vendredi 10 mars 2017

L’ENJEU de la PRESIDENTIELLE 2017 : l’ELECTION LEGISLATIVE !


Vous commencez à vous demander si l’air de la montagne est vraiment si pur puisqu’il semble dérégler un peu le cerveau quand vous lisez le titre de cette chronique. L’euphorie des hauteurs, l’atrophie liée au recul, la perte de repères, ...Et bien non, c’est juste la suite d’une stratégie que peu de personnes comprennent jusque là.

Vous avez bien lu (entendu) tous mes arguments, mes analyses dans les « chroniques » précédentes qui m’amènent au choix (et je ne serai pas le seul, loin de là) du boycott conscient à la Présidentielle 2017. Je ne reviendrai pas là-dessus ici, mais ce que je disais il y a des mois déjà ne fait que se confirmer chaque jour un peu plus.
Vous avez compris aussi que si je compare les programmes entre ceux qui sont déjà publiés et dévoilés, mon choix irait vers « l’avenir en commun » qui marque une vraie rupture et donne de nouvelles perspectives. On ne peut pas être d’accord à 100 % avec ce qui y est proposé, mais l’essentiel y est avec des points à éclaircir, certes. Bien entendu, ce programme n’a rien à voir avec la poursuite de la politique menée depuis dix ans (et bien plus) qui est d’essence libérale encourageant entreprises du CAC 40, actionnaires et banques-assurances privées avec l’argument du plus de productivité, facteur d’emplois (mais quels emplois durables et à quels prix?). Qu’ont gagné le monde du travail, les ouvriers, les artisans, les employés, les agents des services publics, les retraités, les….Rien à part le refrain récurrent de : « il faut faire des efforts, ça ira mieux demain » ce qui veut dire mieux, juste quelques semaines avant les prochaines élections, histoire de faire croire que l’embellie arrive et qu’ « il faut nous soutenir encore pour que cela continue ». Eternel refrain, éternel scénario et... lassant au bout d’un moment.
Ceci dit, peu importe comment on tourne et retourne les candidatures actuelles, le scénario-type probable est un deuxième tour entre Le Pen (« au-dessus des lois ») et un des prétendants : Macron, Fillon, Hamon...* Dans ce cas de figure, l’appel à la peur (vote contre) et /ou au vote utile feront à nouveau l’affaire et ce sera reparti pour un nouveau tour de manège pour cinq ans...Macron c’est l’État géré comme une entreprise et une banque, Fillon (« peu importe la loi et la morale ») c’est du Sarkozysme connu avec une proximité idéologique entre plus forte avec le FN, Hamon c’est les belles paroles et la soit-disante difficulté à les traduire dans les faits, les lois, les choix et donc au final de rentrer dans le moule libéral (et social ?) du PS actuel. 


 
Il faut donc interroger le grand silence actuel sur la fin du feuilleton électoral. D’accord, on est dans la Présidentielle, mais elle est intimement liée à l’élection Législative. Toujours est-il que pour tout président, pour gouverner, il faut quand même au final un semblant de majorité parlementaire sinon il y a blocage et décisions anti-démocratiques à coups de 49-3 permanent (imposition forcée sans débat, souvenez-vous de la Loi Travail Valls-Macron-El Khomri).
Et pour obtenir une majorité « parlementaire », cela se joue un mois après la Présidentielle lors des élections Législatives des 11 et 18 juin.

Et là, nous ne sommes plus dans le choix de l’homme-femme providentielle qui va sauver, redresser, redonner la grandeur, réformer, changer, etc...Nous serons dans nos territoires, dans le local, sur le terrain de la vraie vie en dehors des palais dorés de la République, confrontés à des vraies personnes et qu’il va falloir convaincre. Tous ces députés sortants vont devoir expliciter leurs revirements, les errements de leur chef de parti, faire le bilan de ce qu’ils ont fait vraiment ou pas, radoter leurs promesses et qu’il faut leur faire confiance, etc...Enfin, vous connaissez tout cela. Pour le FN, ça n’a jamais posé de problème, puisque leurs candidat-e-s sont souvent des illustres inconnu-e-s, car de toute façon, pour ce parti, on vote FN l’étiquette, peu importe la personne.
Mais pour les autres ? Macron jouera sur la nouveauté (société « civile », hommes d’affaires, financiers, professions libérales) ; Les Républicains invoqueront la continuité gaulliste, conservatrice et garante des valeurs traditionnelles (et chrétiennes!) ; le PS qu’il faut construire une opposition pour contrecarrer les plans de l’adversaire. Que du convenu…

MAIS c’est là que pour les abstentionnistes conscients de la Présidentielle, il y a une mobilisation à exercer : convaincre qu’il faut donner un groupe parlementaire important à « France Insoumise » qui sera la seule force d’opposition plausible et prospective d’un autre avenir, construite sous forme d’un mouvement avec des propositions élaborées collectivement depuis des mois. On attendra de ces candidat-e-s qu’ils-elles défendent les options du programme énoncé par leur représentant à la Présidentielle. Cela créera un contre-pouvoir important et permettra au débat démocratique de se poursuivre sans être muselé.

Et puis, et cela est loin d’être négligeable sinon central, les candidat-e-s PS seront mis-es devant leurs responsabilités localement pris-es à partie et sommé-e-s de se justifier par rapport à la politique menée depuis cinq ans : les lois votées sur le travail, sur l’aide aux grosses entreprises robotisées, sur l’agriculture intensive au détriment des paysans, sur la privatisation progressive de la santé, sur la déliquescence des services publics, sur les reculs par rapport à la finance, le nucléaire, la taxe carbone, la précarité, l’austérité comme idéologie politique européenne, etc...Pourquoi voter pour ces représentant-e-s dont on sait pertinemment comment ils-elles se sont aplati-e-s lâchement pendant des années ?
Peu importe presque qui sera président, puisque si l’Assemblée Nationale ne dégage pas de majorité, alors ce sera ingouvernable dans l’état, avec une vraie opposition qui s’exprime.
Soit il y a dissolution et nouvelles élections, soit on va vers un type de dictature (à coups de 49-3). Cela ne créera sûrement pas les conditions d’un pays apaisé.

Oui, il faut se poser la question de l’après-Présidentielle pour ne pas se focaliser uniquement sur ce leurre de l’élection de notre roi national qui concentre tous les pouvoirs. Les contextes ont changé, les institutions doivent évoluer, les politiciens et partis actuels sont complètement décrédibilisés, la demande de démocratie directe est forte, les gens veulent redevenir maître de leur vie et avoir un pouvoir sur la façon de la mener localement là où ils-elles vivent. Les changements sont déjà en place et s’accentuent de plus en plus, concernant aussi bien la façon de se nourrir et où, de se déplacer, de se loger, de se soigner, d’établir des relations d’aides et non-marchands, de se cultiver et d’utiliser son temps libre à des activités émancipatrices, de …



Alors, boycott conscient à la Présidentielle et vote massif aux Législatives pour la création d’un groupe parlementaire d’opposition et de proposition au Parlement.

