « assurer un revenu décent aux agriculteurs et une alimentation de qualité tout en respectant l'environnement ».  
Quel beau programme pour toutes celles et ceux qui sont sensibilisés-e-s aux enjeux de la santé par une alimentation saine et également par la juste rémunération des paysans pour leur travail qui privilégie la qualité de leurs productions.
On allait voir ce qu’on allait voir car LREM (La République En Marche) veut tout changer , moderniser, adapter au XXIème siècle, …

Annoncez le programme :


Le 20 juillet 2017 s’ouvrent les Etats Généraux de l’Alimentation, une sorte de Grenelle de l’Alimentation, sous la coupe non pas du Ministère de la Transition comme le souhaitait Nicolas Hulot, mais de l’agriculture *. Cela doit durer jusqu’à mi-novembre avec 14 ateliers et 2 chantiers.
L’idée en tant que telle semble attrayante, médiatiquement payante, mais comme pour le Grenelle de l’Environnement des secteurs entiers en sont exclus et la composition des participants pose forcément question.
Edouard Philippe, premier ministre dit vouloir réconcilier agriculture et environnement, quant à Nicolas Hulot, il veut annoncer une « transformation culturelle » en appelant tous les acteurs « de la fourche à la fourchette » à « mettre les postures de côté ». « J’espère qu’aujourd’hui est le début de quelque chose d’inattendu et de magnifique ». Le prédicateur doit être sur une autre planète, doit user de substances euphorisantes car comment ne pas voir qui est autour des tables de discussion.

Les présidences des « ateliers » sont tenues par 10 élus et responsables publics, par 10 représentants des géants de l’industrie agroalimentaire et de la grande distribution et aucune par des syndicats agricoles ou des ONG. Le public peut intervenir sur internet !!! Nous avons donc des représentants de Danone, de Système U, des laiteries Triballat, d’Axéréales, du groupe Avril, etc...bref la grande distribution (8 groupes possèdent tout le marché), l’industrie agroalimentaire. Celui qui supervise le tout est Olivier Alain. Oui, illustre inconnu pour vous, mais c’est le conseiller agriculture de Emmanuel Macron pendant la campagne , gros éleveur bovin et ...porte-parole de la FNSEA, le syndicat agricole bien connu pour sa sensibilité écologique et la défense des paysans !!!! C’est lui qui conseillait aux agriculteurs de ne pas déclarer leur flux d’azote, contrairement aux textes réglementaires. Vous voyez le genre. Et qu’en pense Nicolas Hulot ? Silence…

Vous imaginez bien que ces ateliers -dirigés par Danone, Système U et autres - ne vont pas sortir des textes de futures lois qui vont indemniser avec des prix JUSTES et plus élevés les producteurs de nos campagnes, vallées et montagnes. Quant à manger plus sainement, ce serait une révolution au sein des industries alimentaires et gros distributeurs et FNSEA de changer complètement de direction , eux qui ne pensent que profits, rendements, hyper-production, …



 
Et pourtant, certaines cantines scolaires passent au bio et produits locaux et de saison, les circuits courts ont le vent en poupe, les « éleveurs engagés » font des efforts de reconversion, les producteurs bios sont de plus en plus nombreux, les consommatrices et consommateurs commencent à être sensibilisés aux problèmes de santé et d’alimentation, aux conditions d’élevage et de production, au bien-être animal,… Il semble donc bien qu’il y ait un décalage énorme entre les effets d’annonce, l’enfumage médiatique et les réalités quotidiennes.

Quand on voit les efforts constants des paysans pour améliorer leurs produits, leurs combats pour survivre en vivant de leur travail, la synergie qui monte pour la vente directe, les produits locaux et que du côté de l’État (par vote au Parlement qui est LREM en majorité absolue), on va faire adopter le CETA, cet accord de marché avec le Canada (puis revenir ensuite sur le Tafta avec les Etats-Unis) et qui va permettre l’importation massive de viandes et produits alimentaires, c’est comme se tirer une balle dans le pied, c’est en contradiction totale avec ce que veulent nos paysans.

Lorsque mi-novembre, ces Etats Généraux se termineront (!) vous aurez droit à de beaux discours, on lancera quelques désirs sans aucune décisions concrètes et loin des objectifs annoncés : une plus juste rémunération du travail des paysans et de leurs produits et une alimentation plus saine pour tous.

On voit là encore combien et quel est le décalage entre ce qu’on « perçoit », ce qui est « communiqué » et la réalité des choses. Demandez à nos paysans ce qu’ils en pensent, ce qu’ils espèrent des décisions de ces Etats-Généraux de l’Alimentation où ils sont concernés, mais totalement absents. Tout est dit ! **



_______________________________________________________________________________________

* Vous connaissez le nom du ministre de l’Agriculture ? Stéphane Travert (qui fait tout de … /lol)

** Et pendant ce temps, le glyphosate est prolongé, les terres agricoles disparaissent sous les routes à hauteur d’un département par an...les labels bio européens sont de plus en plus élastiques et permettent une quantité d’OGM et un affichage des compositions des produits moins strict, les contrôles de plus en plus différés dans le temps, ...etc...



vendredi 22 septembre 2017

ECOLOGIE ET SURVIE : l’Alsace, berceau de l’écologie politique

Si les associations écologistes ont beaucoup apporté à la réflexion sur l’état de notre planète et le fonctionnement mortifère du monde, si l’écologie politique a fait évoluer les discours et les programmes sur la notion de durable et/ou de soutenable, cependant on est très, très loin d’un programme politique écologique, même si pour la façade et les déclarations pour dans 50 ans, nous avons un ministre d’État de la transition !

