mardi 23 août 2016

TOUT POUR MA POMME


Non mais quelle surprise ! Il a pris tout le monde de court. Oublié des radars de l'opinion, absent de l'actualité politique depuis sa défaite il y a 4 ans, voilà LE GRAND RETOUR, à grands coups de promotion de toutes les chaînes et journaux à sa botte, du préféré des français-e-s masochistes.


Et en prime, un deuxième bouquin en deux ans , histoire de faire rentrer le pognon pour la campagne...”Tout pour la France” : ça sonne si beau, si généreux, si ...On en aurait presque une larme à l'oeil  devant tant de bienveillance, de dévouement, d'abnégation !!! Quand on sait les casseroles qui trainent à ses basques, on comprend qu'il cherche l'immunité présidentielle avant que tout passe aux tribunaux, car les reports pour vice de forme ne durent qu'un temps. Et puis , les promesses de son programme : une flatterie pour les tentés du  FN (une politique immigration restrictive), une flatterie pour les commerçants et entreprises (qui seront libres de décider entièrement des horaires et heures des travailleurs, sans restrictions légales), une flatterie pour les ami-e-s des beaux quartiers ( suppression de l'impôt sur la fortune - des millions d'€ - et baisse de 10% -compensatoire- des impôts pour tous soit entre 3 et 5 € !!!), etc...etc...Il sait bien qu'on peut tout promettre avant les élections et faire ensuite ce qu'on veut pendant cinq ans.
Il sait bien que la mémoire est atrophiée, que ce qui c'est passé entre 2007 et 2012 est déjà dans les limbes de l'histoire, un souvenir d'Alzheimer ! Et puis, il sait tout aussi bien que le président actuel est moribond.








Attention, quand il se déclare candidat à la présidentielle, il ne s'abaisse pas à parler d'être candidat “à la primaire” de la droite. Non, ça c'est pour le petit peuple, ses obligés, pas pour lui. Maintenant qu'il a tout mis en place en interne (comme président “Les Républicains”), il démisionne de la présidence pour être libre de tout, mais avec les moyens -reconstitués- du parti à sa botte.
Le même jour, on nous annonce la candidature du nain rebondissant (en France) et de l'iguane (aux USA - Alice Cooper) que peu de personnes ont en mémoire. Je ne vais pas faire un raccourci ou un parallèle facile, chacun-e fera le sien !






L'ami dessinateur VEESSE doit se régaler , lui qui avait fait toute une série de dessins en 2012. Pas besoin de réactualiser car contrairement aux affirmations de l'ex, il n'a pas changé, ou alors en pire !
Bien sûr ses “opposants” vont sortir son bilan, mais certains vont aussi oublier qu'ils faisaient partie du gouvernement suivant pendant quelques années... Bref, tout ce petit monde refait un tour de piste, une valse triste dans une fête avinée dont on se réveille avec la gueule de bois le lendemain.

Les scénarii sont connus car répétitifs à souhait et on n'en veut plus ! La seule façon de leur faire comprendre cela à toute cette bande véreuse est de ne plus participer à cette mascarade répétitive, de ne plus être complice de ce cinéma douteux. Basta marre d'être pris pour des pigeons par la même clique de cumulards, d'ambitieux carriéristes qui ne pensent qu'à leur pomme en faisant croire qu'ils veulent agir pour notre “bien”. Mais ces dernières dix années, on a bien vu tout le bien qu'ils nous voulaient, l'un comme l'autre et d'autres attendent au portillon leur heure afin de profiter à leur tour ...tout en nous promettant la lune !





Basta, il faut que ça change. Nous sommes dans une situation où nous connaissons bien ce qui s'est passé entre 2002 et 2016. Nous savons bien que globalement toute la caste des élu-e-s est décrédibilisée grave. Nous en avons toutes et tous marre de ce cirque à répétition avec le même programme, le même casting, les mêmes conséquences...

Pour un changement des institutions (plus de pouvoirs à un parlement proportionnel, paritaire et renouvelé à chaque fois, moins de pouvoirs à un-e président-e comme dans pas mal de pays, une démocratie de proximité avec moins d'élu-e-s et sans cumuls, etc...), pour un vrai changement en profondeur, cela ne passera plus, pas, par une élection d'une personne “providentielle”.  
Pour créer les conditions d'un changement sans passer par une révolution violente, je ne vois que la solution pacifique d'un BOYCOTT massif des prochaines élections, présidentielle et législative.

On peut ouvrir le débat, arguments contre arguments, plutôt que de se gausser d'illusions pour un-e candidat-e ou un-e autre... ce qui est le principe global recherché : diviser pour régner ! En mettant chacun-e en avant son-sa candidat-e, on occulte tout débat de fond....et ça recommence, ça continue pour cinq ans.

Alors, réfléchissez, proposez, débattez....
Les prochaines “nuits debout” seront longues !

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Les dessins sont de VEESSE, le mulhousien qui illustre plusieurs revues, magazines dont HEBDI, le mensuel satirique indépendant alsacien.

samedi 20 août 2016

ELECTION DE MISS ou MISTER PP *


Voilà le casting en train de se monter doucement en cette fin d'été et début septembre, ce sera la rentrée des classes et la rentrée politique. Je ne suis pas sûr que la pause estivale aura reposé les esprits et les ambitions de cette caste de politiciens professionnels, toutes et tous convaincu-e-s qu'ils-elles ont quelque chose à apporter au Pays France.