Cela mérite débat, non ? Car localement, le ménage sera fait ou peut fortement se faire...La mémoire ne s’efface pas aussi facilement : les traces sont aujourd’hui multiples et plus maîtrisables du tout. On peut clamer haut et fort, fake news et mensonges ; les images, les enregistrements sont là et on ne peut pas continuer à refuser, à nier les évidences. Chacun-e est mis-e devant SES responsabilités et ses capacités d’action, chacun-e à son niveau. On ne pourra plus dire : « je ne savais pas »…

L’avenir n’est pas écrit.

(et ces derniers temps, on l’a bien vu!)






dessin de Pat Thiebaut    www.lagitedulocal.com 


* Je ne cite pas là intentionnellement Mélenchon car un « scénario » où Mélenchon serait parmi les deux ayant le plus grand score au premier tour mérite un développement, que je ferai probablement dans une prochaine chronique.

jeudi 2 mars 2017

SOUVENIRS, SOUVENIRS ...


On habitait à quatre blocks du lac...et à deux pas du parc municipal. Il faisait toujours beau et très chaud. En sortant du travail au milieu de l’après-midi, Solange descendait downtown acheter quelques crabes et écrevisses qu’elle venait ensuite décortiquer, déguster dans ou devant la maison que nous louions rue du général Haig. Moi, je traversais le City Park à vélo en prenant le temps de flâner et m’octroyant des détours à travers les nombreuses allées. Le soir, on sortait au centre et dans les quartiers chauds de la ville. Il y avait des bars partout avec de la musique, de la musique, tous les styles de musique. Cette ville était avant tout une ville aux sonorités multiples avec une ambiance que je n’ai jamais retrouvée nulle part ailleurs à travers le monde.
Les maisons étaient pour la plupart en bois, à un niveau ou parfois deux, posées sur des parpaings avec un terrain autour : une allée à l’arrière pour l’accès en voiture aux parkings ou garages et à l’avant, pas de clôtures, de la pelouse, des arbres et arbustes (magnolias, azalés, …) avec des fleurs exubérantes toute l’année. Il faisait bon vivre (« laissez le bon temps rouler ») et les voisins se saluaient, même en ville tout le monde se souhaitait une belle journée, une soirée agréable, bref, c’était non seulement convivial, mais en y habitant, on avait vite l’impression de vivre dans un grand village.
Même si la ville comptait un peu moins de 500 000 habitants, on ne le sentait pas tant elle était étendue et verdoyante avec ses maisons individuelles et ses allées boisées. Il fallait bien sûr apporter de l’ombre sous ce climat tropical, chaud et humide.
Et puis, comment travailler dans une cité où c’était la fête toute l’année, où tous les prétextes étaient bons pour se retrouver à plusieurs, boire, manger et danser dans une sensualité démesurée. Et la musique : l’âme profonde de cette ville, son essence, sa raison d’être, sa vitalité. Elle était omniprésente partout. Elle occupe les bars, les trottoirs et déborde très souvent dans les rues pour se transformer en des parades improvisées parfois au milieu de la nuit. Il n’y avait d’ailleurs plus de nuits et de jours : la fête se déclinait vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
Quand on habitait là, on ne voulait, ne pouvait plus partir : la vie y était douce, agréable, conviviale, colorée, chaude… Rien à voir avec les cités prospères où l’argent est central et où le look détermine vos relations. Rien de cela ici. Mélange ethnique, liberté, extravagance, tolérance : tout était possible !
Même dans le malheur, la fête reprenait le dessus et il a fallu du courage pour faire revivre ce qui a été rasé en une nuit.



En cette fin août 2005, un enième ouragan traversa la région, mais cette fois-ci les digues se sont brisées (on compta jusqu’à cinquante brèches) et la ville fut engloutie. Longtemps après le drame, des enquêtes approfondies ont montré combien le génie civil était responsable en ne construisant pas ces murs de béton dans les normes de sécurité faisant des économies drastiques sur les matériaux. Pendant des jours, la population est restée livrée à elle-même, les services de l’État, les aides ne se mobilisèrent que plus tard. Le Superdome et le Convention Center accueillirent des milliers de réfugiés, malades, handicapés, personnes âgées, mais sans nourriture, sans sanitaires en état, plus d’électricité, des conditions improvisées. Des corps flottaient au-dessus de l’eau, les habitants ne pouvaient compter que sur eux-mêmes mais les solidarités étaient là, dans l’âme même de la ville. Celles et ceux qui voulaient traverser le pont vers l’état voisin étaient repoussés par la force policière qui craignait un envahissement de malfrats et autres délinquants ! Le président survola la ville dans son avion privé au bout de quelques jours... en guise de compassion. Et quand enfin l’armée arriva au bout d’une semaine, elle en fit une zône militarisée où on embarqua les gens sous la menace des armes, dans des camions, en séparant même les familles pour les déporter dans des camps de tentes provisoires (qui durèrent plusieurs années) dans les états voisins. Beaucoup ne revinrent jamais car ils avaient tout perdu et n’avaient pas de moyens pour reconstruire. D’ailleurs, la suite montra bien qu’il y avait une sorte de volonté pour finalement raser la ville et la reconstruire pour en changer la population. Car à majorité noire et démocrate, cela ne plaisait pas à tout le monde, alors pourquoi pas reconquérir des territoires et en changer la sociologie et ...la majorité politique.

Mais c’était sans compter sur l’amour des habitants pour leur ville, sans compter sur cette capacité fantastique de la solidarité, de la volonté incommensurable à vouloir garder l’âme de leur ville, lui redonner ce qu’elle avait perdu et que certains voulaient transformer pour en faire une ville comme les autres. La musique, poumon et coeur de la ville, fit résonner à nouveau ses notes de joies partagées. Petit à petit la vie reprit, même si tout ne fut pas reconstruit et qu’une partie importante, un quart de la population, ne put pas revenir par manque d’argent. Il y eut des donateurs qui aidèrent pour des projets de reconstruction « Make it right  et Teach for America » et plein de jeunes du pays qui vinrent aider et pour certains s’y installer. Cela aida pour l’espoir dans la durée. 



 
La musique traverse à nouveau les murs des bars, parade dans les rues et les sourires reviennent sur les visages. Mais personne n’oublie les nombreuses victimes, personne n’a été épargné par la catastrophe et tous avouent que leur façon de voir la vie a changé à partir du moment où on se rend compte qu’en un instant on peut tout perdre et que l’argent n’a plus la même valeur, le matériel non plus. Il reste les peines indélébiles, mais qui dans cette ville, se transforment toujours en fêtes.
Ce sont les îles des Caraïbes qui se sont déportées vers le continent, un peu d’Afrique, une ambiance hispanique et le jazz, le blues, le rock, les fanfares, la danse, les odeurs des mets parfumés, les sourires, les big hug, la chaleur…

Katrina a englouti New-Orléans, mais cette ville a une âme trop forte, une énergie chaleureuse qu’on ne trouve nulle part ailleurs et qui fait qu’elle ne mourra pas.
Quand je vois des photos de la Nouvelle-Orléans aujourd’hui, je reconnais des lieux encore debout, mais je vois aussi les stigmates de la destruction. Quand je vois des reportages sur la ville dix ans après la catastrophe, je reconnais et je sens bien que cette ville a su garder son âme et qu’elle sera éternelle… et toujours très, très particulière !
Les deux années passées là-bas ont transformé ma vie, ont enrichi ma façon de voir les choses et j’y ai toujours encore une attache particulière et des émotions très fortes quand je me remémore tous ces moments de joies, ces rencontres merveilleuses et une qualité humaine de vie exceptionnelle.