Le parti représentatif de l’écologie politique (Les Verts devenu EELV) a sombré dans cette dernière séance électorale de 2017 en se fourvoyant avec un PS moribond. Le Conseil Fédéral EELV de septembre a pour ainsi dire validé cette « mort politique » en décidant de ne rien décider avec une option de lancement d’un large mouvement qui couvrirait toute la sphère des acteurs de l’écologie. Mais cela ressemble à ce qui s’est passé déjà lors de la mue des Verts en Europe-Ecologie/Les Verts il y a à peine quelques années...C’est juste histoire de faire encore illusion le temps de régler la destination du « patrimoine » !

Pourtant, loin de l’histoire des origines de l’écologie politique, il y a des jeunes militant-e-s qui veulent s’investir dans un mouvement d’écologie politique, qu’ont déserté les « anciens ». EELV étant décrédibilisé comme les autres partis, il faut se structurer dans quelque chose de neuf pour être écouté, entendu.
Un proverbe africain dit quelque chose d’à peu près cela : «  Si tu ne sais plus où tu vas, rappelle-toi d’où tu viens »

Alors, petit rappel pour les nouvelles générations.




















En ...1972, le penseur, ethnographe , philosophe gallois Edouard Goldschmitt publie « Plan pour la survie » dans le n°1 de son journal, The ecologist. C’est une sorte de « synthèse sur la violence des rapports entre les êtres humains et la nature, sur la violence de notre société moderne qui conduit à la destruction de la nature et des rapports humains. »
En 1973, au moment des élections législatives, droite gaulliste et PS proposent le même schéma de développement : plaine d’Alsace industrialisée, centrales nucléaires le long du Rhin, autoroutes à gogo...Le petit groupe d’ écologistes alsaciens, surtout haut-rhinois, décide de présenter des candidats pour faire entendre un autre projet de vie et d’avenir durable. C’est ainsi que Henri Jenn, militant LPO (Ligue de Protection des Oiseaux) sera candidat sur Mulhouse avec comme suppléante, Solange Fernex et comme slogan « Halte au cancer de l’expansion ». Leur mouvement est appelé « Ecologie et Survie ».

L’année suivante, Henri Dumont se présente à l’élection présidentielle. On se souvient du verre d’eau mis en avant pendant ses interventions télévisées où, visionnaire, il voulait montrer que l’eau, symbole de notre milieu vital fini, était rare, que nos ressources naturelles sont limitées, qu’il fallait réduire le gaspillage pour le bien-être de tous, et aussi équilibrer le partage des richesses entre Nord et Sud.
En 1979, Solange Fernex est choisie comme tête de liste Europe-Ecologie (eh oui le nom existait déjà) aux élections européennes. Mais Les Amis de la Terre de Brice Lalonde appellent à ne pas voter cette liste et elle échoue de peu. Elle sera finalement élue députée européenne quelques années plus tard.
Elle a été aussi une des fondatrices des Verts en 1984.

Il faut lire le livre d’Elisabeth Schulthess consacré à cette femme exceptionnelle qu’était Solange Fernex, écologiste, féministe, non-violente (* « l’insoumise » 2004 - éditions Yves Michel) qui est encore un exemple pour les militant-e-s du quotidien et considérée comme celle qui a crée l’écologie politique en France, en Europe.








 
Et si aujourd’hui un nouveau mouvement-parti d’écologie politique devait se (re)créer avec une nouvelle génération qui occupe le terrain local et agit sur tous les territoires, urbain et rural, il faudrait l’appeler « Ecologie et Survie » pour rendre un hommage aux précurseurs, mais aussi pour marquer une continuité en revenant aux valeurs d’origine (et non pas la course aux postes d’élu-e-s) et surtout, ce nom est encore plus porteur de sens en 2017.


__________________________________________________________________________________

 * Solange Fernex est décédée en 2006 à la suite d’un cancer.



Un film témoignage ( interviews et archives ) a été réalisé par Daniel Coche (Dora Films) en 2014 , « La Petite Étincelle »

vendredi 8 septembre 2017

Technique, philosophique, éthique, politique ? Pourquoi privilégier GNU-Linux et les logiciels libres

On parle de résilience, d’autonomie énergétique, de circuits courts alimentaires, de santé alternative, de transports doux, de maisons passives, de biens communs, …
On utilise le numérique comme un outil quasi quotidien et là aussi, il faut tendre vers une certaine autonomie vis-à-vis de la dépendance des systèmes d’exploitation et des logiciels utilisés. Car ils impliquent aussi les objets connectés (tablettes numériques, téléphones intelligents, compteurs, domotique, …).


