vendredi 13 janvier 2017

AUTANT ETRE CLAIR …ET POSITIF !


Il y a dans les discours des thèmes qui sont redondants, qui reviennent toujours et qui sont là pour nous faire accepter la situation actuelle tout en nous faisant croire-rêver à des jours meilleurs.
Nous sommes en période de vœux où les élu-e-s se plient à l’exercice annuel ; nous sommes aussi en période électorale pour la présidence et pour le parlement-députés. Nous n’avons donc pas fini avec les belles paroles. Beaux-parleurs, bonimenteurs !

Cette dernière décennie, que n’avons-nous pas entendu les mots « crise », « emploi », croissance », « chômage », « dette »...etc, avec les analyses de chacun-e pour nous faire gober, patienter ou tout simplement faire passer le temps. D’autres parlaient de décroissance, d’économiser les ressources,
d’anthropocène et que sais-je encore.
Mais quiconque porte un regard global sur notre monde ne peut qu’être interrogé, interpellé en permanence sur la véracité de ce que chacun-e raconte dans ses promesses et ces schémas-chiffres qui se veulent convaincants. 




Croissance, dette et emplois
Les ressources naturelles sur l’exploitation desquelles repose la richesse industrielle ne sont pas inépuisables et en diminution constante (face à une demande de plus en plus forte des pays «émergents» !) La décroissance n’a donc pas besoin d’idéologie puisqu’elle est déjà là de fait. Alors autant faire avec et penser sa vie autrement. La croissance ne reviendra donc pas, nous avons dépassé les limites de la planète, il faut bien en être conscient. La seule croissance se fait aujourd’hui sur le dos des autres, des plus pauvres ou qu’on va encore appauvrir dans le « Tiers monde ». La Chine achète les terres en Afrique, la France y exploite les mines d’uranium et autres...
Quand on entend les chiffres de la Bourse, les perspectives économiques des uns et des autres, on se rend bien compte qu’il y a un décalage important entre différentes réalités : celle de l’état de la terre et celle de la finance.

« Si vous acceptez un moment de cure de précarité, une baisse de régime, alors l’emploi repartira avec une économie dynamisée, lorsque nous aurons diminué la dette ». Combien de fois avons-nous entendu cela ?
Mais il ne faut pas non plus nous prendre pour des demeurés. La France par exemple a passé le cap des 2 000 milliards € de dette à ses créanciers à travers le monde. Et il faudra 210 milliards de plus cette année 2017 pour boucler ...les fins de mois. Cette dette ne sera jamais remboursée car ce sont les banques privées qui fournissent. Soyez donc logique. Quel intérêt pour la banque qu’on la rembourse intégralement ? Aucun car ce qui l’intéresse, c’est de toucher justement les intérêts toujours plus élevés (avec des moments de baisse pour ne pas effrayer!!!). Mais qui a renfloué les banques après la crise de 2008 qu’elles ont elle-même crée ? Honteux. La dette fait partie du système et existera toujours. Alors pourquoi faire des plans d’austérité pour la limiter.
Bien sûr, on pourrait à nouveau imprimer SA monnaie. Les monnaies locales commencent à se répartir un peu partout : ça ne grince pas encore de trop dans les banques mais pour combien de temps…



Et les emplois ? On nous fait accepter plein de choses sous couvert de créations d’emploi. La loi travail est un bon ramassis de mesures de retour de bâton après des années de luttes syndicales pour améliorer les conditions et les rémunérations du travail. La peur, ça fonctionne. Les promesses aussi. Mais il ne faut pas s’illusionner. Regarder l’évolution du monde du travail, des outils de production et vous savez très bien que de plus en plus l’homme est remplacé par la machine et « l’intelligence artificielle ». Il y aura donc toujours du chômage, peut-être même de plus en plus dans la réalité. Pas celles des chiffres manipulés pour ne pas inquiéter ! Pour atténuer ce phénomène, il n’y a pas non plus de solutions multiples, mais partager le travail en est une (et aussi partager le bénéfice du travail des machines).

Asséner ces évidences plombe le moral et n’offre que peu de perspectives.
Mais non, ayez confiance en ces choses simples et toutes aussi évidentes que sont les constats suivants. La nature a horreur du vide et selon ce qu’on en fait, elle peut encore nous offrir pas mal de bienfaits. Mais pour cela, il faut arrêter de polluer l’eau (une richesse commune vitale), d’éroder les terres agricoles, d’empoisonner les sols avec les pesticides et autres intrants toxiques, etc.
Il faut aussi croire à l’intelligence collective des humains qui possèdent des savoir-faire transmis depuis des générations et qui sont à revaloriser partout et dans tous les domaines. Ces réservoirs d’inventivité peuvent donner plein de nouvelles directions.

Il faut aussi avoir conscience qu’en reprenant notre vie en main, c’est aussi ne plus la déléguer et la soumettre à des décisions qui, si elles sont légales, ne sont plus légitimes, qui viennent d’ailleurs et déconnectées de notre quotidien. Pour cela, il faut du courage, de la volonté, une envie forte et la capacité de faire avec d’autres, de privilégier le collectif, le local.
Cela peut ressembler à de la résistance (face à ce « monde actuel »), alors que ce n’est que redevenir humain, solidaire et imaginatif.



                                     les dessins sont de PAT Thiébaut  avec son aimable autorisation
                                                                  www.lagitedulocal.com






J’aurais aussi pu parler de Revenu Minimum Universel.
Faisons-le alors sous forme de fable :
Le travail salarié diminue, la précarité augmente et avec elle, l’insécurité et le racisme. La consommation baisse et les stocks grossissent. Impossible à accepter et gérer dans « une économie de marché et en flux tendu ». Si les gens achètent moins, la grande distribution s’écroule, la production de biens aussi. Et tout un château de cartes commence à vaciller…
Il faut donc redistribuer du « pouvoir d’achat » afin que la « machine » tourne !
N’imaginons donc pas que ce dispositif de revenu minimum soit de la charité, de la distribution , du partage de richesses. Oui il aidera sans aucun doute une tranche de la population, mais la distribution générale n’est pas œuvre de bienfaisance, mais bien pour perpétuer un système de consommation éphémère et au moindre coût de production. La plus-value tombant toujours dans les mêmes poches. Et je ne suis pas contre un Revenu Minimum Universel:il faut en débattre.Car on peut aussi avoir un relèvement des minima sociaux conséquent (dont le RSA par versement automatique) et puis aussi un RAS jeunes à partir de 18 ans. Cela coûterait dix fois moins cher qu’un revenu universel généralisé car le verser à tous ne réduira en rien les inégalités.

jeudi 5 janvier 2017

PAR ci, PAR là !