Je ne suis pas sûr non plus qu'ils-elles entendent ce qui se dit dans la rue, les commerces, les cafés, les repas familiaux, ...où sont mis en avant un pays en récession et où la précarité, l'instabilité touchent quasi tout le monde, où la peur a remplacé l'espoir, où les politiciens sont totalement discrédités, où la démocratie n'est plus vivante, où les gens sont déconnectés de la politique, ne croient plus en grand chose, ne se sentent plus maitres de leur vie, de leur avenir...

Aussi lors des grandes déclarations de septembre, lorsque chacun-e présentera sa candidature pour l'élection présidentielle du printemps 2017, je ne sais pas si ça va passionner qui que ce soit alors que globalement ils-elles se sont tous-toutes décrédibilisé-e-s.



Et les candidat-e-s ne manquent pas.
Faisons un peu le tour des partis en cette fin août 2016 au vu de ce qu'on sait et de ce qui est plausible.

Au bout des deux cotés, il n'y guère de doutes :
à droite, ce sera Marine Le Pen et à gauche, Jean-Luc Mélenchon.
Leur programme sera flatteur et fera plaisir aux idéologues qui veulent encore éprouver des frissons en votant.

Puis viennent les candidat-e-s qui se partagent le pouvoir depuis des décénnies.

Chez LR (ex-Ump reconvertis Les Républicains), pas moins d'une quinzaine de candidat-e-s qui se départageront les postes en cas de victoire d'un des leurs. Il semble pour tout le monde évident que Nicolas Sarkozy partira à nouveau en se prévalant d'une simple parenthèse PS de cinq ans afin qu'on oublie son bilan passé. Mais il y aura aussi Alain Juppé (qui traine lui aussi des casseroles), Hervé Mariton, Bruno Lemaire, Nadine Morano, François Fillon, Jean-François Coppé (qui veut se refaire une virginité !), Nathalie Koziusco-Morizet, Rama Yade, Henri Guaino, Geoffroy Didier, Frédéric Lefèvre, Jacques Myard, Jean-François Poisson, Rachida Dati ?
Ça risque de remuer cet automne au sein de ce parti qui veut donner une image ouverte et démocratique alors qu'on n'imagine pas un instant que Nicolas Sarkozy en ait pris les commandes juste pour diriger le groupe, alors que c'est sa machine de guerre.



Au PS, qui veut se retrouver rassemblé sous le nom de Belle Alliance Populaire, les candidat-e-s commencent à s'activer pour une primaire qui devrait avoir lieu fin janvier afin de permettre au président sortant de se représenter avec un bilan qui sera forcément positif avec un chômage en diminution et plein de perspectives avec les premiers résultats d'une politique qu'il faut poursuivre et donc ne pas s'arrêter en route. On connait le discours par coeur tellement il est éculé.
Il y a là les “frondeurs” qui se veulent le “renouveau” !!! Et pourtant ce sont déjà des vieux apparatchiks de la politique : Benoit Hamon, Arnaud Montebourg, Marie-Noelle Lienemann, Gérard Filloche … Et puis les outsiders, comme par exemple Emmanuel Macron qui tisse sa toile, sourire carnassier en avant, et aussi les opportunistes carriéristes de seconde main, prêts à tout renier pour un poste. Ce sont les ex- ex- ex soit disants écolos qui ont encore changé de camp (craignant pour leurs postes rémunérés) et qui ont rejoint ceux au pouvoir actuellement en servant de leurre écolo pour les centristes conservateurs en mal de maison : François De Rugy qui a crée Ecologistes ! , Jean-Luc Benhamias qui a crée Front Démocrate et Jean-Vincent Placé qui s'est auto-proclamé président d'une soit-disante Union des démocrates et des écologistes. Si Hollande se représente, ils se rangeront derrière lui espérant obtenir , en cas de victoire, un poste de ministre ou/et surtout conserver un poste de député aux élections législatives qui suivent la Présidentielle.






Chez EELV, le parti de l'écologie politique, ou du moins ce qu'il en reste, on essaye de surnager au grand naufrage, financier et politique après la débandade de début d'année. Leurs Journées d'été à Lorient fin août va essayer de colmater les brêches. Le dépot des candidatures aura lieu ensuite avec une obligation de 36 parrainages minimum (sur 240 possibles ) par les seuls Conseillers Fédéraux, puis un vote des adhérents et coopérateurs fin octobre. Sont déjà sur les rangs les députés européens Yannick Jadot, Michèle Rivasi et peut-être Karima Delli. Mais il y a aussi Cécile Duflot (qui souhaitait être candidate sans primaire) et pourquoi pas le retour de Noël Mamère qui avait en son temps été le meilleur candidat des Verts en 2002.

Quand aux centristes, faut-il en parler puisque de toute façon, ils se rangeront derrière Les Républicains comme toujours, même si François Bayrou fait parfois semblant de montrer les dents ..pour mieux se vendre !







Et il faudrait choisir sa miss (ou son mister) dans ce lot ? Après avoir vu ce qui se passait pendant cette dernière décennie avec Sarkozy et Hollande qui ont fait la même politique libérale et capitaliste, avec des promesses contredites quotidiennement par les réalités ; au final on ne peut qu'être sceptique, dubitatif, critique et avoir des envies de tout foutre en l'air sous cette forme tant qu'il y aura cette caste de cumulards, une assemblée qui est loin d'etre représentative et proportionnelle à ce qui se passe dans la vie quotidienne. Oui, il y a cette envie et celle de ne plus jouer le jeu avec toujours les mêmes résultats, les mêmes promesses et les mêmes paroles d'impuissance au final.