J’ai bien constaté lors de la mise en place de la gestion informatique des échanges pour le S.E.L. (Système d’Echange Local) de par ici, que l’outil informatique était loin d’être familier et qu’il restait un repoussoir encore pour certain-e-s.
La confusion reste grande dans la tête de pas mal de gens et cela n’aide en rien à apprivoiser un outil malgré tout très utile quand on sait s’en servir.
Alors, essayons d’éclaircir un peu les choses.

Vous voulez acheter-changer d’ordinateur

Dès le départ, et cela vous irrite, on vous pose la première question : 
qu’est-ce que vous souhaitez ? Un Apple, un Windows ? (ou autre chose) ?
C’est quoi ça déjà ?

Un ordinateur est un appareil vide équipé d’un certain nombre de fonctions : mise en route, écran d’accueil, branchements divers possibles…
Mais tel quel, il ne fait pas grand-chose. Donc, on va l’enrichir avec un système d’exploitation (commandes multiples) et des logiciels (utilitaires).

C’est ainsi que dès le départ, on vous propose généralement deux choix de systèmes d’exploitation (encore appelé « environnement »), tant le troisième est totalement ignoré. On y reviendra…
* Le premier est généralement un ordinateur d’une marque quelconque, mais déjà équipé/chargé avec Windows (version 10 aujourd’hui) inclus et qui augmente le prix d’achat.
* Le deuxième choix est un ordinateur Apple avec son système installé spécifique, Mac OS X (IOS pour les tablettes et smartphones).
* Le troisième choix, rarement ou jamais proposé, est un ordinateur de marque quelconque vide... et sur lequel vous pouvez télécharger un système d’exploitation gratuit, LINUX qui se décline sous plusieurs noms selon les versions : Ubuntu, Fedora, …

 
Dès le début donc, votre choix d’acquisition détermine votre dépendance à certains constructeurs-marques : Apple, Microsoft. Ces entreprises (américaines) ont envahi le marché de l’informatique comme Coca-Cola pour les boissons. Elles vous proposent aussi en complément du système d’exploitation toutes une série de logiciels qui sont des outils de bureautique, de dessin, de gestion, de ….Les possibilités sont de plus en plus variées. Ces logiciels sont appelés applications pour les tablettes et smartphones (téléphones intelligents).
Parmi ceux-là, on connaît surtout Word, Excell, PowerPoint, Office, Facebook, Chrome, Safari, Firefox, Thunderbird, VLC, ...etc...Les uns fonctionnent avec Windows, d’autres avec Apple, d’autres avec Linux.
De plus en plus, les logiciels Windows ne sont même plus installés sur l’ordinateur, mais ne sont utilisables que si on a un « abonnement logiciel » et on va les chercher sur un site dédié installé ailleurs et qu’on connecte par internet. La dépendance s’accentue de plus en plus, tout est de plus en plus dématérialisé. L’archivage aussi est proposé non plus sur l’ordinateur mais dans un « cloud » (nuage) virtuel hébergé ailleurs. Imaginez que vous perdez vos codes d’accès ou que vous changez d’abonnement-d’opérateur internet, que vous n’avez plus accès à votre « cloud ». Il vaut mieux continuer à stocker textes-images-documents-photos, vidéos sur le disque dur de son ordinateur (ou un disque dur personnel externe ou encore une clé USB).

Par rapport aux logiciels-applications, ce sera en fonction de vos besoins et vous arriverez petit à petit à les utiliser puisque cela sera comme une machine à écrire par exemple pour les logiciels de traitement de texte. Et puis pour vous mettre à l’aise, n’hésitez pas à fréquenter un club ou atelier informatique au début.



LINUX et les logiciels libres

Il y a déjà un certain nombre d’années, j’ai vidé mon ordinateur de tout Microsoft-Windows pour y installer un système d’exploitation libre Linux du nom de UBUNTU avec des logiciels de bureautique LIBRE OFFICE, de dessin GIMP, de navigation internet FIREFOX, de messagerie THUNDERBIRD, de lecture de musiques et vidéos VLC, de mixage son AUDACITY, ...etc...On trouve de tout dans la logithèque Ubuntu. Si, au début , les utilisateurs de Windows et Apple sont un peu déstabilisés, très vite les habitudes de manipulation reviennent avec quelques adaptations faciles. Et puis les aides et conseils en ligne sur le site « Ubuntu » sont précieux et précis, puisque les utilisateurs de logiciels libres forment une sorte de communauté qui s’entraide beaucoup.

On devrait n’utiliser que ces logiciels libres afin de ne pas perpétuer la dépendance aux grandes entreprises du numérique citées plus haut qui imposent pour ainsi dire la vente forcée de leurs systèmes et logiciels. Ils essayent de pénétrer les écoles, les lycées-universités, les administrations, les entreprises nationales et donc de tisser leur toile mondiale dont ils sont les seuls bénéficiaires et détendeurs des outils. Il est donc plus que nécessaire de se défaire de cette dépendance et d’envisager de changer de façon de penser et donc d’agir en conséquence. Il est très facile de trouver Linux (Ubuntu, Fedora, …) sur internet et de télécharger le système et logiciels.