Après la primaire de la droite (des Républicains) avant Noël, voici la primaire de la gauche (du PS) en ce mois de janvier ! Même occupation des médias de propagande, mêmes scénarios de présentation pour les soirées de « débats » préléminaires d’un vote qui se veut un premier tour du ... premier tour du printemps. Du classique, du convenu. Mais au final, rien de neuf. Chacun place ses pions, la partie quinquénale est prête. Le nombre de candidat-e-s diminuera à peine pour la … finale !!! Et le lendemain du 7 mai, y aura-t-il une révolution, un changement radical ? Et d’ici décembre 2017, combien vont se sentir une fois de plus leurré-e-s ? trahi-e-s ? C’est le jeu démocratique va-t-on me répliquer. Oui, mais dans quelles types d’institutions ? Avec un pouvoir monarchique placé dans les mains d’une seule personne ? Avec un parlement qui est loin d’être représentatif puisque non-proportionnel et avec des cumulards en nombre ?
Bien sûr, il y a des candidats qui annoncent un changement des institutions dès qu’ils seront aux manettes. Mais peut-on les croire...vraiment ? N’entendrons-nous pas les paroles habituelles du genre : « oui, je vais le faire, mais ce n’est pas facile si je n’ai pas une majorité de congrès qui permette le changement de la constitution vers une 6ème république. »
Primaire !




Je viens de relire un livre que j’avais acheté il y a 25 ans de Denis Langlois : « la politique expliquée aux enfants ...et aux autres » aux Editions Ouvrières. Quasi introuvable aujourd’hui ou alors en réédition à ...99 €. Quand je pense qu’il se vendait pour une somme modique alors, afin de le mettre à la portée de toutes les bourses. C’est le « business » me direz-vous. Mais il y a aussi une réédition (de mars 2002)  à 10 € aux Editions de l’Atelier. Alors, il faut chercher un peu. Ce livre est on ne peut plus utile et formateur (et civique) en cette année électorale.
Moi, je le fais circuler et j’ai commencé à le donner à mon petit-fils de 10 ans qui demandait : « c’est quoi la droite et la gauche ? ». Ce livre n’est pas un livre d’opinion, mais d’information, très pédagogique et qui remet l’humain et l’individu au centre de la réflexion et de l’action en terme de valeurs, de ce que chacun-e pense et sent par rapport à la vie ensemble, ici et maintenant.




Tunisie : je n’y suis jamais allé. Je n’en connais que ce que me racontent les tunisiens qui sont par là et par ce que je peux glaner sur les sites d’information indépendants. Je me souviens surtout de cette avocate tunisienne qui avait pris la parole au rassemblement annuel des résistants d’hier et d’aujourd’hui aux Glières en Haute-Savoie. Elle racontait combien il a été difficile (et il en fallait du courage) de se rassembler afin de commencer à travailler à la construction de la démocratie dans son pays et par l’écriture d’une nouvelle Constitution. Il est admirable de voir comment les femmes ont été (et sont) très actives dans cette transition. Même si j’entends que des voix disent qu’ils vivaient mieux sous le tyran Ben Ali, il s’agit de discerner qui parle ainsi. Bien sûr, le chômage est très élevé et les jeunes trouvent que ça n’avance pas très vite. Mais il faut quand même être honnête et se dire qu’un pays du Maghreb qui est dans une telle démarche, il n’y en a qu’un et qu’il est exemplaire jusque là. Malgré tout, c’est un processus fragile et qui mettra un peu de temps et il est confronté aujourd’hui à une situation dont on n’entend que peu parler : le retour de djihadistes au nombre estimé à plus de 800. On peut très bien imaginer qu’ils ne reviennent pas  pour...rien !





Argentine : vous vous souvenez peut-être de ce morceau de Sting « they dance alone » sur les veuves de la place de Mai. Ces femmes et mères (et grand-mères) qui avaient perdu un fils, une fille  disparus, enlevés sous la dictature des généraux. Certains tous jeunes enfants ont aussi été « adoptés » par des familles proches de ces fascistes. Et aujourd’hui ces « veuves de la place de Mai » poursuivent leur combat pour retrouver ces orphelins qui sont leurs enfants et petits-enfants. Il y a des personnes qui n’oublient pas, qui ont la mémoire et sont là pour nous rappeler ce qui s’est passé il n’y a pas si longtemps et nous disent quelque part : « Attention, rien n’est jamais acquis. La liberté est un éternel combat et aujourd’hui, demain, nul n’est à l’abri du retour aux années sombres de l’histoire du monde. »




La neige tombe à gros flocons. La paysage sous son manteau blanc a un air si feutré, apaisant (quand on est au chaud!). Un pâle soleil essaye de se frayer une trouée entre les nuages. C’est beau.
Quand on est dans un tel environnement, on se dit que la vie pourrait être simple et belle pour beaucoup de monde sur cette planète. On ne peut que se poser des questions sur le pourquoi on en est là, on en est arrivé là.

Et puis, il y a des fenêtres qui s’illuminent quand même par ci, par là. « Qu’est-ce qu’on attend ? » est le titre du nouveau film documentaire de MM Robin actuellement dans certaines salles en France. Oui, il y a des endroits sur cette terre où des gens n’attendent plus des changements venant « d’en haut », mais se prennent la main pour agir localement, avec leurs moyens et leur intelligence, leurs expériences afin de créer des territoires en transition où la vie est plus agréable. Et ça, chacun-e peut le faire, peut y participer, à sa façon, à son niveau pour le bien de tous.

On peut être râleur, aigri, démobilisé, tristement seul, on peut se dire réaliste et accepter. Mais on peut aussi être réaliste et … optimiste selon vers où on regarde. Je suis résolument optimiste puisque je crois en la vie, puisque j’ai l’âge où le regard a de l’ampleur, de la largesse, puisque je crois en l’humain, que l’avenir appartient à nos enfants et petits-enfants et que nous avons un devoir de transmission, d’exemplarité, que nous nous devons de leur dire que « tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir ». Cette vie terrestre que nous devons préserver en ...préservant la vie, la diversité, les ressources, notre environnement.