Si changement il doit y avoir, ce sont d'abord les institutions qu'il faudra changer et cela par une crise ...institutionnelle. Celle-ci peut venir par une révolution pacifique qui passerait par le BOYCOTT du vote afin que les élu-e-s ne soient plus légitimes au sens où ils ne récolteraient que très, très peu de voix.

J'ai déjà développé cette forme d'action de boycott  dans une chronique précédente et le ferais encore dans les mois qui suivent.
Un BOYCOTT peut être actif et avoir du sens. Il faut y réfléchir plutot que de se précipiter dans des extrêmes qui, une fois aux affaires, sont comme les autres au bout de quelques mois - regardez les villes gérées par eux.





Reprenons le pouvoir, du pouvoir partout, localement, régionalement, nationalement,  afin de participer aux décisions collectives qui régulent notre vie quotidienne. Arrêtons de nous plaindre et reprenons l'action, les rênes de notre vie.

Nous sommes plus puissant-e-s que nous croyons.

Nous avons la vie, une vie, ne l'aliénons pas, restons maitre de nos décisions, courageux, vivants, et libre penseurs.

“Seul, on va vite ; ensemble, on va loin.”

Notre vie n'est pas à vendre, nous avons des biens communs à défendre.





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* PP :  comme Personnel Politique ou Primaire Présidentielle!


     Les dessins sont de Pat Thiébaut (67-Still)    www.lagitedulocal.com

vendredi 12 août 2016

Qu'y a-t-il derrière les chataignes, les cochons noirs, la coppa. ?

 Ah, les Corses ! Que n'entend-on pas comme blagues sur les Corses ! Que n'entend-on pas sur les explosions de maisons en Corse ! Que n'entend-on pas sur le machisme, la mafia corse ! Bref, quand on prononce le mot “Corse”, tous les clichés reviennent sur le tapis. Mais quand on a des ami-e-s corses, qu'on y est déjà allé plusieurs fois, on voit les choses bien différemment.

                 La Corse, une destination de vacances de mer ?

Bien sûr, l'été, la population en Corse est multipliée par 10, les prix augmentent sans forcément redescendre en septembre, les routes sont surchargées et on roule au ralenti, les bords de mer sont envahis...L'ile de Beauté mérite bien son titre car c'est une pure merveille que cette montagne dans la mer. Et toutes les personnes qui y ont fait un séjour sont unanimes sur ce point : c'est beau !

                                            le village de LAMA , au-dessus de l'Ile Rousse

Mais, pour que cela soit préservé et que y vivre soit ...vivable, il faut se battre, innover, aider...Jusqu'à présent, la Corse était mise sous perfusion, de façon intentionnelle pourrais-je même dire, tant la France veut garder l'île dans son giron. Mais cela veut aussi dire que les subventions agricoles n'arrivent pas, que le développement des énergies n'est pas incité, que le littoral subit des assauts urbanistiques permanents... On peut critiquer tant qu'on veut indépendantistes et autonomistes, mais sans eux, le pourtour de la Corse serait une immense marina avec ses riches villas (privées) qui envahiraient toute la côte pour une occupation estivale minime en défigurant les magnifiques paysages comme on peut le voir sur la Côte d'Azur ou en Espagne...
Les Corses sont avant tout des montagnards et tous les dangers pour eux viennent de la mer.




                                      Une région autonome

Aujourd'hui, les indépendantistes-autonomistes ont gagné les dernières élections régionales et après de longues années de batailles politiques, ils sont enfin “aux affaires”. Ceci a été marqué dès leur arrivée au pouvoir par des discours et prises de parole en ...corse. Cela a fortement choqué le gouvernement français très attaché au centralisme hexagonal et la langue unique de la Nation. Mais, comme dit si justement Ghjussepu Maestracci de Ava Basta : “ Si la République s'était appuyée sur les langues régionales, on aurait trouvé les mots pour dire “parking” ou “week-end” !”
Cela fait réfléchir. Voilà en tout cas, une “région” de France qui revendique pleinement son ancrage, sa culture et ses ambitions : pouvoir vivre et travailler au pays en le préservant et en le développant selon ses propres critères et sa propre culture. Lisez Paoli et sa constitution, combien la femme était le pilier et reconnue par le droit de vote bien avant que les moeurs évoluent “sur le continent”. Un précurseur, un exemple...
Et pour clore sur ce sujet de l'autonomisme-indépendantisme corse, sachez que leurs combats n'ont fait aucun mort (pour être honnête, la seule mort qu'ils ne digèrent pas est l'affaire de l'assassinat du Préfet Erignac, aujourd'hui toujours pas élucidée) ; les seuls dégats ont été matériels et bien ciblés.


Tallamoni et Simeoni, les nouveaux "dirigeants politiques " de la Corse


En Corse, il y a la possibilité d'avoir une agriculture à l'intérieur des terres, mais les subventions quand elles sont promises pour l'aide au développement n'arrivent pas ou très, très tardivement et rien ne peut être viable à ce jeu pervers où la France exerce une sorte de chantage de dépendance.
Concernant l'énergie, en Corse, il y a du soleil, du vent et de l'eau qui coule des montagnes. Ces trois facteurs déterminants pourraient permettre une certaine autonomie énergétique, mais rien n'est fait pour les développer.