Et cela va plus loin encore que la dépendance : la sécurité. Qui dit main mise dit contrôle. Or avec le recul nous avons bien pu mesurer la fragilité de certains systèmes. Ainsi Windows a des failles que les bandits de l’informatique (les hackers) utilisent pour lancer des brouillages énormes et demander des rançons pour rétablir la situation. Dans les objets connectés (montres, tablettes, téléphones, compteurs, appareils divers, …) il est très facile d’y mettre des mouchards interconnectés qui collectent des données personnelles, revendues à d’autres compagnies (ou organisations) : c’est le business du Big Data !

Ainsi, certaines administrations, comme la gendarmerie,  ont opté pour Linux et les Open Source (logiciels libres). Des pays en voie de développement n’utilisent que les logiciels libres pour réduire leurs factures d’équipement et ne pas être dépendants. Cela permet aussi à tous les développeurs bénévoles de Linux qui améliorent en permanence les outils de trouver des débouchés professionnels pour la mise en place, l’entretien des appareils dédiés aux logiciels libres avec leurs améliorations et adaptations permanentes.


C’est donc au-delà du choix technique, un choix philosophique, éthique, politique que de privilégier GNU-Linux et les logiciels libres. J’espère que cette chronique vous en a convaincu-e-s.




 



ENCORE UN CONSEIL :
Vous êtes sollicités, vous utilisez internet pour des achats « en ligne » avec un paiement « en ligne » soit-disant sécurisé où on vous demande vos coordonnées bancaires de votre carte de crédit.
Vous avez déjà entendu parler de différentes arnaques qui ont ainsi vidé des comptes (sans rien recevoir). Pour éviter ce genre de déboire, les banques (ou la plupart) proposent un service qui s’appelle PAYWEB card (ou équivalent) et qui permet de créer une carte de paiement virtuelle (même nombre de chiffres et codes) en plafonnant la somme retirable sur cette carte et pour un seul achat. Ainsi vous ne risquez pas qu’on vous prenne plus que la somme que vous avez indiquée et on ne peut pas utiliser les données de la carte une deuxième fois.
Dans le même ordre d’idée, ne transmettez jamais vos numéros de code de votre carte bancaire lorsque des administrations (banque, télécom, edf, etc.) vous demandent par internet de mettre à jour vos coordonnées bancaires ou autres abonnements-comptes, etc… Les administrations par sécurité communiquent toujours par voie postale pour ce genre de changements. Ne vous fiez donc pas aux imitations de pages officielles souvent bien faites pour vous induire en erreur.


Voilà donc quelques éclaircissements qui sont des répétitions pour celles et ceux qui s’y connaissent, mais peuvent être utiles et éclairants pour d’autres.


lundi 4 septembre 2017

C’EST LA RENTREE : CHANGEZ TOUT !

Quand les conquêtes sociales, le programme du Conseil National de la Résistance ont fait avancer toute une société au profit de tous, c’était évidement un très grand changement, d’un grand progressisme au lendemain d’une guerre qui a mis le pays à terre. Et aujourd’hui le Conseil d’Administration de la start-up macronienne du pays France voudrait nous faire croire que tout cela est d’un archaïsme ringard d’un autre temps et qu’il faut tout changer. Quand les évolutions proposées vont dans le sens de l’amélioration de la vie des gens, cela m’étonnerait que cela enclenche un processus de refus des réformes !

« Je veux aller où l'air est plus doux
Où la colombe vole en-dessous
Où le printemps entre un jour comme un fou
Vous saisit au revers
Au détour d'un chemin vert
Et vous dit
ça va pas comme ça

Changez tout changez tout
Votre monde ne tient pas debout
Changez tout
Je veux aller dans l'après-midi
D'un jour où rien n'est interdit
Où le bonheur sans faire de comédie
Vous salue sans manières
Et vous parle à cœur ouvert
Et vous dit
Qu'est-ce que t'as bien fait... »

https://www.youtube.com/watch?v=eJ8aMmTtY78

Cette chanson de Michel Jonasz peut paraître niaiseuse (comme diraient nos ami-e-s canadien-ne-s) mais elle m’est venue à l’esprit instantanément quand j’ai mis ce titre de chronique. La poésie est-elle, elle aussi, archaïque ?