Bonne année 2017 !

jeudi 22 décembre 2016

"HOPE FOR HAPPINESS" ***


Quand j'étais petit, tout jeune, j'habitais un petit village. Il n'y avait pas encore de route goudronnée dans la rue : c'était un chemin de terre qui allait vers les champs qui commençaient trois maisons plus loin. C'était aussi notre terrain de jeu où on enchainait les matchs de foot dans la rue entre voisins. Et puis, on passait de notre cour au potager ( on élevait aussi des lapins et des poules), puis dans les vergers et champs d'asperges qui s'étendaient sur des centaines de mètres jusqu'à l'Ill le long de laquelle on construisait nos "camps", des cabanes au milieu des arbres aux lianes ...amazoniennes ! Eh oui, tout cette nature était encore très sauvage, une végétation primaire :  des bancs de sable, des vieux arbres et des niveaux d'eau très variables qui inondaient même notre cave lors des gros orages ou de la fonte des neiges des montagnes vosgiennes proches.
Il y avait quelques commerçants qui gagnaient grassement leur vie et ils étaient nombreux : boucher, boulanger, pharmacie, épicerie, marchand d'animaux et de ...cycles,  ferblantier, maréchal-ferrand, graineterie, couturier, mercerie, ….Les clubs sportifs et les cercles confessionnels rythmaient le calendrier annuel. L'école communale était le lieu social, de rencontre...avec les bistrots bien entendu et les stades et  diverses églises/synagogues !

J'ai vu se transformer année après année le village en banlieue de ville ; les champs sont devenus des lotissements, les commerces ont fermé pour laisser place à des supermarchés et il n'y a bientôt plus eu que quelques rares artisans, voués à disparaitre sans succession. Le chemin de terre devant notre maison est devenu une route très fréquentée qui sert de desserte du trafic de la ville vers les cités-dortoirs que sont devenus les villages....
















Vous allez me dire que je parle d'un temps qui n'existe plus. Certes, mais qui résonne encore dans la tête des parents des trentenaires (et plus)...Ce n'est pas par nostalgie que je parle de cela aujourd'hui, mais simplement pour faire mesurer la fulgurance de cette première transition sociale, économique et environnementale de la seconde moitié du siècle dernier.
La vie matérielle est devenue plus facile, le plein emploi existait pour toutes et tous jusqu'à la crise pétrolière de 1973. Il fallait se battre moins et donc cette facilité, le confort acquis a sûrement contribué aussi à ce mollissement général qui s'est accentué d'année en année jusqu'à l'appauvrissement culturel actuel de la nouvelle génération qui ne peut que nous inquiéter, nous qui avons accompagné, assisté à l'évolution rapide de ces dernières années et de ses conséquences au quotidien.
Une certaine passivité de notre part nous rend en partie responsable du monde que nous laissons à nos enfants et petits-enfants. Nous n'avons rien pour nous rendre fier de ce leg, de cet héritage.
J'aimerai tant entendre des voix jeunes nous dire ce qu'on a pu leur apporter, leur apprendre et ce qu'ils en font aujourd'hui. Je n'aimerai pas avoir vingt ans aujourd'hui car je sens comme une immense régression intellectuelle dans un semblant de confort matériel et sanitaire.




Bien sûr, il y a des signes, des actions, des initiatives qui sont très encourageants quant à un réel changement de civilisation en cours, une nouvelle transition pas encore perceptible à un niveau global, mais qui sont visibles partout autour de nous et portés par des jeunes et moins jeunes qui ont pris conscience que cet autre monde, cette autre façon d'appréhender et de construire sa vie est en route, en mouvement.

Il suffit de porter son regard autrement, d'ouvrir ses oreilles de façon tolérante et en curiosité et la donne peut changer, l'horizon prendre des couleurs...

C'est un peu ce message que je veux passer en cette fin d'année 2016 : ne pas se laisser miner par une morosité ambiante, ne pas fléchir face à la violence meurtrière du salafisme guerrier, ne pas se laisser entraîner dans des discours séparatistes entre nous, mais avoir confiance dans notre créativité, dans notre capacité inventive, dans notre amour de la vie et de la richesse des échanges avec l'autre, dans notre implication dans une vie locale qui peut redevenir le ferment d'un mieux-vivre ensemble, ...si nous le voulons.

Et, pour parodier la sortie du film annuel, "que la force soit avec nous !"

_________________________________________________________________________________

*** "hope for happiness" 
       titre du premier disque 33 t du groupe SOFT MACHINE

       https://www.youtube.com/watch?v=krytWei3e_o


lundi 5 décembre 2016

DE LA DEMOCRATIE ...LOCALE

Il y a quelques jours, le S.E.L. (Système d’Echange Local)  avait organisé une nouvelle soirée « Caméra Citoyenne » film (« Les jours heureux ») et débat (« la démocratie en crise ? ») dans le cadre de ses animations destinées à créer du lien social et initier du débat, en éveillant les consciences.
Le peu de fréquentation pourrait être une déception…

Il est vrai qu’il peut y avoir une lassitude, une exaspération de toujours parler de ces thématiques que l’on qualifie de politique, mais cela implique les questionnements et les colères de certain-e-s qui trouvent que les décisions sur des choses qui nous concernent au quotidien sont prises ailleurs et que nous ne sommes plus consulté-e-s en tant que citoyen-ne-s. Le seul « pouvoir » qu’on nous octroie encore est celui de mettre un bulletin de vote dans une urne de temps à autre. Pour le reste, on estime que par cet acte, nous déléguons notre pouvoir aux élu-e-s, avec confiance. Et que donc, jusqu’aux prochaines élections, tout est OK ou en attente d’un nouveau changement.

Et pourtant, le ras-le-bol est perceptible par tout un chacun et on entend de plus en plus qu’il y a un manque de démocratie, une crise même de la démocratie. Tout dépend donc de ce qu’on met derrière ce mot de démocratie. Peut-être même que chacun-e y met sa propre définition, sa propre représentativité.
Et si crise il y a , il y a aussi partage des responsabilités à ce niveau et il est inutile de taper sur les seul-e-s élu-e-s.
Je vais développer rapidement un seul exemple qui j’espère éclaircira ce propos.



 
Dans la vallée où je vis, il existe un TER (train régional) qui relie St-Dié-des-Vosges et Strasbourg. La voie ferrée a été bien remise en état sur une grande partie du parcours, les gares rénovées, le cadencement adapté. Les ramassages scolaires par bus ont été remplacés par des cartes d’abonnement pour le TER. Résultat : la ligne est bien utilisée, les parkings près des gares sont bien remplis par des personnes qui utilisent le TER au quotidien pour les trajets maison-travail.
Et voilà tout d’un coup que les élu-e-s régionaux décident de revoir le fonctionnement de cette ligne (comme d’autres) en observant des critères purement de rentabilité. Ainsi, avec l’excuse d’une portion de voie qui serait en mauvais état, et plutôt que de programmer des travaux, on remplace, sur cette portion, le TER par un ...autobus à certains horaires dans un premier temps, mais sûrement pour la totalité à terme ! On peut vite mesurer les conséquences probables : vu le temps supplémentaire de parcours, vu les changements demandés pour le voyage (bus-puis TER), il y a de grandes chances que les usagers reprennent leur voiture. Quelle régression. 