En ce temps de MARDI GRAS, les souvenirs remontent... Quand je vois les USA aujourd’hui avec ce président dont je ne trouve même pas les mots justes pour le caractériser et aussi l’état politique de la France (où nous sommes finalement revenus), je ne peux que constater l’accélération du temps et tout ce qu’on a perdu en humanité, en tolérance, en libertés. Et pour me consoler parfois, je remets des vieux disques vinyles sur ma platine : « My darling New-Orléans …. » 
de Little Queenie … par exemple !



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Pour en savoir plus :




vendredi 24 février 2017

FICTION ...en marche ?

Nous sommes en 2017. Les derniers flocons de neige tombent sur les hauteurs. L’hiver fait part de ses derniers soubresauts, mais le pays est penché sur son avenir immédiat : les élections quinquennales présidentielles. Les dernières semaines, un certain rythme politique s’est sérieusement accéléré. Il faut dire que dans moins de trois semaines, on saura exactement qui sera sur la ligne de départ de la course à l’Elysée. Les prétendants étaient multiples, mais certains scénarios ont été balayés par les électeurs lors de consultations « primaires » qui ont réservé pas mal de surprises. Elles ont surtout été révélatrices d’un rejet profond d’une certaine caste politique complètement décrédibilisée ces dernières années.
Le président sortant qui a fait volte-face pendant ses cinq années de gouvernance n’a eu d’autre choix que de se retirer de la course, sûr d’être battu ...honteusement ! Son élection avait bénéficié d’un rejet total de son prédécesseur. La leçon est peut-être restée dans sa mémoire. Son successeur naturel et aussi premier ministre a lui aussi été rejeté, contre toute attente, lors de la consultation des militant-e-s au profit d’un frondeur de son camp qui tenait un discours novateur pour son parti et qui avait pris de la distance avec la politique de sa famille. Ce scénario a rebattu les cartes de façon sérieuse, mais annonçait une partie des plus délicates.
Dans le camp adverse, à la fin de l’année précédente, il s’était déjà passé quelque chose d’analogue. L’ex-Président de la droite pensait reconquérir le poste perdu il y a cinq ans, mais avec de multiples ennuis judiciaires, il avait aussi perdu une partie de ses partisans dont les voix se reportèrent non pas sur un dinosaure du parti (« le plus intelligent de nous tous »!) mais sur l’ex-premier ministre qui se targuait d’une probité à toute épreuve flattant l’électorat libéral et chrétien en se présentant comme une personne intègre, transparente, sans reproche. Malheureusement pour lui, une investigation journalistique approfondie a vite fait de mettre en lumière ce qui avait été caché sous les tapis et derrière les rideaux de sa demeure seigneuriale. Il eut beau crier que ce n’était qu’un détail légal (concernant quand même une somme importante d’argent public), puis désavouer la justice et enfin hurler au complot, il n’a cependant jamais apporté de preuves qui aurait pu faire tomber les accusations éthiquement totalement justifiées. M. Propre était noirci et sa moralité bien éclaboussée, d’autant plus qu’il déclara (là encore faisant volte-face) que même mis en examen par la justice, il serait candidat jusqu’au bout. Ce qui manquait d’élégance et accentuait cette image détestable que certains se croient au-dessus des lois.
L’autre candidate d’extrême-droite malgré un nettoyage de façade n’échappa pas, elle non plus, aux affaires judiciaires qu’elle traîne derrière elle, les anciennes (surfacturation) comme les nouvelles apparues ces derniers mois avec des soupçons avérés d’emplois fictifs au Parlement Européen. Elle aussi déclara que, convoquée pour examen par la justice, elle n’irait pas. J’ai toujours cru que la règle numéro un pour un politique était l’exemplarité. Mais ça c’était il y a longtemps. Depuis, vu de plus près, j’ai eu le temps de comprendre que cela ne se passait pas du tout ainsi dans ces sphères là. De plus en plus de personnes comprennent très bien comment les arrangements en tous genres, les collusions et les cumuls de pouvoirs forment un système très rémunérateur qu’on ne veut pas abandonner trop vite.
Il y a aussi un jeune loup au sourire permanent de séducteur, banquier devenu ministre de l’économie et qui démissionne de son poste quelques semaines avant les élections pour se présenter dans la peau d’un candidat ...nouveau ! Cet homme d’affaire présente du vent, des rêves, des mots oniriques dans un scénario aux contenus inexistants. Il s’accoquine avec un ancien centriste, girouette permanente de ce monde politique et qui veut encore exister en pensant qu’il a des idées novatrices à apporter alors qu’il représente le lobby catholique bien pensant et ultra-conservateur. Un atout ou un poids mort ?


Les pronostiqueurs et observateurs, analystes politiques ont déjà déroulés leurs scriptes et calculs.
Dans l’état actuel, la multiplication des candidatures amène une finale en mai entre candidats de droite et d’extrême-droite car le banquier et son acolyte centriste sont casés de ce côté-là désormais même s’il ne fait que répéter qu’il se situe «  à droite et à gauche », autant dire nulle part !
Ce bonimenteur politique est de plus en plus christique à l’image des prédicateurs américains où la forme est plus importante que le fond. D’ailleurs en bon commercial, il est le produit, l’argument de vente et la tête de gondole et dans ses paroles, on n’entend plus que le mot « entreprise » politique ce qui veut tout dire sur la façon dont il considère le pays  et comment le conduire.

Il reste une dernière interrogation, mais très importante, sur les décisions qui seront prises dans les prochains jours sur une éventuelle candidature unique à gauche. Celui issu du vote des écologistes a rejoint le candidat frondeur PS avec des accords, des engagements sur quelques points essentiels. Ainsi, il invite aussi à ce que le candidat de la gauche radicale accepte de rentrer dans ce rassemblement. Cela n’est pas facile, mais plus le temps avance, plus la pression va s’accentuer et il va être difficile de ne pas passer, en cas de refus final, pour celui qui a fait perdre la gauche, car mathématiquement, ensemble, celle-ci peut gagner l’élection présidentielle.