Dans ce souci de reprise en main de leur destin, le nouveau gouvernement régional fait des efforts accrus depuis quelques mois et lance des perspectives, des initiatives, avec un projet clair et localisé afin de redynamiser la Corse en mettant en avant ses potentialités et permettre aux jeunes de rester et vivre sur l'ile.


C'est dans cette optique aussi que je suis tout particulièrement la problématique des déchets puisque dans la période où j'étais délégué au sein de la Communauté de Communes de Guebwiller, j'avais largement initié et contribué à un changement de politique sur ce sujet. Aujourd'hui, c'est Jacques Muller, ancien sénateur avec lequel j'ai travaillé trois ans qui a été contacté pour faire partager notre expérience et expertise auprès d'associations corses.




                  “Si tu tries, t'as tout compris”
 
C'est le slogan de l'association “Zéro Frazu” dont la portUne région autonomee-parole, Colette Castagnoli est une active militante. Les déchets ménagers sont enfouis à 92% en Corse. A titre de comparaison, à certains endroits de France ou d'Italie, il ne reste plus que 20 à 30 % de déchets enfouis. Le tonnage est important et donc il faut trouver d'autres solutions pour ne pas faire de l'ile très rapidement une gigantesque poubelle. En juin 2015, une des plus grandes décharges de l'ile, celle de Tallone (au sud de Bastia) ferme. Il reste cependant d'autres CET (Centre d'Enfouissement Technique) à Vico (au nord d'Ajaccio), à Prunelli di Fiumorbo et à Viggianello. Mais ils saturent également.
Bien sur, le Syvadec (SYndicat de Valorisation des Dechets de Corse) qui les gère a proposé d'autres solutions : un incinérateur (largement combattu et abandonné), une unité de tri bio-mécanique (largement contesté et refusé selon la loi littoral).
C'est avec cet historique et dans ce contexte que l'Office de l'Environnement Corse (OEC) publie le 27 mai 2016 des nouvelles orientations stratégiques (2016-2020) avec des plans d'actions qui mettent en avant les techniques de tri, la collecte au porte à porte et la tarification incitative. L'idée est  de réduire tous les déchets ménagers à la source et de valoriser au maximum tout ce qui est recyclable et compostable. Bien sûr, il y a des résistances à cette nouvelle politique. Le tri à la source et la valorisation font diminuer de suite les volumes à traiter avec des conséquences pour les opérateurs : moins de transports et des tarifs à la baisse dans les centres de traitement des OMR (Ordures Ménagères Résiduelles). Mais le nouveau gouvernement régional corse a clairement défini sa ligne. Il faut dire que des exemples de compostage, tri, recyclage à 80% existent déjà en Corse à Aghione (au nord de l'ile) et à Girolata.


                                     la Corse, non-violente


On est donc loin de l'image d'indépendantistes-autonomistes assimilés longtemps à du terrorisme armé et c'est même un activiste non-violent qui oeuvre beaucoup pour changer sa région, son île, son pays. C'est en effet Jean-François Bernardini (chanteur du groupe I Muvrini) qui a contacté Jacques Muller, mais aussi des représentants italiens sur ce sujet des déchets, et il agit également sur d'autres problématiques.
C'est une figure incontournable de Corse, respecté et écouté, cohérent dans ses engagements et dans sa vie.



Oui, j'aime la Corse. Oui, j'ai toujours défendu ces combattants dit indépendantistes-autonomistes, en fait des régionalistes responsables et qui ont une démarche, des moyens d'action et un discours bien différents de nos régionalistes alsaciens, ou autres.

                     La Corse, un exemple et un précurseur

 
On parle peu du changement politique en Corse et pour cause. Il pourrait devenir très vite un exemple pour celles et ceux qui sont pour une "Europe des Régions" avec des régions à gestion autonome et libres d'interagir avec ses voisins et d'autres régions sans passer par le diktat pyramidale du centralisme français. Mais pour cela, il faudra changer nos institutions vers une 6 ième République avec une représentation proportionnelle et paritaire, sans cumul et à mandat de durée limitée à 2 et surtout avec des régions plus autonomes dans une sorte de système fédéral comme dans pas mal de pays au monde.

La Corse est donc un bel exemple de changements de gouvernance et précurseur comme l'était Pasquale de Paoli en son temps avec sa République Corse (1755-1769) et sa Constitution.

vendredi 29 juillet 2016

TRISTESSE et EXASPERATION

Depuis des mois maintenant, les crimes, les massacres se succèdent sur notre sol (et ailleurs) au nom d'une guerre qui s'affiche religieuse, mais qui n'est rien de cela ! Cette duplicité est aujourd'hui évidente, tant les meurtres touchent tout le monde. A partir du moment où on vit dans le monde “occidental”, on est un mécréant qu'il faut éradiquer. Mais c'est la même chose en Afrique, au Moyen Orient, …
Le captage des richesses (ressources naturelles/pétrole, …) sous couvert d'un Etat à créer est devenu une évidence. Et pour empêcher tout anéantissement, on se sert des populations civiles comme bouclier humain tout en semant la terreur dans le monde entier “grâce” à des combattants suicidaires recrutés et fanatisés sur internet. 