Arrivons à présent à la démarche « démocratique ».
Les maires et élu-e-s du coin découvrent ces changements de façon presque anodine dans une notification et s’en émeuvent. Ils écrivent donc une motion où ils se disent attaché-e-s à la ligne TER et demandent le maintien et des travaux. Ils l’envoient ...au président de la région Est qui est responsable de la gestion des lignes TER (président qui avait, lors de son précédent mandat, promis déjà la réhabilitation de la ligne Bollwiller-Guebwiller ...sans suite). Bien sûr, ces élu-e-s pensent qu’ils ont fait leur travail avec cette protestation écrite ...en attendant qu’il y ait débat au sein de l’assemblée régionale ou examen de la demande par une commission ad hoc.

Mais où sont les usagers dans cette démarche ? Les habitant-e-s de la vallée ?
La plupart ne sont même pas informé que ce 12 décembre 2016, une partie de cette ligne sera remplacée par des bus. Si on ne lit pas la presse locale, régionale (DNA), - et il y a de moins en moins de lecteurs-lectrices et abonné-e-s -, alors aucun moyen d’être au courant et donc d’émettre un avis sur ce sujet qui pourtant touche tout le monde.

Et c’est là que je veux pointer le manque de démocratie et le partage des responsabilités.

Les élu-e-s ont une part de responsabilité dans la mesure où, ils-elles n’informent pas la population sur de tels sujets. Ils-elles pensent que d’informer dans la presse locale qu’ils ont envoyé une motion est suffisant pour que tout le monde soit au courant. A l’ère des objets connectés, d’internet, des réseaux sociaux, de Twitter, Instagram et que sais-je encore, il est pourtant facile de toucher très rapidement en quelques clics une grande partie de la population et donc d’informer large. En plus, ils-elles ont tout pouvoir pour organiser des réunions d’information dans leurs salles municipales.
Et puis, une grande manifestation de défense ou de maintien de la ligne avec au premier rang les élu-e-s et leur écharpe tricolore , ça a de quoi remplir en photos et textes les différents médias et donc de faire pression de façon plus importante auprès du président de Région et des élu-e-s régionaux en affichant son attachement à ce service de transport en commun. Mais pour cela , il faut être mis au courant, être informé par ses élu-e-s, dont c’est le devoir, et qu’ils aient la volonté d’associer la population à la démarche.

Nous, citoyen-ne-s, avons aussi notre part de responsabilité en ne faisant pas l’effort de s’informer et de suivre la marche, les « affaires », les dossiers de notre territoire. On délègue par le vote et puis, on laisse faire jusqu’aux prochaines élections. Et pendant ce temps, on critique beaucoup, on exprime du mécontentement, de la colère, parfois du dépit, du découragement de ne rien pouvoir faire (pour dire qu’on ne fait rien en fait) et le temps passe. Et celles et ceux qui veulent bouger, agir, on les décourage vite, on leur dit de patienter, que rien n’est définitif, que … alors qu’on est sur du service public qui sert les intérêts de tout le monde.

Par cet exemple, on voit bien que si la démocratie se délite c’est de la responsabilité des élu-e-s, mais aussi de nous-mêmes. Il est temps de reprendre nos vies en main, de créer du lien social afin de mener des actions collectives, avec ou sans les élu-e-s, et dans un cadre qui, s’il n’est pas toujours et forcément légal, est par contre fortement légitime.

Où sont les référendums sur des thèmes, des dossiers qui nous touchent. On est capable de mettre des mairies à disposition pour des élections « primaires » et cela ne serait pas possible pour des référendums locaux ?

Oui, la démocratie a du plomb dans l’aile, mais si on veut lui redonner de la place et la faire revivre, il en est de la responsabilité de chacun-e pour une part, de celle des élu-e-s (à tous les niveaux ) pour une autre part. Et cela implique aussi que nous redéfinissions ce qu’on entend par démocratie et par ...politique !



jeudi 17 novembre 2016

TRANSPARENCE, comme l'eau

TOMBENT LES CONVICTIONS...
 
Soit que vous sachiez déjà exactement pour qui vous allez voter au printemps prochain, par conviction, par idéologie (Sarkozy, Juppé, Le Pen, Mélenchon, Macron), soit vous doutez de tout, vous êtes dégoûté-e-s de tout, vous ne voterez que pour faire barrage à ...ou par peur de… Mais je crois bien entendre autour de moi et quand je me ballade en ville ou ailleurs que pas mal de monde ne sait pas, se pose des questions, veut aller voter, quitte à mettre un bulletin blanc et attendre de voir ce qui va se passer, pour une nouvelle période de 5 ans…
Il y a encore quelques années, on votait en fonction de ses convictions, un vote d’adhésion à un programme. Et puis, petit à petit, on a bien senti que les promesses, l’étiquette, les valeurs se fondaient dans une politique libérale, marchande, financière qui n’avait plus de frontières idéologiques, mais servait le business, les bénéfices actionnariaux, les intérêts carriéristes des uns et des autres. Les notions de bien-être, de partage des richesses créées collectivement étaient bien loin, ramenées au temps de la sortie de guerre de la deuxième guerre mondiale avec le programme du Conseil National de la Résistance. Mais qui s’en souvient encore alors que tout est fait pour occulter  l’histoire pourtant assez récente. On veut nous imposer un système qui n’aurait pas d’alternative, soit-disant.  On arrive même à nous faire croire que « les  politiques » n’ont plus aucune action sur la marche en avant, qu’ils ne servent plus à rien, si ce ne sont les intérêts de quelques-uns, que leur pouvoir n’est plus que du verbiage et qu’ils peuvent s’estimer contents qu’ils soient à leur place avec des revenus pas négligeables.
Bien sûr, il reste des élu-e-s intègres, investi-e-s par leur mission d’être au service des autres qui les ont élu-e-s. Mais ils-elles se rendent bien compte de plus en plus que ce qu’il croyait , n’existe plus pour ainsi dire et ils-elles laissent leur place par honnêteté. Mais combien sont-ils/elles ?

Cette longue introduction pour dire que nous sommes focalisé-e-s sur la vie politique de notre petit pays après avoir moqué les USA, ce grand pays. Oui, la « valse des marionnettes », cette campagne électorale pour la Présidentielle ET les Législatives va alimenter les conversations pendant de longs mois, mais ces élections qui sont saisonnières tous les 5 ans sont-elles si importantes quand on pense plus global ?



...COMME TOMBE LA PLUIE !