Improbable le rassemblement de ces deux candidats ? Dans l’état actuel des choses, oui. MAIS il ne faut pas oublier que le candidat PS d’aujourd’hui est un frondeur qui a dénoncé la politique du quinquennat de son parti et souhaite le faire évoluer et le transformer idéologiquement.
Admettons qu’un accord souhaitable par une grande partie du « peuple de gauche » s’opère ce week-end ou dans les prochaines semaines. Les anciens caciques libéraux du PS quitteront le navire et se rapprocheront du centriste « nulle part », ex-ministre banquier de l’économie qui était avec eux au gouvernement. Même pas besoin de demander des « têtes », elles s’éloigneront toute seules. Du coup, le parti sera explosé et sa reconstruction sera au programme de l’après-élection.

Quant à savoir qui des deux sera le candidat unique pour cette dernière élection de la 5ème République (puisque tous les deux s’engagent à créer de nouvelles institutions dans une constituante d’une 6ème République), on peut proposer un tirage au sort ou une candidature commune avec un accord de gouvernement. L’intelligence et le sens de l’histoire feront la différence.
La responsabilité de ces deux candidats est énorme quant au futur de la politique française. Ou ils se maintiennent dans leur posture individuelle, partisane et c’est le coup de grâce de la politique, ou ils se mettent dans un gouvernement de rassemblement et ils reconstruiront un nouveau pôle à gauche mais bien loin idéologiquement du social-libéralisme qu’on nous a asséné ces dernières années avec un reniement de quasi toutes les promesses.
A droite de toute façon, le parti LR (ex UMP) est en miettes et cela sera vraiment visible après la séquence électorale.

Pour le PC (Parti Communiste), le choix n’est pas clos. Un premier vote interne a fait ressortir un soutien au candidat de la gauche sociale car il est impossible pour eux de soutenir un candidat issu du gouvernement qui a trahi les classes populaire et ouvrière. Cependant, pas mal de militant-e-s optent pour le scénario gagnant d’un candidat unique (frondeur PS ou France Insoumise) et d’une représentation parlementaire.


 
Pour les abstentionnistes conscient-e-s comme moi, il n’y a qu’un seul cas de figure qui nous fera, éventuellement, changer de choix : une candidature unique France Insoumise-Verts- Frondeurs PS qui apporterait une nouvelle offre idéologique dans un monde en mutation , en transition, bien éloignée des partis traditionnels actuels et où la dimension écologique est largement prise en compte avec des engagements forts. Ces voix abstentionnistes conscient-e-s seront un apport forcément gagnant dans un tel cas de figure.

Les deux candidats ont cette responsabilité, leur décision montrera le degré de sincérité et d’engagement réel en dehors des jeux pourris de pouvoirs et de leadership.
Je ne nie pas certaines divergences et des stratégies longues, mais l’intelligence est aussi savoir dépasser des différences pour un objectif plus grand.
« Seul, on va vite ; ensemble, on va loin. »

La réponse ne saura tarder car les candidatures sont déposées mi-mars avec les 500 signatures minimum des maires de France.



A suivre…..L’avenir n’est pas écrit !

samedi 18 février 2017

Désir rêvé : un candidat unique à gauche…???!!!

Oui, pas mal de personnes aimeraient y croire.
Mais on ne parie pas avec les bookmakers, on ne veut pas non plus réduire ces élections à un jeu de loto car les dix dernières années ont été catastrophiques entre la crise de 2008 créée artificiellement et techniquement par les banques et la politique d’austérité imposée par l’Allemagne de Schauble-Merkel. On a envie de croire qu’un changement est possible, un vrai changement radical pas comme les promesses de Sarkozy et Hollande cinq ans plus tard. Ils ont tous les deux joué leur mélodie avec peu de variantes car c’était la même partition.

Cette année 2017 a commencé avec une sorte de révolution politique presque institutionnelle puisque Hollande a abandonné son projet de se représenter, Valls se croyant incontournable s’est fait renvoyer car le peuple de gauche a de la mémoire. Avant, Sarkozy qui se voyait en sauveur d’une droite à la dérive (et accessoirement retrouver une immunité pour échapper aux affaires qui trainent  et sont à l’instruction) se fait renvoyer sèchement , ainsi que Juppé dont on n’oublie pas les dérives sous Chirac. Un sacré ménage pour commencer.
Et puis, Fillon l’intègre, le chevalier blanc de la droiture, de la transparence, des valeurs chrétiennes est démasqué derrière ses conflits d’intérêts et l’abus d’une somme importante d’argent public distribué à sa famille au détriment d’une utilisation pour les services à la population à qui on assène une cure d’austérité jusqu’à la précarité. Immoral. Et on découvre la face cachée de ce personnage qui oeuvrait à l’ombre de son mentor pendant des années tout en amassant un pactole en vue de son ...heure !
Et Macron, le christique qui est entré en lévitation et se croit au-dessus de la mêlée. Il fait de sa campagne un business-plan, où il est à la fois le vendeur, le bonimenteur commerçant, le produit et la tête de gondole. Il vend du rêve, se veut charismatique dans ses attitudes et son verbiage et pense pouvoir se passer de tout programme car il joue sur la soit-disante nouveauté politique,sa jeunesse relative pour faire passer un vide idéologique qui s’est révélé ces derniers jours et s’accentuera encore au fur et à mesure qu’on s’approchera de fin avril...Il drague tout azimut avec ses déclarations fumeuses sur la colonisation de l’Algérie et le racolage actif des « humilié-e-s  du mariage pour tous » !!! On comprend de mieux en mieux où il va aspirer les voix pour se faire élire. Il est un vrai leurre (sourire permanent, silences « inspirés ») au service des banques et des actionnaires des grandes entreprises. Bien sûr, il n’a rien d’un homme de gauche aux valeurs humanistes et de partage.
Et Marine Le Pen qui a ripoliné la façade du FN au point de faire disparaître tout signe distinctif. Plus de flamme tricolore, plus de nom de la dynastie et après « la France apaisée (!)», voilà qu’elle pioche dans le vocable de gauche avec « au nom du peuple ». Mais dans son équipe, dans les instances, malgré le costume-cravate de façade, le sourire de quelques énarques et hauts fonctionnaires débauchés, on croise tous les fascistes xénophobes du Bloc Identitaire et autres ex-GUD. Et son image est bien écornée car, comme Fillon et Sarkozy (avec « l’affaire » Bygmalion), elle a elle-aussi des emplois fictifs au Parlement Européen à mettre sous le tapis et des dévoiements avec ses kits de campagne sur-évalués afin de se faire rembourser par l’État en faisant une belle plus-value.
Et puis ses emprunts russes, ses amitiés particulières, ses élus municipaux et ses femmes potiches…



 
Il reste les deux ex-frères de militance, de parti, de gouvernement. Hamon qui a, sur son nom, fait éliminer le liquidateur du PS-Valls- en se démarquant radicalement de sa ligne, ses options politiques. Et Mélenchon, lui aussi ex-ministre PS, qui a creusé son sillon depuis quelques années pour arriver à son objectif : être président en 2017 et redistribuer les cartes.
Une grand partie de l’électorat aimerait que de deux, ils ne fassent qu’un, ce qui mathématiquement serait le ticket gagnant !
Mais est-ce possible vraiment ?