Cette guerre déclarée depuis quelques années devient une réalité à partir du moment où elle touche notre territoire à l'intérieur. Tant qu'elle se passait ailleurs, on regardait cela à la télé le soir sans grande émotion, il faut se l'avouer sans honte.
Revenir sur la décision présidentielle de participer à cette guerre-sans débat parlementaire-ne fera pas avancer les choses, mais il faut se souvenir malgré tout de la question : pourquoi sommes-nous en guerre au Mali, au Niger, en Irak, en Syrie, en Libye, en ….?
Et puis, pour se détourner un peu de cette question (car si on approfondit, on risque de voir les choses un peu différemment), on instrumentalise tout ce qui peut servir les “intérêts “ électoraux des un-e-s et des autres à grands coups de gueule, de mensonges éhontés, de retournement de veste et de stigmatisation de certaines populations, de certaines personnes ciblées car elles sont des repoussoirs pour augmenter le nombre de ses futur-e-s électeurs/électrices.

Ce qu'on entend autour de soi n'est pas fait pour rassurer quand on est aux lendemains de ces massacres sauvages et aveugles avec la tristesse, la peur engendrées. On est bien loin de la cohésion sociale, nationale, du resserrement des liens de confiance. Bien au contraire, l'exaspération prend des airs de racisme, d'exclusion globale, réveille les pires souvenirs de temps passés, pas si lointains.
Chacun-e y va de ses solutions radicales … après coup, car pour trouver des solutions, des pistes d'actions préventives, celles qui sont proposées, offrent des dérives dangereuses pour toutes les libertés individuelles dans un monde civilisé.
Que des individus clairement identifiés comme potentiellement dangereux se balladent parmi nous ne rassure aucunement. Mais emprisonner toute personne qui a des idées divergentes n'est pas non plus une solution applicable : on a vu ce que cela pouvait donner lors des manifestations récentes contre la loi travail ou le projet d'aéroport où on pouvait assigner à résidence ou mettre en garde à vue préventive de simples militant-e-s qui avaient émis des avis autres (des écologistes par exemple). C'est quand meme un peu différent des cas des personnes fanatisées repérées par leur entourage qui se tait car “on n'est pas des balances et c'était un pote du quartier, non ? Mais on ne pensait pas qu'il passerait aux actes. “


De même, faire l'amalgame entre religion musulmane et tueurs forcenés est un non-sens car parmi les victimes innocentes, aucune distinction n'est faite ni ici ni ailleurs. Ces meurtriers auront la gloire posthume des médias qui citeront leurs noms (jamais ou rarement celui des nombreuses victimes) et fanatisés, s'imaginent la rédemption divine des martyrs !!!
On voit, on entend des parents démunis. Cela fait quand même un bon moment que pas mal de parents ont démissionné de leur rôle éducatif. De même, les éducateurs de rue, les policiers de proximité, les lieux de culture (bibliothèque, spectacles vivants, …) se sont amoindris par manque de moyens (de “rentabilité”, de “priorités”, de …), certains diront d'efficacité pour se déculpabiliser.


                            
Cette illustration peut paraitre inapropriée pour cette chronique. Mais le feu (“première” énergie) a initié les armes pour garder le pouvoir et se sédantariser.     Pétrole, pouvoir, territoire...


De solution miracle, il n'y en a sûrement pas. J'entends bien les harangues de certains politiciens qui disent que “l'exécutif doit prendre toutes les mesures” ce qui veut dire instaurer un état militarisé ou policier avec tous les excès et dérives possibles. Si on peut s'interroger sur les droits équitables (comme pour tous les citoyens)  octroyés à ces meurtriers fanatisés, il ne faut pas pour autant se laisser aller à l'arbitraire.

Qu'est-ce qui a fait que notre pays soit entré en guerre sur ces territoires ? Qu'est-ce qui se passerait si on se retirait de tous ces fronts ? Que se passerait-il si tout ce budget de guerre était investi dans des projets autres, économiques, sociaux ?

Etre un des premiers fabricants et vendeurs d'armes de guerre n'a t-il pas des conséquences collatérales par rapport à ces marchés et contrats conclus (Pakistan ?) ?
Focalisés sur toute cette atrocité sanglante, on n'a plus la lucidité pour voir avec du recul et on se laisse envahir par les émotions légitimes, la peur omniprésente, les solutions radicales sans discernement, un racisme primaire inconsidéré.

Le premier objectif de Daech de déstabiliser les états impliqués dans la guerre est largement atteint depuis un moment. Arriver à faire éclater la société, le pouvoir en place et l'image que cela en donne ne sont que les prémisses d'un chaos recherché et certains partis politiques plongent en espérant arriver à en retirer un “bénéfice” rapide...qui ne règlera en rien la situation actuelle. Même le président en place assène le discours de se rassembler, de garder toute la cohérence nationale entière, mais on y sent aussi une arrière-pensée stratégique pour conserver sa place “grâce” à ce contexte douloureux. Quand à ses successeurs possibles, ils surenchérissent dans la critique et ce qu'il faudrait faire alors qu'ils-elles étaient tous-toutes déjà aux affaires dans un des gouvernements successifs et on se souvient du décalage entre les mots et les actes.

                     


Alors oui, la tristesse est grande, la peine aussi car nous ne pouvons qu'avoir de la compassion envers ces centaines de victimes innocentes assassinées au nom d'une guerre (qui prend la religion en otage) dont les objectifs sont occultés mais bien présents. L'exaspération arrive à son comble par la  répétition des actes barbares, leur mode opératoire et les noms arabes des assassins fanatisés sur internet.