Je suis sur ma terrasse, l’automne déverse son temps pluvieux et froid et j’en suis là dans mes pensées. Et puis, je râle contre la pluie et je me dis malgré tout, qu’il n’a plus plu depuis un moment et que c’est important que les lacs, les sols se rechargent, car ce sont nos réserves d’eau pour vivre toute l’année. L’eau c’est vital : sans eau plus de vie ! C’est quand j’allais écrire eau ...potable, que tout m’est revenu !
Aujourd’hui, on ne peut plus dire « potable », il faut plutôt dire « buvable sans trop de danger » car qui boit encore de l’eau naturelle qui sort directement d’une source. Et cette source où puise-t-elle ses réserves, son débit ? On m’a appris dans mon jeune âge que l’eau était tout un cycle : évaporation des mers, des lacs, des rivières ; le vent emporte les nuages qui, touchant les montagnes et l’air plus frais, se retransforment en eau qui va gonfler les ruisseaux, rivières, fleuves, qui retournent se déverser au final dans les mers.
Mais là où je me pose des questions, c’est quant à la qualité de cette eau. En effet, les mers sont polluées et depuis La Hague, Fukushima, elles sont radioactives. Elles sont devenues des poubelles. Il n’y a qu’à nager dans la Méditerranée pour se rendre compte de tout ce qu’on déverse dedans (boues rouges, résidus industriels, déchets de toutes sortes, ….). L’air est pollué d’infimes particules qui pénètrent nos poumons, mais qu’on va retrouver aussi dans l’eau de la pluie et donc dans les réserves des lacs, les sols. Vous vous souvenez des « pluies acides » ?
Bref, toutes nos eaux au robinet et en bouteilles sont « traitées » afin qu’elles soient buvables sans trop de danger pour la santé. Et d’en être là et de ne pas réagir, c’est quasiment aller vers un suicide planétaire.
L’eau est vitale, sans elle on meurt, je le répète. Alors, on regarde le monde autrement, à cette échelle et on se rend compte que c’est quasi déjà irrémédiable. Mais alors…
Zoomant encore plus pour nous rendre compte que l’eau du monde entier a quasiment été rachetée et est gérée par une seule entreprise. Non ce n’est pas Apple, Google, Facebook, Amazon, ni même Coca-Cola, mais...Nestlé, la compagnie suisse (ou basée en Suisse) et toutes ses filiales.
Comment peut-on devenir propriétaire de quelque chose qui est vital pour tous ?
Là, se poser la question c’est encore élargir la pensée, car cela nous montre combien on a laissé filer ce système marchand au point de s’être fait confisquer des biens communs, comme l’eau, qui assurent notre survie.
On est mal, bien que nous soyons des privilégiés d’avoir de l’eau « buvable » au robinet et dans les magasins , en bouteilles. Mais quand on imagine un instant combien sur cette planète ont ce luxe, cela nous interpelle.
On peut aussi se dire que le réchauffement climatique va faire fondre la banquise et qu’on va récupérer de l’eau propre, conservée...Mais c’est aussi toucher à nos « économies », nos réserves et quand elles auront fondues comme neige au soleil, que nous restera-t-il ?
Bien sûr, on peut rester égoïste et se dire qu’on s’en sortira. Mais j’espère que dans ce cas, vous n’avez pas d’enfants et petits-enfants.


 
C’EST QUOI LE PLUS IMPORTANT ?

On voit bien là combien la valse des marionnettes de nos élections nationales du printemps semble bien futile et théâtralement bien triste. Que tout cela sont des leurres pour cacher la dimension planétaire (et de survie) que nous vivons.

L’eau est l’or de demain. Les guerres ne se situeront plus là où il y a du pétrole, mais là où seront les réserves d’eau et là où on la transformera pour la garantir buvable sans danger. Et à quel prix ?
Vous rigolez ? Il vaut mieux en rire dit-on, mais je sais bien que, malgré ce rire pour évacuer la problématique, la situation est bien réelle et la mettre en perspective, ça devient affolant…

Alors, jouons à l’autruche et revenons à nos petites affaires de politique-people où chacun-e y va de son candidat, sa candidate, cela anime les conversations, on va même jusqu’à se fâcher si on ne partage pas le même « poulain » alors qu’on a bien vu ces dernières années qu’il n’y a que le style qui change. Les choix politiques, qui sont surtout économiques et financiers, sont quasi les mêmes. Et tant que les affaires tournent, que les actionnaires voient leurs bénéfices augmenter chaque année, que les world-compagnies et autres peuvent mettre leur argent dans les paradis fiscaux pour surtout ne pas partager leurs gains en contribuant aux services publics, alors tout va bien...et on ne parle pas de Nestlé, ni des biens communs.

Quand les pays signent un accord sur le climat, mais que ce ne sont que des engagements de principe sans aucune loi contraignante, alors on sait bien que tout cela n’est que de la représentation, des belles intentions claironnées quelques jours à Paris ou Marrakech pendant des COP 21-22 ...et que les affaires se poursuivent par ailleurs.



ET MAINTENANT, QUE VAIS-JE FAIRE … ?

Quelle est notre part de responsabilité, de laisser faire ainsi en toute conscience ? Quelle est notre marge de manœuvre, notre pouvoir pour inverser, atténuer cette situation ?
Je n’ai pas de réponses à ces questions, mais il est important de se les poser. 

Au niveau local, peut-être déjà garder la gestion communale sur l’eau quand il y en a dans une commune. Mais cela suffira-t-il ? 
L’État (à la solde des lobbys) inventera des nouvelles normes qui obligeront à faire des contrôles, à traiter l’eau et donc à donner à terme sa gestion à des compagnies, qui seront autant de filiales de ….Nestlé, au final.


lundi 24 octobre 2016

LINKY le nouveau compteur électrique "communicant" chez vous ?






Vous en avez probablement déjà entendu parler ou en tout cas le nom a déjà été cité autour de vous. Il est sûr que le déploiement de 35 millions de nouveaux compteurs électriques LINKY installés chez vous pour remplacer l'ancien en parfait état de marche ne pouvait qu'interroger. Cela devait se faire plus ou moins discrètement en informant sur la nouveauté de ces compteurs "communicants" qui allaient vous faire réaliser des économies, allaient encourager les énergies renouvelables, allaient diminuer vos factures en réduisant les coûts par une meilleure gestion des flux et une nouvelle grille tarifaire plus proche de votre consommation réelle. Présenté comme cela, on ne pouvait qu'avoir une approche positive, intéressée.
Mais quand on y regardait de plus près, on se rendait vite compte que derrière tout cela, l'argument avant tout était le projet industriel, financier au détriment de tous les aspects plus pervers et réels concernant la santé (l'émanation accrue des ondes dans les maisons et autour), la collecte des informations (le marché du "big data") et ...la démocratie.
Et une fois qu'on comprend mieux les enjeux, qu'on s'interroge sur les aspects sanitaires, qu'on observe la mise en place forcée, la pression exercée sur les maires et conseillers, alors on commence à douter sérieusement de l'intérêt pour chacun-e d'entre nous de laisser s'installer ces compteurs "communicants" chez nous. Car après les compteurs électriques , ce sera le tour des compteurs d'eau et de gaz. 
Près de 300 communes ont déjà refusé l'installation sur leur territoire, des réunions d'information par des collectifs citoyens et associations diverses se multiplient à travers le pays, une opposition massive commence à prendre forme, à raison. Les français-e-s sont de moins en moins des "moutons" et veulent reprendre du pouvoir sur leur vie.