Emmanuel Macron, ou disons son gouvernement, dépose ses ordonnances concernant la loi travail pour faire rentrer la France dans l’ultralibéralisme où les patrons des grosses entreprises et de la finance vont faire définitivement la loi et où les employés-ouvriers seront vraiment sans recours et des protections sociales amoindries. C’est ça le modernisme macronien, la nouveauté, les réformes que les français refusent par frilosité !!! Sarkozy voulait casser l’héritage de 68, Macron veut détruire les acquis du Conseil National de la Résistance. Mais comme on n’a que peu de mémoire sur notre histoire, même contemporaine, alors tout est permis et on peut brouiller les pistes par des affirmations erronées sans souci.
C’est sûr que de baisser l’allocation logement, d’augmenter la CSG pour les retraités sont des « révolutions » qui vont redresser les comptes du pays.
Comment un président, qui dirige un conseil des ministres dont des membres importants sont issus de Areva, Danone et compagnie, va-t-il expliquer qu’il vaut mieux continuer à ponctionner dans le petit peuple plutôt que de faire contribuer les grosses fortunes à un soit-disant effort commun. Non, on ne touche pas aux riches, on ne remet pas un impôt sur la fortune, on ne taxe pas les robots-machine des entreprises qui dégagent des bénéfices énormes tout en licenciant allègrement...La loi travail est révélateur du monde de Emmanuel Macron et ses ami-e-s. Mais ce n’est pas notre monde, ni le pays dans lequel nous vivons. La fracture sociale chirac-ienne est bien toujours encore à l’ordre du jour et je dirais même plus que jamais. Entre les corrompus, les privilèges qu’on s’octroie, les haineux qui excluent, les bénéficiaires des mandats cumulés, beaucoup de personnes ont cru naïvement que la jeunesse et le sourire allaient faire un changement positif pour tout le monde. Elu avec moins de 20 % des électeurs-électrises inscrits, M.Macron croyait malgré tout que le plébiscite du deuxième tour allait lui donner une légitimité et une confiance aveuglées. Cela n’a guère duré que quelques semaines, car très vite, cet été les petites annonces et déclarations ont vite éclairé nos cerveaux endormis. Et la déception s’est traduite immédiatement dans les indices de satisfaction. Mais quand on base toute la politique sur les gains de l’entreprise (et des banques) en faisant croire que cela entraînerait automatiquement de l’embauche et donc par ruissellement de la richesse, alors on sait aussi à qui on a affaire : rien de neuf mais du ressassé depuis des lustres. Tous les gouvernements et présidents successifs ont dit exactement la même chose : libéralisez l’entreprise, assouplissez les conditions d’embauche, de contrats et de licenciement, diminuez les charges sociales, le chômage diminuera, cela ira mieux pour tout le monde. Et faisons fi des « services publics », de la Sécurité Sociale, etc...qui sont des freins au ...développement et à la modernité !!!!
Que ne faut-il pas entendre. Bien sûr il y a une logique idéologique et le MEDEF sable le champagne sachant que les promesses d’embauche ne sont ...que des promesses sans engagements, sans contraintes. 

 
Les seules voix divergentes viennent de deux syndicats et du mouvement et des élu-e-s de La France Insoumise qui remettent les pendules à l’heure. Les médias de propagande descendent tellement son leader actuel afin de brouiller les déclarations de son mouvement. Il faut noircir le personnage, le rendre antipathique pour brouiller son discours, occulter le programme de « l’avenir en commun », que peu de personnes ont réellement lu. Cela semble « marcher » car même certain-e-s électrices-électeurs de Mélenchon lui tournent le dos en ne regardant que la personne et en occultant le mouvement collectif, les idées, le programme et les autres élu-e-s porte-parole.
Pour des observateurs et animateurs politiques comme moi, il n’y a rien de neuf dans ce qu’on vit là. C’est juste plus accentué, plus frontal et plus définitivement dédaigneux, on pourrait même dire irrespectueux.
Dans quelques mois, cela semblera évident à un grand nombre. Et alors ?
En Marche a tous les pouvoirs, les majorités absolues dans tous les rouages, a bien placé « ses gens » avec des élu-e-s aux ordres, réduits au silence de la discipline du parti qui leur a permis d’être député-e-s !
Les partis « traditionnels » sont morts, décimés, décrédibilisés, que ce soit le PS qui deviendra peut-être « les socialistes » et la »Nouvelle Gauche », le FN qui deviendra peut-être « les patriotes », les Républicains qui éliront un proche des thèses FN a sa tête en la personne de L. Wauquiez, EELV qui s’est fourvoyé avec le PS pour essayer de sauver des postes de députés et s’enlise dans ses errements.
Il ne reste effectivement face à face que deux « mouvements » : En Marche et France Insoumise avec deux visions très différentes, deux projets pour la France. Au moins le choix est clair entre deux points de vue radicalement opposés. Et sans porosité entre les deux.
On pourrait même redire des slogans du passé récent : « camarade, choisis ton camp » tant la société est clairement divisée entre deux blocs sociaux aux antipodes.


Non , Macron ne rassemble pas. Chaque jour on voit plus clairement combien au contraire sa politique divise profondément. Cela ne préfigure guère des lendemains meilleurs, mais bien au contraire des tensions plus vives encore.
Macron ne change rien, peut-être le style, c’est tout...et encore. On croirait du Lecanuet, du Pompidou…
Si on avait voulu « changer tout », il ne fallait pas prendre cette option-là.
Celles et ceux qui ont eu peur du FN (bis répétita de Chirac-Le Pen) et ont voté Macron, doivent aujourd’hui déjà le regretter profondément. Quand aux convaincu-e-s du macronisme, au moins on sait à quoi s’en tenir et leurs discours pour convaincre auront du mal à passer leur cercle restreint des 20 % .
Et on n’est qu’au début du quinquennat…

__________________________________________________________________________________


J'aurai bien sûr en ce jour de rentrée SCOLAIRE pu parler de l'Education Nationale et des changements initiés par le nouveau ministre technocrate. Mais les enseignant-e-s seront le plus à même d'en parler dans les prochains jours, sans aucun doute.

lundi 7 août 2017

LE JUSTE PRIX !