Des constats, un peu de réflexion pour garder la tête claire, mais pas de solution miracle. Je dirai bien : retirons-nous de ces guerres car qu'avons-nous à y faire, à y gagner ? Consacrons ces sommes énormes d'argent investies en armes et en combats pour reconstruire l'espoir dans notre pays en créant de l'emploi dans des secteurs d'avenir non-délocalisables et durables, en dynamisant les zônes de désespérance, dans l'éducation, dans la culture, dans la formation, dans ...

Je sais et j'entends déjà mon entourage me dire de “descendre de mon nuage”, mais est-ce être sur un nuage que de ne pas accepter les choses dans l'état et de ne pas préconiser des solutions tout aussi guerrières ?

mercredi 20 juillet 2016

OU EST PASSEE NOTRE PART D'HUMANITE ?

Argent public ...et terrorisme !
 
Difficile de mettre en parrallèle ces deux mots et pourtant un lien existe peut-être. Admettons (c'est une hypothèse) qu'en France, il y ait le plein emploi (ou quasi - comme c'était le cas dans les années 1970). Plein emploi, pas de chômage et chacun-e peut construire sa vie personnelle sans trop de craintes. Dans ce cas de figure, pensez-vous qu'on en serait là ?
Honnêtement, posez-vous la question.
Et dans le cas d'une réponse négative, la question suivante sera : qu'est-ce qui a changé en 40 ans ?


dessin de Wolinski (Charlie Hebdo), abattu en janvier 2015



Chacun-e trouvera de multiples réponses en fonction de ses souvenirs ou de ce qu'il-elle a entendu. On pourra ainsi mesurer l'accélération du temps politique et économique, combien la “mondialisation”, la captation des ressources naturelles, la centralisation des pouvoirs économique et ...politique ont complètement changé le fonctionnement du monde dans une optique de “libéralisation” aux objectifs purement capitalistes, financiers de produire de la plus-value, de l'argent numérisé qui enrichit les oligarchies des actionnaires.
Cette façon de (dé)construire le monde est aussi une façon de déshumaniser les personnes qui ne sont plus que des pions utilisables à souhait : une précarisation qui est en fait de l'esclavage “moderne !!!”. Quand il n'y a plus guère d'espoir pour améliorer ses conditions de vie, quand la peur du lendemain est omniprésente, toutes les dérives sont possibles.
Attention, je ne cherche pas là à excuser d'une quelconque façon le terrorisme meurtrier et aveugle, mais il a évolué radicalement. Entre Carlos, la Bande à Baader, les Brigades Rouges, Action Directe et le terrorisme fanatique d'aujourd'hui, le visage et les cibles de cette violence criminelle ont bien changé.

Pourquoi lier d'une certaine façon cela à l'argent public ?
 
L'argent public (nos impôts et taxes diverses) est censé servir à apporter des services publics à la population en la sortant du cadre de la sphère commerciale. Or les services publics sont menacés de plus en plus depuis des années et de plus en plus privatisés pour devenir des secteurs rentables pour les seuls actionnaires. On parle là aussi bien des secteurs de l'éducation, de la santé, des transports, etc...Et cela avec la complicité des pouvoirs politiques de droite comme de gauche et sous les ordres de la Commission Européenne néo-libérale (dont les membres n'ont aucune légitimité d'élu-e-s).






Prenons l'exemple du CICE (Crédit d'Impot pour la Compétivité et l'Emploi)

L'Etat verse aux entreprises de l'argent public afin de ...relancer l'économie (de marché), sans distinction, sans justification, sans contrepartie, sur simple demande et depuis... 2012. De 2013 à aujourd'hui, cela représente en moins de trois ans, 48 MILLIARDS d'€. A l'époque, Pierre Gattaz, président du syndicat des patrons (MEDEF) avait “promis” la création de 1 million d'emplois. Au plus, cela a ...sauvegardé 140 000 emplois selon des calculs statistiques croisés. Ce ne sont même pas les PME, l'industrie ou les start-up innovantes à qui ça a profité pour donner un coup de pouce, mais ce sont le commerce, la grande distribution, les grandes entreprises qui captent la majorité des aides, elles qui ont déjà bénéficié d'autres aides en compensation des 35heures, le crédit impôt recherche et des allègements divers. La Commission Européenne applaudit des deux mains cette manne financière publique qui permet, selon elle, “d'abaisser le coût du travail en France” !!!
Pour avoir un impact sur l'emploi, il faudrait conditionner ces aides, mieux les cibler, bref avoir une vraie politique publique budgétaire.
Et des déperditions d'argent public, il y en a à tous les niveaux : municipal, intercommunal, départemental, régional, national. Tout le monde peut citer des exemples selon où il-elle habite.

Moins d'argent public pour tous, moins de services publics, moins d'emplois, plus de désespérance, plus de peurs des lendemains, plus de luttes pour même survivre. Et puis l'étalement de la richesse en face, décomplexée et en plus usurpée dans des paradis fiscaux, des “Panama Papers” et autres scandales financiers (que l'argent public va éponger !).

Tout cela crée de la violence, des tensions palpables partout, le rejet de LA faute sur les autres et des comportements hystériques démesurés au nom de quelques principes soit-disant salvateurs, purificateurs censés déresponsabiliser. Mais rien ne peut justifier un quelconque acte aveugle et meurtrier tuant des centaines d'innocent-e-s.