Personnellement, je ne le pense pas. 
Hamon a été élu à la primaire du PS (la Belle Alliance Populaire) et même s’il a la légitimité du résultat, il devra composer avec son parti (dont il est membre depuis trente ans) et dans lequel il n’a aucun pouvoir au Conseil Politique. Son équipe de campagne reflète déjà les tendances, rassemblées entre partisans de Montebourg et ...de Valls ! Les prochaines semaines risquent de mettre en lumière un programme qui, de radical, va s’édulcorer un peu avec un discours plus ...consensuel.
Mélenchon est prêt à discuter, à étudier les convergences de programme, mais en aucun cas, à s’effacer pour laisser la place au candidat unique de la gauche qui serait Hamon. Il ne peut pas, tout simplement.
Il a crée un mouvement avec un retour aux valeurs radicales de la gauche, élaboré de façon collaborative un programme « l’avenir en commun » qu’il a chiffré et à quelques semaines de la date des élections, il devrait se ranger derrière Hamon.
Celui-ci est bien aujourd’hui LE candidat du PS, ce parti au pouvoir - dont il était ministre un moment - et qui est rejeté par une très grande partie de l’électorat de gauche. Ce gouvernement PS a trahi, a menti à ses électrices et électeurs, s’est renié, a fait une politique de productivisme en appliquant un plan d’austérité incompréhensible, a fait augmenter le chômage en 5 ans, s’est mis à la botte de Merkel (sans renégocier les traités), du FMI, de la Commission Européenne, a fait passer la loi travail par la procédure sans vote ni débat du 49-3, etc...etc… Comment peut-on s’effacer derrière le candidat de ce parti ?
Il faut bien réfléchir avant tout procès d’intention. Hamon, qui a été élu pour se débarrasser de Valls et sanctionner la politique anti-sociale et libérale de Hollande, ne peut pas demander le leadership de cette nouvelle gauche en perspective. S’il suit tout ce qu’il a développé lors de la primaire, il ne peut pas revenir en arrière et logiquement, il ne peut que continuer à se démarquer de son parti comme il l’a fait en tant que ... frondeur.



Il n’y a donc qu’une solution (quasi impossible) : une discussion et des décisions écrites sur les convergences des deux programmes, un accord de gouvernement, une répartition équitable et proportionnelle des circonscriptions pour les élections législatives (entre France Insoumise, Ensemble, PC, EELV, PS) et la candidature unique de Mélenchon pour la Présidentielle.


Vous me direz : et Jadot, candidat EELV ? Il ne faut pas être devin pour dire qu’il n’avait aucune chance d’être au deuxième tour. Le cinéma classique des élections à deux tours voudrait qu’on puisse voter en conviction au premier tour. Mais cette répartition des votes (avec plusieurs candidats) ferait éliminer dès le premier tour les candidats de gauche. Vous avez bien compris que pour moi et pas mal de gens, Macron ne représente pas la gauche, mais le centre droit avec un penchant vers le conservatisme à la Fillon, une certaine filiation avec les Lecanuet, Giscard et autres du siècle passé. Il ne faut pas se fier aux apparences !
Et puis, on a bien vu ce qu’est devenu ce parti depuis que Europe Ecologie a phagocyté Les Verts pour accéder aux pouvoirs avec des carriéristes qui ont tous quitté le parti dès que les opportunités étaient là : De Rugy, Placé, Bompili, Cosse ….Aujourd’hui, Jadot essaye de sauver les meubles (et les finances du parti) en pensant à son avenir et à celui des copains-copines ...Le programme EELV est compatible avec Hamon (et en grande partie avec Mélenchon), mais Jadot pactisera surtout avec Hamon/PS, ….comme d’habitude serais-je censé dire, même s’il veut s’en démarquer, pour pouvoir s’en sortir ...la tête haute !





Donc, les semaines à venir vont éclaircir tout cela. Cependant, les lignes sont claires, les scénarios plausibles aussi et comme d’habitude, on nous fait peur avec l’épouvantail FN, ainsi on ne réfléchit plus avec son coeur et sa tête, mais avec ses tripes et on aimerait nous faire voter une fois de plus CONTRE ou …….UTILE !!!! Mais ça , on nous l’a déjà fait à maintes reprises depuis 2002 et ça ne prendra plus.

Chacun-e a encore le temps * d’examiner toutes les possibilités et de s’enrichir dans des débats, dans la lecture de la presse indépendante et des blogueurs libre-penseurs, dans l’échange et la mémoire du passé proche.



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Alors, on en est là, avec tous ces constats sur la politique politicienne, avec tous ces travers humains de pouvoir et d’argent et on peut se demander ce qui est VRAIMENT important.

La leçon des Régionales, les Nuit Debout, les initiatives multiples alternatives partout : le changement de civilisation s’opère doucement dans une prise de conscience globale.

Cette conscience qui nous suggère que la vie est ailleurs, que nous pouvons vivre en dehors de cette sphère politicienne, que nous pouvons reprendre le pouvoir sur notre vie, échanger, partager, nous nourrir, nous soigner, nous loger autrement, établir des relations sociales sur d’autres bases où la démocratie, les décisions et les actes s’exercent localement en s’enrichissant des expériences multiples qui sont à l’oeuvre ailleurs et grâce à des moyens de communication facilités.
Voilà des perspectives où nous pouvons nous impliquer, des voies positives où nous retrouverons notre essence profonde, où nous nous sentirons exister AVEC les autres.


L’avenir n’est pas écrit….une certaine révolution est en marche !









                                les dessins sont de  VEESSE, PAT THIEBAUT, AUREL




* Election Présidentielle: 22 avril - 7 mai 2017
   Election Législative : 11 - 18 juin 2017


mardi 31 janvier 2017

VOTER OU PAS ?


Cette nouvelle chronique complète de fait la précédente puisqu'elle parle du même sujet avec des précisions et sous une autre forme.


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Dialogue entre deux personnes, de la gauche humaniste, républicaine, sociale et écologiste, au lendemain des Primaires, alors que le panel des candidat-e-s commence à se préciser clairement.

 - J'entends ta position de t’abstenir consciemment lors des prochaines élections de 2017 même si je ne partage pas ce choix. Cela dit, j'ai du mal à définir ma position pour l'instant.
- ça ne m'étonne pas que tu rames pour savoir à qui, à quoi va SERVIR TA VOIX....Hamon qui va être recadré par le PS puisqu'il n'a aucune prise sur le conseil politique du parti. Mélenchon qui est quand même assez psycho-rigide et cassant et surtout peut-être assez ...revanchard envers son parti où il a biberonné longtemps. Et auxquels deux, (PS - exPS) une fois de plus, il faudrait FAIRE CONFIANCE ( par défaut ? ) !!!
La seule chose qui serait "acceptable" dans ce jeu convenu serait effectivement un rapprochement (qui préfigurerait aussi la suite des après-élections) entre les deux (en sachant que Jadot est accessoire - il cherche juste encore à se placer...). Mais ça c'est mission impossible et procède du domaine du ...désir rêvé !!!