Non, je ne vais pas parler de jeu télévisé, mais de production de biens alimentaires et du vol des intermédiaires de la grande distribution. 
En effet, ces questions me turlupinent depuis des années, pour ne pas dire depuis toujours.


Je discutais encore dernièrement avec Guillaume, jeune paysan de montagne, qui ne peut pas vivre de l’exploitation familiale et est obligé d’avoir un travail salarié rémunéré ailleurs ce qui ne lui laisse pas le temps de s’occuper de la ferme à plein temps comme il le souhaiterait. Il jongle entre les horaires et il a l’appui de son père qui est retraité aujourd’hui et qui faisait comme lui : il jonglait entre travaux de la ferme et emploi salarié. C’est le lot de beaucoup de paysans, mais beaucoup abandonnent aussi alors qu’ils sont indispensables pour nourrir la population.
On parle de subventions inégales. Les céréaliers qui ont transformé la plaine d’Alsace en un immense maïsland à perte de vue touchent des milliers d’Euros en fonction des hectares de terres qu’ils possèdent-exploitent tout en polluant allègrement la plus grande nappe phréatique d’eau -qui était potable- d’Europe. Les paysans de montagne, eux qui entretiennent les paysages, qui élèvent des animaux et transforment les produits, ne touchent que peu de subsides pour les aider. La réponse cependant de ces paysans (de montagne) est souvent la même : « on ne veut pas plus de subventions, on aimerait juste pouvoir vivre décemment de notre travail et que nos produits soient payés au ...juste prix». J’admire le courage de ces personnes qui ne comptent pas les heures, qui sont sur le terrain du matin au soir, du lundi au lundi, par tous les temps, pour un revenu qui ne correspond en rien à cet investissement humain, sans compter les prêts énormes liés à leurs outils de travail.


Quoi et où ?
Et puis, chacun-e de nous est aussi un peu responsable de la situation. Car nous consommons les produits élaborés par ces paysans : viande, laitage, légumes, fruits, ….
Mais où achetons-nous cela ?
Cette première interrogation met tout de suite le débat au coeur de la problématique. Entre le producteur et le consommateur, combien d’intermédiaires qui ne font quasi rien mais prélèvent un bon pourcentage au passage. Et ce pourcentage pourrait revenir au paysan si on achetait les produits directement à la ferme, sans intermédiaires. Et puis il y a aussi tout le chantage permanent qu’exercent les entreprises de distribution, les centrales d’achat qui imposent leurs tarifs d’achat avec la promesse de mettre en valeur les produits choisis. Mais à quels prix sont rémunérés les producteurs ? Vous avez tous déjà vu passer des chiffres qui montraient combien était vendu le produit et combien touchait le producteur. Mais cela n’apparaît nulle part de façon claire et ainsi, cette politique continue et personne vraiment ne veut se poser les bonnes questions. Combien touche le producteur sur chaque produit que vous achetez ? Quelles sont les conditions de production ? Quelle est la véritable qualité du produit et d’où vient-il ? Et encore pas mal d’autres questions de ce genre…



Un affichage clair pour changer nos comportements d’achat
On pourrait aussi suggérer, mais surtout imposer à ce que sur chaque produit soit AUSSI indiqué combien touche le producteur, quel est le montant qui lui est retourné. Est-ce que cela ne changerait pas la vision des choses ? Est-ce que cela n’induirait pas notre choix d’achat ? Est-ce que cela ne nous ferait pas changer de pratique de consommateurs ?
J’ai vu des petits magasins où se vendaient des produits du terroir, locaux et variés et où était clairement indiqué que 70 % du prix étaient attribués aux producteurs. Mais combien d’enseignes font ce choix, cet effort de juste rétribution.

On a vu qu’un Etat pouvait imposer des emballages « neutres » anxiogènes pour certains produits. On devrait ainsi trouver aussi ce type d’emballage sur les produits alimentaires qui comptent plus de cinq composants, souvent des additifs, exhausteurs de goût, colorants divers et chimiques et qui remplissent les étals des supermarchés. Produits qui viennent du monde entier, transportés par cargos, par avions, ionisés, bourrés de conservateurs. Et je ne parle même pas du détail des conditions de travail pour produire, récolter ces produits alimentaires. Vous avez bien compris aussi que consommer en permanence, au quotidien ces « aliments  (!!!) » ne peut qu’avoir des répercussions au niveau santé à moyen-long terme. On ne devrait plus dire « bon appétit » devant un de ces plats micro-wavés, mais « bonne chance »  (selon Pierre Rabhi).