Responsable, mais pas coupable


Mais, et je le répète souvent, nous avons toutes et tous une part de responsabilité, chacun-e à son niveau soit en laissant filer soit en faisant l'aveugle (ou/et le/la sourd-e) soit en votant les atiseurs des mèches de la violence et du rejet, soit en pointant le doigt trop bas pour toucher les vrais responsables, soit en …. Chacun-e peut se poser les questions.

Pour ma part, tous ces phénomènes, ces attentats, ces déferlements mortifères ne viennent pas de nulle part comme une génération spontanée, mais sont les signes accablants d'une société qui se délite, d'une démocratie mise à terre, de pouvoirs politiques complétement décrédibilisés et complices, d'une économie misée sur la seule plus-value de produits éphémères et la captation rentable des sources d'énergie naturelles en diminution irréversible.


Collectif et humain avant tout

Des solutions, je ne sais pas qui en a pour l'immédiat, mais des pistes de réflexion existent, des constats accablants aussi, une façon d'être et d'agir sont possibles, mais qui va les porter  ?

On ne peut plus croire et suivre des hommes-femmes “providentiel-le-s” qui changeraient les choses. On a trop entendu des promesses et vu combien elles étaient bafouées aussitôt, aussi il n'y a que l'espoir de pouvoir évoluer collectivement au sein des communautés villageoises ou des réseaux plus informels, ponctuels. Ce sentiment qu'ensemble,- en dehors des structures politiques, des ensembles économiques et financiers -, il y a des champs du possible, ce sentiment existe et commence à s'affirmer, car il représente de l'espoir et ouvre des perspectives nouvelles pour ceux et celles qui veulent bien aller jeter un oeil de ce coté-là... Et cela se fera au-delà des partis, des  religions, car on y retrouve l'humain, cette part de nous-mêmes qui s'est peut-être perdue en route quelque part et qu'il faudra bien retrouver, pour SE retrouver.

mercredi 13 juillet 2016

JE NE VEUX PAS D'UNE VIE DE RICHE, MAIS UNE VIE RICHE !



Beaucoup pensent qu'il faut beaucoup d'argent pour pouvoir s'offrir ce qu'on veut et vivre dans le confort et ...la sécurité. Ce qui serait la clef du bonheur terrestre. 
Personnellement , je ne pense pas que la possession de biens matériels en nombre soit la seule entrée au bonheur. Il y a le VI(E)TAL et le superflu-plaisir ! Un toit, se nourrir, s'habiller, se chauffer, se déplacer, pouvoir élever, éduquer ses enfants, …
Pour bien gagner sa vie (il faut entendre par là : avoir un “bon” salaire, des revenus “suffisants”,... ) chacun-e choisit ses stratégies, un corps de métier qui “rapporte”, ses réseaux de connaissance dans les milieux “intéressants” pour les affaires, ...



Je connais personnellement et amicalement des “entrepreneurs” et qu'il ne faut pas confondre avec ces patrons d'entreprise qui emmagasinent des millions distribués aux actionnaires et qui planquent leurs gains dans les paradis fiscaux ou des produits défiscalisés, qui perçoivent les aides d'Etat mais qui n'embauchent personne et qui râlent en permanence du poids des taxes qui les prend à la gorge !!!!!



Je parle moi de ces hommes et femmes qui ont décidé de ne pas travailler pour un patron, mais de créer leur propre entreprise et d'arriver à en vivre sans dépendre de personne. Et pour ceux-là, celles-là, c'est le grand huit avec des hauts et des bas, des angoisses, des doutes, des questionnements perpétuels pour maintenir l'entreprise, l'activité.
Ceux que je connais sont dans différents secteurs d'activité du commerce aux services et ils ont tous embauchés très vite. Ils savent d'où ils viennent, le chemin qu'ils ont parcourus, souvent seuls sans aides, avec des banques frileuses qui ne voulaient pas les aider vraiment et l'Etat qui prélevait ses taxes et les charges sociales sans distinction ou délais.
Un des problèmes principaux de ces patron-ne-s, c'est la hauteur, le montant des charges sociales en proportion du salaire. Et nous touchons là un point crucial qui souvent empêche toute embauche dans ces commerces, PME-PMI qui en auraient bien besoin parfois.
Les charges sociales sont basées sur les personnes et non sur les bénéfices des entreprises ce qui est complètement injuste et bloque toute expansion qui pourrait être bénéfique pour l'emploi.
En effet, une entreprise qui est automatisée, robotisée va dégager des beaux bénéfices (les actionnaires sont contents) et ne va payer que très peu à l'Etat en charges sociales. Une entreprise qui a besoin de main d'oeuvre (artisans, commerce, services, …) va payer un maximum en charges sociales à l'Etat (équivalent presque du salaire versé à l'employé) et donc toute embauche coûte le double au détriment de l'évolution de l'entreprise qui a besoin d'un budget important et souvent avec des bénéfices moindres. Ce jonglage perpétuel (avec des banques qui jouent le “prudence” en permanence) ne permet pas la démultiplication de ce type d'entreprises qui pourtant seraient très utiles au pays. Un million de PME-PMI-artisans-commerces qui pourraient embaucher UNE personne cela ferait déjà un million de chômeurs en moins.
Mais les gouvernements successifs de droite et de gauche n'ont jamais voulu revoir la fiscalité des entreprises , les charges sur les personnes. Et pourtant, il suffirait d'une décision POLITIQUE pour que ça change.