Donc, que choisir dans le panel proposé : LE PEN - FILLON - MACRON - HAMON - MELENCHON ???
Quel que soit le choix, aucune suite n'est garantie. QUI va immédiatement mettre en oeuvre le changement des institutions en sachant que cela passe par un Congrès des deux chambres du Parlement. On entendra que c'est difficile, ça prend du temps, il y a des oppositions fortes, etc..etc...etc...Alors ?

Alors....BASTA à être une quille,
une quiche, dans un jeu dont on a assez soupé.
BASTA, c'est stop, y en marre, il faut que ça change MAINTENANT, plus rien de ce que VOUS proposez ne me convient : fini l'utile, fini le contre, finies les promesses, finies les attentes....Le monde bouge, si ce n'est pas avec vous, ce sera SANS VOUS et de toute façon, c'est ce qui se fait déjà...sans les politicien-ne-s !

BASTA c'est aussi le montrer par le bulletin de vote qui ne sera pas posé dans une urne, car une fois dedans, c'est fini ! On a fait son "devoir".
Oui, mais ET NOS DROITS !!!! Où sont-ils respectés ? Et pour la suite, on n'a plus rien à dire : on a DELEGUE notre pouvoir à une autre personne.
Alors, NON. BASTA,
"mon pavé ne rentre pas dans ton urne" et une abstention consciente - un boycott actif où on explicite en amont le SENS de ce choix peut servir de mèche allumée pour un changement ...inéluctable !

Le soir des élections, on entend dans les médias (de propagande) :
 
x %   pour  A
  x %   pour  B
  avec un taux d'ABSTENTION de  x
ET C'EST TOUT ! On ne dira pas ce soir-là le nombre de bulletins blancs.
Et c'est ce qui est dit ce soir-là qui reste dans la tête.

On aura un-e président-e
LEGALEMENT élu-e avec très peu de voix (je ne parle pas des pourcentages), mais sera-t-il/elle LEGITIME ?

Le taux d'abstention aux Présidentielles est le plus faible en principe.
Si un certain nombre de personnes qui font une abstention consciente se rajoute au nombre des abstentionnistes par désintérêt, cela risque de faire monter le taux d'abstention de 5 à 15 %.
Et si c'est 60 % d'abstention, on dit quoi ?

Dans un débat, dans les hypothèses, dans les choix, on ne peut pas occulter cette perspective...
Et cela peut créer une crise institutionnelle de représentativité, de légitimité, de transformation
nécessaire des procédures… Que dira le Conseil Constitutionnel ?
Et cela sera l'expression d'un "peuple" qui s'en fout et aussi d’
une part qui ne veut plus de ce système, de cette fausse démocratie, qui est pourtant attachée à la République, mais pas déclinée comme il y a plus de cinquante ans dans un monde qui s'est depuis accéléré à vitesse grand V.

- Mais au-delà de cela, ce qui m'interroge, c'est que même dans des élections locales avec un candidat tout à fait valable, les résultats sont décevants : je n'arrive pas à comprendre l'abstention dans ce cas précis.
- Peut-être l’expression de la défiance générale envers tout ce qui représente un système : désignation des candidat-e-s, exercice du pouvoir, indemnités cumulées, trop connoté, collé à un parti. Mais peut-être aussi est-ce la présence permanente dans des actions de terrain, le combat virulent dans des instances qui sont absents pour faire une proximité de convictions suffisante.

Le résultat de ce long travail de terrain et à la Com Com est apparu clairement lors des Départementales de 2011 dans notre vallée. Le bénéfice en revient à tous les actifs et ce que nous avons fait ENSEMBLE et SANS ARRET pendant des années. Se battre, s'opposer en proposant autre chose, d'autres modèles, aller sur le terrain, l'occuper, être dans la désobéissance civile pour montrer que la peur, les menaces ne nous touchent pas, savoir être radical et affirmer ses convictions constantes...Tout cela a été un long cheminement collectif où en plus chacun-e s'est fait une culture syndicale, politique, appliquée au terrain des actions...et des idées débattues.

Après 2011, il y a eu un changement où l’action politique s'est déplacée du domaine des partis vers les actions citoyennes, locales, actives. Avec un (dernier) soubresaut à la Présidentielle de 2012 contre Sarkozy et qui s'est vite éteint devant la réalité de la politique du PS et ses promesses oubliées...Alors, on ne nous la refera pas deux fois (et pour les gens de ma génération, 4 fois, la patience a des limites !)

Pour moi aujourd'hui, avec le recul, le regard extérieur, l'expérience, il faut persévérer dans l'action et l’animation locales collectives (et connectées par des réseaux d'échanges numériques), l'exercice des décisions dans une démocratie directe avec des pouvoirs collectifs (tirage au sort parmi les volontaires).
Avec le Collectif Citoyen (et les autres assoc's de la vallée et autour) vous avez pris cette voie et je pense que vous y trouvez la richesse des échanges humains, d'un fonctionnement démocratique et l'investissement des convictions dans des actions.





 

jeudi 26 janvier 2017

EXEMPLARITE, TRANSPARENCE, ...AUSTERITE : la tête haute, les mains propres !

La campagne de l'élection Présidentielle n'est même pas commencée encore officiellement que les rideaux du décor tombent et qu'on découvre les coulisses...Sommes-nous vraiment étonné-e-s ou simplement on voulait encore être prêt à croire au chevalier blanc et intègre ?
Que certains jeunes qui découvrent la politique se fassent encore leurrer, ça peut se concevoir, mais pour les observateurs-acteurs de la politique, cela n’est qu’un épisode de plus dans la dégradation totale du climat de ce pays, la décrédibilisation d’un grand nombre d’élu-e-s et de prétendant-e-s.

Le chantre de la transparence et de l’exemplarité voulait se faire une virginité après avoir été le premier ministre de Sarkozy, bousculé par le système judiciaire pour de nombreuses affaires en cours. Malheureusement, il reste des journalistes d’investigation, indépendants et qui cherchent des preuves publiables de ce qu’ils avancent.

« Les boules puantes sont de sorties ….Les féministes apprécieront qu’on réduise les femmes à faire des confitures...etc...etc... » Moi aussi, j’apprécie avec l’humour qui me caractérise que ce chantre du libéralisme économique dérégulé et marchand, ce conservateur du siècle dernier, utilise le mot féministe alors qu’il prône, qu’il glorifie la femme au foyer. Eléments de langage car aujourd’hui est l’ère des « post-vérités », vous savez ces mensonges qu’on veut faire passer pour du vrai en semant le doute, des démentis vaseux qu’on commente alors qu’on devrait analyser les faits !