Le juste prix
On imagine bien qu’une demande forte des consommateurs concernant l’affichage sur tous les produits de la part rémunérée des producteurs pourrait changer peut-être notre façon d’acheter et aurait pour conséquence positive à ce que les paysans puissent enfin toucher un prix « correct » pour ce qu’ils produisent, le juste prix qui leur revient.
Pourquoi engraisser les pontes de la grande distribution, tous les intermédiaires-commerciaux qui exercent un chantage innommable sur les producteurs et les mettent en dépendance, en faillite, alors que sans eux, on crèverait de faim.

La question de la juste rémunération des producteurs est loin d’être anodine, mais au contraire elle est centrale pour l’avenir proche, pour les générations futures, pour l’image d’un pays, pour la survie d’une agriculture paysanne de qualité.


Soyons donc acteur du changement.
Regardez les possibilités autour de vous et choisissez l’option locale, de proximité, de circuits courts, de vente directe à la ferme, de produits de saison, biologiques de préférence pour les qualités gustatives et de la préservation de la santé.
Cela ne demande pas forcément de grands efforts, mais cela change profondément les choses si un certain nombre de consommateurs transforment leurs choix d’achat.

Les paysans nous nourrissent, préservent les terres et les paysages où nous nous ressourçons par la promenade et des activités ludiques ou sportives. Ils sont indispensables à l’équilibre, à l’harmonie, à notre bien-être, autant s’en souvenir toujours.






mercredi 19 juillet 2017

ARGENT PUBLIC et ECONOMIES : réel débat ou écran de fumée !

On ne peut que se réjouir d’entendre un projet de réduction des dépenses d’état, des investissements inutiles d’argent public, d’économies de fonctionnement, de disparition de la taxe d’habitation.
Bien sûr, il faudrait tout autant ne pas supprimer l’impôt sur les grands fortunes, continuer à taxer les transactions boursières hautement spéculatives et instaurer des taxes poids lourds au lieu d’aligner vers le haut les tarifs de l’essence-diesel par exemple.

Dépenses inutiles, futiles, mais par millions

J’entends déjà les représentant-e-s des collectivités pousser des hauts cris qu’ils ne pourront plus faire vivre les collectivités territoriales, plus investir dans les projets d’aménagement locaux.
Et pourtant, nous avons tous des exemples flagrants de dépenses inutiles, d’investissement coûteux pas nécessaires et pas forcément utiles et indispensables à la collectivité, du genre retaper les mairies ou même en construire des nouvelles, faire que chaque commune ait sa salle polyvalente, construire de nouvelles piscines même s’il y en a ailleurs à moins d’une demi-heure, investir dans des projets démesurés qui n’ont rien d’un intérêt public du genre Bioscope aujourd’hui Parc du Petit Prince (privé) ou même indemniser tous les maires, adjoints de France qui souvent cumulent encore ces indemnités avec celles de président ou vice-président de Communautés de Communes sans compter les cumulards entre député, maire et président de collectivités locales ou instituts privés/publics, maire et conseiller général-régional ...etc...Nous pouvons tous citer de multiples exemples de dépenses publiques pour des projets fumeux. Il n’y a donc rien de scandaleux à ce que le garant des dépenses publiques (nos impôts) souhaite faire des économies avec une gestion plus rigoureuse des deniers publics. On ne peut pas continuer à instaurer l’austérité et la précarité pour les travailleurs et familles et continuer à financer des projets inutiles ou qui ne sont pas indispensables, sans économiser sur les frais de fonctionnement aussi des collectivités, de l’État. Cela va de pair aussi avec la moralisation du monde politique où les conflits d’intérêts sont flagrants et aujourd’hui dévoilés au grand jour. Mais pour que tout cela, une fois de plus, soit crédible, il faut de l’exemplarité, pas des blabla’s sans actes.





Taxe d’habitation
Le gouvernement parle aussi, dans ce sens, de supprimer la taxe d’habitation. Celle-ci est totalement injuste et sert essentiellement de finances locales . Ainsi, une petite commune sans services publics réels peut demander une taxe d’habitation importante si elle a fait des investissements immobiliers importants (bâtiments, piscine, salle polyvalente, terrains de loisirs, parkings, …). Lorsqu’on compare, on se rend bien compte de cette disparité pas forcément compréhensible.
Si je prends l’exemple de deux communes du même type, de même importance, distante à peine de 100 kilomètres dans la même région, on peut passer de 386 € à 914 € (sans compter la taxe audiovisuelle). Expliquez-moi où se justifie la différence ? 
Je peux même comparer deux communes rurales distantes de moins de 5 kilomètres où on passe de 456 € à 938 €. Qu’est-ce que la deuxième a de plus que la première ? Apparemment rien et même encore moins puisque l’une à une gare TER, un commerce de proximité et l’autre rien, alors que la taxe y est plus chère. On peut décemment se poser des questions sur l'utilisation de ces taxes et la pertinence des choix des conseils municipaux/maires et Communautés de Communes. Mais je connais aussi des maires de communes rurales qui se battent pour conserver des SERVICES PUBLICS dans leur commune sans augmenter les taxes pour ne pas pénaliser (double peine !) leurs concitoyens. Et qui se plaignent aussi de l'inégale répartition sur le territoire des ex-taxes professionnelles. Sans compter que des choix de Com'Coms peuvent amputer longuement par des projets très coûteux d'autres investissements plus urgents pour TOUTES les communes. L'inégalité de traitement entre les communes en France est flagrant.