          Conférence-débat sur Linky - vendredi 26 octobre à La Broque -67130



Technologie et risques sanitaires
Les compteurs LINKY intègrent des nouvelles technologies pour collecter et transmettre une multitude d’informations sur notre consommation électrique et donc aussi quelque part sur notre façon de vivre. Ces informations (datas) sont envoyées par CPL -Courant Porteur en Ligne- en signal électrique qui se superpose au courant classique vers un « concentrateur » qui les codera en « ondes radio » (ondes GSM comme le téléphone portable) et les transmet vers un centre de collecte d’informations d’Enedis-ErDF.
Cette technologie génère des ondes et champs électromagnétiques à l’intérieur même des domiciles et dans l’environnement proche (qui n’en manque déjà pas !).
La puissance de ces ondes est « conforme à la réglementation en vigueur » selon le gouvernement, ce qui ne veut pas dire sans risque sanitaire. Ce sont des experts de l’Icnirp, organisme privé mandaté par l’OMS qui évaluent les seuils à ne pas franchir. Le représentant français de l’Icnirp était par ailleurs aussi membre du Conseil Scientifique de Bouygues Telecom ! En plus, ils ne prennent en compte que les effets avérés, par exemple les effets « thermiques », un risque de brûlure.
Mais pour les risques sanitaires à long terme, tout spécialiste sérieux expliquera qu’il faut être très en dessous des 100 micro Teslas. Près des écoles, des épidémiologistes baissent la barre à … 0,4 micro Teslas, car au-dessus une exposition prolongée pourrait provoquer des leucémies.
Les ondes électromagnétiques sont classées par le Centre International de Recherche sur le Cancer dans la catégorie 2B qui comprend aussi le Bisphénol-A,le plomb, le chlordécone, pesticide qui développe le cancer de la prostate.
En 2011, ErDF installait des LINKY avec CPL de type G1. Aujourd’hui c’est du CPL de type G3 sur lequel aucune étude indépendante n’a pu être effectuée. Il faudrait  mettre des fils blindés dans toute la maison pour se protéger un minimum des ondes électromagnétiques.
Il y aura 700 000 concentrateurs disséminés sur l’ensemble du territoire, qui émettront des ondes GSM comme autant de portables...Il faudrait au minimum 5 mètres entre le lieu d’habitation et le concentrateur pour minimiser les risque à long terme.

Economie
Linky va nous faire faire des économies d’énergie. Un compteur ça compte, ça n’éteint pas la lumière de ma chambre quand je suis au salon ! Par contre, je pourrai apprendre que le 22 février, j’ai consommé 0,6 kwh entre 17h et 17h30. Mais pour réaliser des économies d’énergie, chacun sait comment s’y prendre.
Le nouveau compteur ne vous coûtera rien. Ce n’est pourtant pas gratuit, car ce nouvel équipement est payé à travers le Turpe qui est payé par chaque foyer et qui représente un quart de la facture d’électricité ( Tarif d’Utilisation des Réseaux Publics d’Electricité). Le LINKY pourra élargir l’offre tarifaire (plus que les 4 actuels : 3,6,9,12 kwh) en examinant votre profil énergétique. Vous pourrez peut-être l’adapter plus près de votre consommation courante, mais dans ce cas, qui vous garantit que le courant ne sera pas coupé si vous dépassez. Les compteurs actuels  tolérent des dépassements ponctuels.
Le déploiement des 35 millions nouveaux compteurs « communicants » créera 10 000 emplois (construction, installation, …). Mais lorsqu’ils auront été installés dans 5-6 ans, combien resteront ? Et puis, il n’y aura plus de relevés à pied chez vous. Donc, combien de pertes d’emplois ? Presqu’autant, sinon plus.. Mais ErDF aura réduit ses coûts : la logique industrielle est toujours la même.
Et pour les familles précaires, les plus démunis, ErDF pourra couper le courant ...à distance, à sa guise en cas de non-paiement immédiat !

Le choix de généraliser LINKY date de 2004 à travers la loi POPE (Programmation fixant les Orientations de la Politique Energetique) et l’objectif étaient purement financiers (même si on l’enrobe aujourd’hui de transition énergétique). Thierry Breton était alors ministre des finances.Aujourd’hui, il est  président du directoire de la société Atos Origin France qui préside un consortium chargé de concevoir tout le protocole et la phase test pour le déploiement de Linky !
Linky permettra de réduire aussi l’achat d’électricité chez d’autres opérateurs en régulant au plus juste le besoin en énergie. Cela n’a donc rien à voir avec les énergies renouvelables. En mai 2016, le Portugal était alimenté quatre jours de suite par de l’électricité uniquement d’origine renouvelable. Et pourtant, le Portugal n’a aucun compteur « communicant » installé.
Et la destruction des 35 millions de compteurs en état de marche, quel bilan environnemental ? Sans compter les compteurs d’eau (35 millions) et de gaz (11 millions), qui vont suivre...Et le LINKY n’aurait qu’une durée de vie de ...20 ans.
Mais quel marché s’il est déployé dans toute la France et, avec cet exemple à l’échelle d’un pays, que la Chine souhaite s’en équiper !

La collecte des informations (les « datas ») fera de Enedis-ErDF un grand opérateur du « big data ». On n’en sent que les prémices avec les usages domotiques, les objets connectés, ...La nouvelle économie numérique est liée à la collecte massive d’informations. Google, Facebook, Amazon, Apple possèdent à eux quatre, 80 % des données personnelles mondiales. Le marché mondial du big data se chiffre à des milliers de milliards d’Euros. Et ErDF recueille en plus des données des activités privées, intimes...et vous rend dépendant et captif. Apple a bien réussi en vous convaincant de stocker vos photos sur le cloud. Et quand vous changez d’opérateur, que deviennent-elles ?