Ainsi, pour les informations transmises sur les emplois à plein-temps de Pénélope Fillon, il sera difficile de les contester. D’ailleurs personne ne les conteste, tout en les ayant cachées pendant des années pour ne pas salir, ternir l’image du candidat.  Mais le scandale financier concernant de l’argent public est bien dans le collimateur.
L’épouse galloise de l’ex-premier ministre de Sarkozy et candidat à l’élection présidentielle pour  Les Républicains (et centre) s‘est toujours présentée comme femme au foyer et ... discrète. Il valait mieux le rester pour qu’on ne fouille pas de trop dans leurs train de vie et patrimoine.
Pourtant, les révélations de la presse indépendante ( « Le Canard Enchainé ») sont sans équivoque.
De 1998 à 2002, Mme Pénélope Fillon émarge comme collaboratrice du député François Fillon avec un salaire de 3900 € brut-mensuel en 2001, augmenté à 4600 € en 2002.
Mai 2002, le mari est nommé ministre des affaires sociales et du travail. Pénélope Fillon et ses 5 enfants quittent alors le château familial de Solesmes pour venir vivre à Paris. Elle obtient un CDI à plein temps d’attachée parlementaire du suppléant du député Fillon, Marc Joulaud, qui prend sa place au Parlement, avec un salaire de 6 900 € brut-mois.
En 2006, cela monte à 7 900 €-mois.
En 2007, François Fillon devient premier ministre avec 21 300 € mensuel. Pénélope Fillon arrête son contrat...provisoirement.
En 2012, Fillon redevient député de Paris après la défaite de Sarkozy et Pénélope redevient sa « collaboratrice » à 4 600 € par mois. Et pour « compenser » leurs baisses de revenus,  elle devient conseillère littéraire de « La revue des 2 mondes » de leur ami milliardaire, M. Marc Ladreit de Lacharrière, rémunérée à hauteur de 5 000 €-mois jusqu’en 2013, ce qui a rapporté 100 000 € en 20 mois pour deux notes de lecture de quelques pages sous le pseudonyme  de Pauline Camille.
« Mon épouse a fait des études supérieures » dit-il. En 2007, elle suit des cours à distance pour passer un diplôme de littérature anglaise dans une Open University.

En résumé, elle a engrangé 500 000 € d’argent public et 100 000 € d’argent privé, ce qui fait quand même 5 000 €/mois pour ses dix années ...d’activités !
En 2013 est crée la Haute Autorité pour la Transparence de la vie publique. François Fillon déclare alors le 24 janvier 2014 sa femme comme collaboratrice de "la Revue des deux mondes" ...qu’elle quitte vite discrètement.


Mais bien sûr, ces montages financiers ne sont pas vraiment illégaux puisque 52 femmes de parlementaires travaillent avec leur conjoint. Mais il y a des traces de leur travail effectif, des témoignages de leur présence sur le terrain et ce système « familial » , malgré tout, reste très discutable.

M. Fillon n’est pas le seul dans ce cas. Il a beau s’offusquer en disant que ce sont des « vieilles » affaires dont il faudrait tout absoudre pour passer comme intègre et transparent. On peut quand même remonter 5 ans en arrière et même un peu plus, sans parler du siècle dernier, quand les sommes d’argent public en jeu sont à ce niveau !!!!


 
Marine Le Pen, interrogée sur une éventuelle opportunité électorale pour elle face à ces informations, se fait très discrète sur le sujet. Evidemment, elle est tout autant visée par de sérieux soupçons, des enquêtes en cours sur des employés du FN au Parlement Européen dont les salaires seraient allés dans les caisses du FN. Sans compter les kits de campagne surévalués pour bénéficier du remboursement de l’État avec une belle plus-value. Argent public que tout cela.

En même temps, on apprend que le système UMP récent, jusqu’au changement de nom en LR, distribuait sa cagnotte d’argent public du Sénat à divers élu-e-s pour une utilisation totalement incontrôlée. Et à l’époque qui était aux manettes de l’UMP ? Juppé, et Fillon était dans les parages.

Et tout ce temps, on nous bassine les oreilles que c’est l’austérité nécessaire avant une embellie !
Sans compter l’argent public distribué aux grandes entreprises et qui n’embauchent pas, alors que le reversement des dividendes aux actionnaires a explosé … depuis la crise de 2008. Celle-ci crée par un système bancaire qui s’est vite relevé puisque les Etats y ont réinjecté de l’argent public. Où est la morale, la justice, l’équité ?



  
Sarkozy qui n’est plus intouchable à présent, va devoir faire face à une multitude d’affaires en cours d’instruction.

Macron est sous la loupe aussi avec ses 120 000 € de frais de représentativité alors Ministre de l’Economie et à qui on demande des justifications d’utilisation. Il avait déjà été soumis à un contrôle fiscal en 2016, avec une réévaluation de son patrimoine. Il a alors été soumis à l’Impôt Sur la Fortune (ISF) avec rétroactivité sur les années 2013 et 2014.

Hollande nous fait croire que le chômage a diminué, oui mais uniquement en 2016, juste avant la Présidentielle, car sur l’ensemble du quinquennat il a augmenté sérieusement. Il nous fait aussi croire que la centrale nucléaire de Fessenheim va fermer alors que la procédure est loin de cela : la seule décision d’EDF est le montant de l’indemnisation (490 Millions €) mais la fermeture est soumise à la mise en route de l’EPR de Flamanville et celle à nouveau de Paluel. Autant dire dans x ans ! Un autre leurre électoral.

Valls veut se démarquer de son bilan politique ( loi travail, 49-3, Notre Dame des Landes, Rémi Fraisse, etc...) pour faire croire qu’il peut sauver la gauche et gagner la Présidentielle. Les quelques militant-e-s qui ont encore des convictions et des rêves au PS ont choisi sans équivoque celui qui incarne leurs valeurs, Benoit Hamon. Mais arrivera-t-il à faire accepter à Mélenchon une candidature unique ? Ou alors, les égos et les tractations de postes pour les Législatives vont-ils tout bloquer ? 
Yannick Jadot (EELV) a déjà déclaré qu'il ne ferait pas d'accord avec Hamon.




Je cherche, en informant ou en relayant des informations, à ce que chacun-e puisse avoir des vues multiples, pour se faire sa propre opinion, sans tomber dans la propagande de la plupart des médias qui sont aux mains de quelques quatre gros financiers-patrons.

L’homme, la femme providentielle, intègre, transparent-e-, cela est un vœu quasi pieux, certes, mais qui n’a pas sa place dans le système tel qu’il est actuellement et depuis longtemps dans cette Vème République qui a fait son temps et a montré toutes ses dérives.
Il n’y a qu’un changement institutionnel vers plus de pouvoir au Parlement sans cumul de mandat (et limité dans le temps), une représentativité paritaire et proportionnelle, etc... qui puisse être une étape incontournable d’un changement des mœurs politiques, d’un retour à une démocratie réelle, vivante près des gens, d’un renouvellement du personnel politique, de l’application de l’égalité, de la justice indépendante dans un Etat de droit, dans une République de liberté, laïque, solidaire et humaine.