Un statut d’élu-conseiller/délégué
Et puis, les premiers qui vont râler ce sont les élu-e-s locaux. Mais ce sont aussi les mêmes qui cumulent souvent deux titres (ou bien plus) avec les indemnités (d’argent public) qui vont avec. Exemple, maire et président ou vice-président de Communauté de Communes ou encore conseiller général-régional. Sans aller à député/sénateur et maire et président de conseils d’administration privé/public. La loi sur le cumul ne changera pas grand chose à part réduire à deux légalement les mandats. Mais les implications représentatives dans des officines diverses arrondissent bien les fins de mois !
Avec 35 885 communes en France, c’est autant d’indemnités pour les maires et adjoints. Il serait plus que temps de revoir la répartition administrative et politique des pouvoirs (et indemnités) locaux. Quelles sont encore les responsabilités, le pouvoir de décisions des maires aujourd’hui ? Dans le monde rural (mais pas seulement) les décisions se prennent vraiment dans les Communautés de Communes, relayées par les Départements/Régions auprès de l’État. Ces trois échelons devraient être suffisants et dans ce cas, les communes n’ont besoin que de délégué-e-s à la Com’Com, puis des conseillers régionaux et les services de la préfecture-les services de l’État dans les régions. Les employé-e-s des conseils départementaux et mairies peuvent être réparti-e-s sur tout le territoire et offriront donc des relais locaux des services d’État avec des services publics à nouveau réellement de proximité. Et cela ferait déjà de sacrés économies de fonctionnement.
Ensuite, une évaluation des investissements serait également un début à réduire les dépenses inutiles de grands travaux de prestige. Quand je repense au Bioscope en Alsace, je mesure combien l’argent public est jeté par les fenêtres. Pour le bien public, pour des services à la collectivité ? Des millions d’€ sont ainsi dépensés chaque année ...pour rien ! Puisqu’au final, notre argent public sert à construire pour finalement le brader au privé ensuite. Qui est gagnant ?
Vous connaissez sans aucun doute des exemples multiples de dépenses inutiles et lorsqu’on commence à totaliser, on se rend compte combien il y a déperdition (pour ne pas dire détournement) d’argent public et sur des montants additionnés colossaux.
Alors lorsque d’un autre côté, j’entends que la Sécurité Sociale serait en difficulté, que il faut réduire les effectifs des enseignants dans les écoles, des soignants dans les hôpitaux, etc...alors je me dis qu’on nous trompe quelque part, que la communication est biaisée, qu’il faut regarder tout cela de plus près.

Oui, il y a moyen de faire des économies énormes, dans plusieurs secteurs, et ensuite de répartir ces sommes dans des services utiles à tous, sur des projets précis, bien évalués, en favorisant l’équilibre de traitement des territoires. Oui, on peut réduire les indemnités et le nombre des élu-e-s de façon drastique, revenir à un système de démocratie réelle et vivante avec des représentant-e-s, des délégué-e-s qui ont un statut et un cahier de charges précis et réels et facilement interchangeables, avec des mandats courts non-renouvelables afin de « former » bien plus de citoyen-ne-s pour une démocratie vivante et responsable.


 
L’intelligence collective
Je suis sûr que si on demandait à tout un chacun et un grand nombre de personnes ce qu’elles pensent des économies d’argent public à réaliser, on aurait des exemples et propositions multiples, à profusion qui enrichiraient largement la réflexion et qui ne plairaient pas forcément aux élu-e-s actuel-le-s et représentant-e-s de l’État.
Mais, une fois les élections terminées, est-ce que tout un chacun-e peut encore s’exprimer, donner son avis ? Est-ce qu’un organisme quelconque recueille en permanence les remarques et propositions des citoyen-ne-s de ce pays ? Où s’exerce la démocratie directe ?

Ces questions reviennent de façon redondante. On se demande pourquoi la politique et les élu-e-s sont décrédibilisé-e-s. Mais ils-elles ont tout fait pour cela et depuis longtemps. Peu sortent du lot…
Et maintenant que la séquence électorale est terminée, on passe à autre chose pour oublier l’immense abstention que nous avons tous constatée et qui remet sérieusement en cause la légitimité de celles et ceux qui disent nous représenter et parler en notre nom.

Alors, ce débat sur les économies des deniers de l’État (nos impôts) est sûrement très nécessaire, mais s’il n’est pas suivi d’actes réels, si les efforts ne sont pas équitables pour tous, s’il ne sert que d’écran de fumée, de leurre alors une fois de plus, on aura l’impression qu’on nous a pris pour des …. !


----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

dessins de Pat Thiébaut  (67-STILL)          www.lagitedulocal.com