Démocratie
On va donc nous remplacer d’ici à 5 ans le compteur électrique en parfait état de marche par un nouveau compteur « communicant » sans nous informer et sans nous demander notre avis.
C’est aux maires * des communes qui sont propriétaires des compteurs (article L.322-4 du Code de l’Energie) de prendre la décision d’installer ou non ces compteurs sur le territoire de leur commune. 250 communes ont déjà refusé en France et c’est pour cela aussi que le gouvernement réfléchit à pouvoir invalider ces décisions communales. Les maires des petites communes se découvrent chaque jour un peu plus dépossédés, comme les habitant-e-s, de leur pouvoir démocratique.


________________________________________________________________________________





en savoir plus :

à lire absolument 

« Sexy Linky ? »  de Nicolas Bérard   (l’âge de faire – 4 €)  
commande à       diffusion@lagedefaire-lejournal.fr


 Associations : Priartem – Robin des toits – Next up - …

 un site collaboratif : http://refus.linky.gazpar.free.fr

 le site de Enedis-ErDF :   www.enedis.fr

 ____________________________________________________________________________
* Les maires subissent actuellement des pressions énormes par le biais du magazine MAIRE-INFO qui leur est envoyé. Voici une analyse de ce dernier envoi : 
 
Soutenir les communes... ou bien les intérêts des industriels ?

Au lieu de soutenir les communes attaquées, comme le fait par exemple l'association des maires du Finistère, l'Association des Maires de France (AMF, présidée par M. Baroin, bien plus occupé à faire campagne pour M. Sarkozy qu'à préserver l'intérêt des communes) se réjouit de la récente condamnation d'une commune à payer 1200 euros et en fait un argument de menace et de pression sur les autres communes et poursuivi une campagne de désinformation en faveur du compteur communicant Linky et des intérêts industriels des sociétés anonymes Enedis, EDF SA, Engie, Directe énergie et cie.
Rendant compte de façon trompeuse de l'audience au Tribunal administratif de Bordeaux concernant la délibération "anti-Linky" de la commune de Montferrand-du-Périgord, Maire-info prétend que le Préfet "a fait valoir ses arguments" et qu' "il a été soutenu dans sa démarche par Enedis". La réalité est toute différente : le Préfet n'était ni présent, ni représenté, pas même par un avocat, laissant totalement la main à Enedis pour attaquer la commune.
D'autre part, Maire-Info prétend faussement que les recours devant les Tribunaux administratifs "ont été tranchés, systématiquement en défaveur des communes" alors qu'il ne s'agit que de jugements provisoires (en référé) en attendant les véritables jugements, sur le fond, qui interviendront au plus tôt dans un an.
 Maire-Info se garde aussi de dire que seul le TA de Bordeaux a condamné deux communes à payer 1200 euros, mais que partout ailleurs les pénalités demandées par Enedis pour "punir" les communes ont été rejetées par les juges administratifs.
Il est par ailleurs proprement sidérant de voir Maire-Info se réjouir de la pénalité de 1200 euros infligée à Montferrand-du-Périgord en insistant grossièrement ( "...ce qui est lourd pour une commune de 150 habitants") au cas où nous, élus locaux, n'aurions pas bien compris le message d'intimidation.
Par ailleurs, Maire-Info reprend mot pour mot les mensonges de l'industriel Enedis en prétendant dans son article que 89 communes auraient "retiré leurs délibérations", sans évidement apporter la moindre preuve.
269 communes (à ce jour) ont délibéré contre les compteurs communicants. La liste est sur un site (lien ci-dessous)
Maire-Info use aussi de mensonges par omission en prenant bien soin de ne pas évoquer le fait que l'Association des maires du Finistère, respectant ses missions, a pris position au côté des communes attaquées par Enedis et ment encore par omission en passant délibérément sous silence les faits pourtant majeurs des arrêtés anti-Linky qui viennent d'être pris à Saint-Denis (110 000 habitants) et Aix-en-Provence (140 000 habitants).

Des communes de plus en plus nombreuses et de taille de plus en plus grande décident de protéger leurs administrés en s'opposant à l'arrivée des compteurs communicants et, simultanément, des collectifs citoyens se multiplient dans tout le pays. Il est désormais impensable que cette affaire continue à être "gérée" par les intimidations, les procédures judiciaires et la rétention d'information. Comme celle du Finistère, les Associations départementales de maires doivent prendre position et d'adresser au gouvernement pour que des négociations soient ouvertes. Il doit en être de même pour les Syndicats départementaux d'énergie dont certains présidents semblent avoir oublié qu'ils doivent soutenir les communes et non les industriels.
Pour mémoire, au Québec, les citoyens ont obtenu le droit de ne pas avoir les compteurs communicants et de faire retirer ceux qui ont été posés.
C'est ce même droit qu'il faut obtenir pour nos communes, à la fois pour protéger nos administrés mais aussi pour sauvegarder la démocratie locale et le rôle des élus locaux.
--------------------------------------------
http://refus.linky.gazpar.free.fr
--------------------------------------------
l'Association des maires du Finistère prend position au côté des communes attaquées par Enedis :
http://refus.linky.gazpar.free.fr/amf-soutient-maires.htm
Arrêté anti-Linky de Saint-Denis (110 000 habitants) :
http://refus.linky.gazpar.free.fr/moratoire-SAINT-DENIS.pdf
Arrêté anti-Linky d'Aix-en-Provence (140 000 habitants)
http://refus.linky.gazpar.free.fr/delib-AIX-en-PROVENCE.pdf

vendredi 7 octobre 2016

ECOLOGIE : LES VISIONNAIRES REALISTES ET POLITIQUEMENT INCORRECTS !

Vous avez peut-être suivi les deux débats dans le cadre de la « primaire des écologistes » sur LCP, puis BFMTV et vous vous posez toujours encore la question de savoir si c’est vraiment important qu’il y ait un-e candidat-e écologiste à l’élection présidentielle. Bien sûr, les débats étaient très intéressants dans le sens où c’est important d’entendre, de réentendre l’analyse des écologistes sur différents thémes d’actualités et de politique. Le parler vrai et le politiquement incorrect apportent bien sûr une autre vision de gestion possible de la France, de l’Europe. Ce pourrait être une alternative à Sarkozy-Juppé-Hollande-Le Pen et même Mélenchon qui s’est pas mal écologisé ces derniers temps pour essayer de capter cet électorat écolo.
Si c’est pour porter cette voix et ces éclairages pendant la campagne électorale, je comprends que ça puisse sembler important.  Mais on entend ces mêmes analyses depuis des années et aucune assemblée (ou très rares sont-elles) n’en tient compte, continuant une politique qui va droit dans le mur de façon même consciente...Mais tant que ça rapporte encore, pourquoi changer ? Evidemment un-e président-e écologiste ou un nombre important d’écologistes au Parlement, cela pourrait changer les choses ou en tout cas, les influencer de façon importante. Mais les renégats, opportunistes qui ne visaient que des strapontins dorés, des postes hautement rémunérés et qui ont utilisé le parti EELV pendant juste quelques années pour y arriver, ont définitivement pollué l’image des écologistes politiques. Ces Placé, De Rugy, Bompili, Cosse et autres ne sont que de vils carriéristes aux discours fumeux, des bonimenteurs qui n’ont rien à vendre et servent de faire-valoir, d’alibi, de leurre au PS moribond. Ils pensent garder un fauteuil de député ou sénateur, mais ils seront balayés comme les autres l’an prochain.