Ce changement institutionnel ne peut pas venir des élu-e-s actuels (qui sont juges et parties), mais d’un vaste mouvement citoyen ou par des actions à forte valeur de sens.

Pour ma part, je pense que l’abstention consciente-le boycott peut être un moyen lors de cette élection Présidentielle 2017 (et des Législatives qui suivent, si rien ne bouge).



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sources principales pour cette chronique:

* le canard enchaîné

* médiapart


vendredi 13 janvier 2017

AUTANT ETRE CLAIR …ET POSITIF !


Il y a dans les discours des thèmes qui sont redondants, qui reviennent toujours et qui sont là pour nous faire accepter la situation actuelle tout en nous faisant croire-rêver à des jours meilleurs.
Nous sommes en période de vœux où les élu-e-s se plient à l’exercice annuel ; nous sommes aussi en période électorale pour la présidence et pour le parlement-députés. Nous n’avons donc pas fini avec les belles paroles. Beaux-parleurs, bonimenteurs !

Cette dernière décennie, que n’avons-nous pas entendu les mots « crise », « emploi », croissance », « chômage », « dette »...etc, avec les analyses de chacun-e pour nous faire gober, patienter ou tout simplement faire passer le temps. D’autres parlaient de décroissance, d’économiser les ressources,
d’anthropocène et que sais-je encore.
Mais quiconque porte un regard global sur notre monde ne peut qu’être interrogé, interpellé en permanence sur la véracité de ce que chacun-e raconte dans ses promesses et ces schémas-chiffres qui se veulent convaincants. 




Croissance, dette et emplois
Les ressources naturelles sur l’exploitation desquelles repose la richesse industrielle ne sont pas inépuisables et en diminution constante (face à une demande de plus en plus forte des pays «émergents» !) La décroissance n’a donc pas besoin d’idéologie puisqu’elle est déjà là de fait. Alors autant faire avec et penser sa vie autrement. La croissance ne reviendra donc pas, nous avons dépassé les limites de la planète, il faut bien en être conscient. La seule croissance se fait aujourd’hui sur le dos des autres, des plus pauvres ou qu’on va encore appauvrir dans le « Tiers monde ». La Chine achète les terres en Afrique, la France y exploite les mines d’uranium et autres...
Quand on entend les chiffres de la Bourse, les perspectives économiques des uns et des autres, on se rend bien compte qu’il y a un décalage important entre différentes réalités : celle de l’état de la terre et celle de la finance.

« Si vous acceptez un moment de cure de précarité, une baisse de régime, alors l’emploi repartira avec une économie dynamisée, lorsque nous aurons diminué la dette ». Combien de fois avons-nous entendu cela ?
Mais il ne faut pas non plus nous prendre pour des demeurés. La France par exemple a passé le cap des 2 000 milliards € de dette à ses créanciers à travers le monde. Et il faudra 210 milliards de plus cette année 2017 pour boucler ...les fins de mois. Cette dette ne sera jamais remboursée car ce sont les banques privées qui fournissent. Soyez donc logique. Quel intérêt pour la banque qu’on la rembourse intégralement ? Aucun car ce qui l’intéresse, c’est de toucher justement les intérêts toujours plus élevés (avec des moments de baisse pour ne pas effrayer!!!). Mais qui a renfloué les banques après la crise de 2008 qu’elles ont elle-même crée ? Honteux. La dette fait partie du système et existera toujours. Alors pourquoi faire des plans d’austérité pour la limiter.
Bien sûr, on pourrait à nouveau imprimer SA monnaie. Les monnaies locales commencent à se répartir un peu partout : ça ne grince pas encore de trop dans les banques mais pour combien de temps…



Et les emplois ? On nous fait accepter plein de choses sous couvert de créations d’emploi. La loi travail est un bon ramassis de mesures de retour de bâton après des années de luttes syndicales pour améliorer les conditions et les rémunérations du travail. La peur, ça fonctionne. Les promesses aussi. Mais il ne faut pas s’illusionner. Regarder l’évolution du monde du travail, des outils de production et vous savez très bien que de plus en plus l’homme est remplacé par la machine et « l’intelligence artificielle ». Il y aura donc toujours du chômage, peut-être même de plus en plus dans la réalité. Pas celles des chiffres manipulés pour ne pas inquiéter ! Pour atténuer ce phénomène, il n’y a pas non plus de solutions multiples, mais partager le travail en est une (et aussi partager le bénéfice du travail des machines).

Asséner ces évidences plombe le moral et n’offre que peu de perspectives.
Mais non, ayez confiance en ces choses simples et toutes aussi évidentes que sont les constats suivants. La nature a horreur du vide et selon ce qu’on en fait, elle peut encore nous offrir pas mal de bienfaits. Mais pour cela, il faut arrêter de polluer l’eau (une richesse commune vitale), d’éroder les terres agricoles, d’empoisonner les sols avec les pesticides et autres intrants toxiques, etc.
Il faut aussi croire à l’intelligence collective des humains qui possèdent des savoir-faire transmis depuis des générations et qui sont à revaloriser partout et dans tous les domaines. Ces réservoirs d’inventivité peuvent donner plein de nouvelles directions.

Il faut aussi avoir conscience qu’en reprenant notre vie en main, c’est aussi ne plus la déléguer et la soumettre à des décisions qui, si elles sont légales, ne sont plus légitimes, qui viennent d’ailleurs et déconnectées de notre quotidien. Pour cela, il faut du courage, de la volonté, une envie forte et la capacité de faire avec d’autres, de privilégier le collectif, le local.
Cela peut ressembler à de la résistance (face à ce « monde actuel »), alors que ce n’est que redevenir humain, solidaire et imaginatif.



                                     les dessins sont de PAT Thiébaut  avec son aimable autorisation
                                                                  www.lagitedulocal.com






J’aurais aussi pu parler de Revenu Minimum Universel.
Faisons-le alors sous forme de fable :
Le travail salarié diminue, la précarité augmente et avec elle, l’insécurité et le racisme. La consommation baisse et les stocks grossissent. Impossible à accepter et gérer dans « une économie de marché et en flux tendu ». Si les gens achètent moins, la grande distribution s’écroule, la production de biens aussi. Et tout un château de cartes commence à vaciller…
Il faut donc redistribuer du « pouvoir d’achat » afin que la « machine » tourne !
N’imaginons donc pas que ce dispositif de revenu minimum soit de la charité, de la distribution , du partage de richesses. Oui il aidera sans aucun doute une tranche de la population, mais la distribution générale n’est pas œuvre de bienfaisance, mais bien pour perpétuer un système de consommation éphémère et au moindre coût de production. La plus-value tombant toujours dans les mêmes poches. Et je ne suis pas contre un Revenu Minimum Universel:il faut en débattre.Car on peut aussi avoir un relèvement des minima sociaux conséquent (dont le RSA par versement automatique) et puis aussi un RAS jeunes à partir de 18 ans. Cela coûterait dix fois moins cher qu’un revenu universel généralisé car le verser à tous ne réduira en rien les inégalités.