Alors oui ! Le projet, la vision, les propositions, les analyses des écologistes sont toujours pertinents, radicaux, marqués dans l’avenir, mais toujours perçus comme trop visionnaires, irréalisables de suite, etc. Et c’est dommage, mais c’est ainsi. Il en restera toujours les déclinaisons locales, les réalisations comme les circuits courts de distribution et de production alimentaire, les initiatives citoyennes sur une économie localisée, la production des énergies renouvelables, la réhabilitation énergétique des bâtiments, les transports doux et en commun, le covoiturage, les voitures louées, le vélo, la médecine naturelle, ….Tout cela est doucement rentré dans les têtes et le fonctionnement de pas mal de monde, sensibilisés à ce que les ressources ne sont pas inépuisables, que les produits de saison et locaux ne nécessitent pas des avions, des camions, des containers sur les bateaux, que consommer moins de produits éphémères a un impact, que éteindre les appareils et ne plus se chauffer à l’électrique est une attitude responsable, et je pourrai continuer à démultiplier les exemples.
Alors oui ! De plus en plus de personnes sont sensibles et attentifs aux analyses, aux alertes, aux initiatives des écologistes, mais ne voient pas l’intérêt d’une écologie politique. Cependant, les actions locales sont des choix politiques puisqu’elles améliorent la vie quotidienne des gens. Et donc, on peut imaginer que reportées à une autre échelle, régionale, nationale, l’évolution, la transition vers une autre façon de vivre, de consommer, de se soigner, de se déplacer, tout cela serait mis en œuvre plus rapidement et de façon plus globale.
Mais pour cela, il faut vraiment avoir des convictions profondes, une certaine foi dans un changement radical. Ce qui n’est pas impossible. Nous, habitants de la côte ouest du Rhin, on sait bien que sur l’autre rive, la région, les villes sont gouvernées par des présidents de région et des maires écologistes et que la vie y est bien plus agréable et apaisée.
Ce qui aujourd’hui ne paraît pas possible pour 2017 en France le sera peut-être en 2022 lorsque les bouleversements en cours auront produit de façon visible et incontournable le chaos à venir. Certain-e-s croient pouvoir l’éviter en donnant leur voix à des hommes-femmes providentiel-le-s qui ...sauveront la France en montant les uns contre les autres, en excluant sur des critères fallacieux, en expulsant par les portes ceux qui irrémédiablement reviendront par les fenêtres car la crise climatique, le marché des armes, les ressources naturelles captées par les grands groupes financier et industriel auront comme conséquence des migrations importantes inéluctables.


Les écologistes ne sont pas des doux rêveurs, mais bien des visionnaires réalistes et politiquement incorrects, car les changements ne peuvent être que radicaux tant l’urgence que l’on ne veut pas voir est omniprésente. Je ne veux prendre plus qu’un seul exemple : les abeilles. Sans elles, pas de pollinisation avec les conséquences sur la production de biens alimentaires évidents. On sait tous qu’elles meurent par milliers, qu’elles sont empoisonnées par les produits phytosanitaires (et autres). Et pourtant aucune mesure d’urgence n’est prise pendant que Monsanto et Bayer fusionnent. Quel rapport me direz-vous ? Réfléchissez bien et informez-vous ce que produisent ces deux compagnies qui ne feront plus qu’une seule.
Vous allez encore parler des thèmes de propagande d’actualité : l’emploi, les migrants, le terrorisme salafiste...La transition écologique, énergétique peut créer des milliers d’emplois non-délocalisables dans l’isolation des bâtiments par exemple. La production locale et les circuits courts peuvent créer une activité économique importante, le boycott des produits importés aurait un impact énorme, … et je pourrai continuer à développer.
Les migrants : vous avez tous versé une larme lorsque l’image de ce très jeune enfant mort rejeté par la mer sur une plage du sud a été largement diffusée par les médias. Cela a changé quoi ? Vous avez essayé de comprendre pourquoi et comment il s’est retrouvé là ? Peut-être...Mais aujourd’hui quand on demande aux communes d’accueillir quelques migrants par ci et par là, on entend des présidents de région tenir des propos dignes d’un autre temps. Un pays de 65 millions d’habitants ne pourrait pas accueillir quelques milliers de personnes qui ont risqué leur vie pour se sauver de leurs pays dévastés par une guerre où les armes sont (aussi) vendus par l’industrie française.
Le terrorisme : qu’est-ce qui pousse de jeunes gens à se radicaliser de façon meurtrière en trouvant du sens dans quelques sourates loin des fondamentaux d’une religion de paix comme les autres ? La stigmatisation, les discours sur la nationalité sont des phénomènes de rejet. Le racisme ordinaire répandu de plus en plus n’est pas un facteur d’apaisement et d’intégration, mais nourrit la haine, la violence. La laïcité est ce qui permet à chacun-e de vivre librement à partir du moment où il-elle respecte les valeurs de notre République.
Nous avons tous une responsabilité, il n’y a pas de race supérieure, il y a des pays enrichis par les richesses et les ressources volées ailleurs et la mise sous tutelle de ces pays colonisés. On peut essayer d’ignorer tout cela, mais le vent ramène le sable qui grippe les machines…

Alors oui ! L’écologie est une pensée moderne, actuelle et d’avenir. Elle traverse tous les courants, mais elle est rarement prise en compte par les décideurs, les financiers, les industriels qui ne pensent qu’à leurs intérêts et ceux de leurs actionnaires en espérant que cela va encore durer un moment avant l’effondrement du château de cartes lorsqu’ils seront à l’abri du chaos ou déjà morts. Peut-on compter sur des personnes pareilles en leur laissant le pouvoir sur nos vies, notre avenir et celui de nos enfants. Il est temps de reprendre nos vies en main en s’opposant à tout ce qui est contraire à notre bien-être et vivre ensemble et construire de nouvelles façons, collectivement, localement.
La peur a ôté de nos cerveaux notre part d’humanité alors que si on se pose la question de ce qu’est la vie, notre vie, ce passage court sur cette planète, on ne verrait plus les choses comme on nous les impose quelque part.