Les discours, les belles paroles, les promesses avant les élections et les décisions prises ou non après, ne sont plus crédibles après ces années de gouvernements successifs qui mènent la même politique économique au profit de la même caste et au détriment d'un vrai partage des richesses créees aussi bien par les entrepreneurs innovants que par leurs employés qui mettent en oeuvre.




Aussi quand on voit la campagne électorale présidentielle qui démarre avec des ministres (de l'économie-banquier d'affaires), des candidat-e-s qui sortent tous du même moule des “grandes” écoles de technocrates et de la finance, on ne se fait plus guère d'illusions pour que ça change par ce biais. Aussi la question peut bien se poser jusqu'à quel point on continue à cautionner ce système et donc en être complice tout en le critiquant.
Au bout d'un moment, il faut aussi être cohérent.
On ne peut pas être le pays parmi les premiers fabricants et vendeurs d'armes, être en guerre sur plusieurs fronts et ne pas en subir les conséquences, les effets collatéraux meurtriers, sanglants sur son territoire.
On ne peut pas continuer à voter pour cette caste (et elle est dans tous les partis) tout en espérant un changement en profondeur de la politique économique (et financière) et de l'exercice de la démocratie et du pouvoir.
Pour moi, le choix est clair : je ne veux plus participer à perpétuer ce système, cette caste de cumulards et de politiciens carrièristes. En 2017, je BOYCOTTE LE VOTE. Si 10 à 15% de personnes qui votent habituellement comme moi, s'abstiennent (en faisant savoir haut et fort pourquoi dans un mouvement de boycott généralisé), alors le taux sera tellement élevé que le résultat des votes n'aura plus de sens, plus de légitimité et cela créera une crise institutionnelle.

Il faut être clair dans les critiques de classe, il faut être cohérent avec ce que l'on pense, il faut chercher des options qui peuvent faire évoluer les choses, il faut éviter de mettre tout le monde dans le même sac tout en pointant les responsabilités de chacun-e à sa mesure.

Et chacun-e fera ses choix, argumentés ou viscéraux...

Je ne veux pas d'une vie de riche, mais une vie riche.




mardi 28 juin 2016

Privilégié, moi ?

C'est vrai que quand on est détaché des obligations professionnelles qui nous aident à “gagner” notre vie ou plutôt qui nous permettent d'avoir de l'argent pour avoir un toit, se nourrir, se vêtir, se déplacer ;  bref quand on a un certain âge et qu'on a tout, matériellement, on est réellement libre et on peut vivre au jour le jour de façon pleine et heureuse.
Mais est-ce que le détachement matériel suffit à une plénitude de bonheur ?  




Ce qui apporte aussi le surplus de bonheur c'est de vivre avec une personne avec qui on partage les idées, les convictions profondes, un certain art de vivre. Peut-être même avec qui on a fait et élevé un ou plusieurs enfants, avec lequel-lesquels on se sent bien. Et même peut-être encore plus, qui vous ont donné des petits-fils ou petites-filles avec lesquel-le-s il est si agréable de se retrouver à trois générations et avec lesquel-le-s on peut discuter, échanger librement, sans pudeur et sans gène.
Est-ce si rare ?
Probablement. Et pourtant c'est un peu ce que l'on souhaite toutes et tous, non ? D'arriver dans ce temps de vie (de la “retraite”) où ces conditions sont réunies, avec la santé en plus !
On pourrait alors se contenter pleinement de ce bonheur, de ces moments de vie.

Mais on a aussi une sorte de “devoir” de partage, de transmission, d'échange de savoirs et je crois que cela aussi est très important. C'est pour cela que nous nous devons de parler beaucoup, de donner nos avis, de partager nos expériences, nos savoirs-faire, de ne pas se taire et se terrer, mais bien de transmettre, de donner.

Ce n'est pas donné à tout le monde et donc je devrai me sentir “privilégié” et même avoir honte d'affirmer cette légèreté. Je devrai me laisser traiter de bourgeois, de nanti, de ...Mais il faut alors rappeler un certain nombre de choses qui montrent que ce que l'on croit aujourd'hui (par l'apparence) est bien lié à la décrépitude d'une certaine façon de tout un tissu social de ce pays en peu de temps.



Je suis né après-guerre (la deuxième guerre mondiale, six ans après la libération du pays). J'ai fait l'école primaire, mon certificat d'études, puis les classes d'orientation, le petit lycée et j'ai fait le concours d'entrée à l'école normale après la 3ème. Mes parents, ouvriers avec cinq enfants, ne pouvaient pas nous payer les études supérieures et même le lycée occasionnait pas mal de frais. Donc, j'ai fait l'Ecole Normale d'Instituteurs, interne et boursier de l'Etat. En contrepartie, on signait un contrat de travail où on s'engageait à enseigner au moins dix ans pour l'Etat.
Ma vie a été donc essentiellement basée sur mon métier d'enseignant avec les parenthèses des vacances scolaires. Ces vacances étaient souvent consacrées aux voyages qui apportaient aussi matière à intégrer de nouvelles choses dans mon enseignement.
Bref, instituteur au départ, ça ne gagnait pas grand chose, mais il y avait la “sécurité” de l'emploi “à vie” et l'assurance d'une retraite de fonctionnaire d'Etat. Et les salaires n'augmentaient guère, pas de primes, pas de treizième mois, pas de véhicule de service, pas de ...Un “ouvrier spécialisé” gagnait bien plus que nous autres, enseignants et on n'était guère considéré lors du boum économique.
Et puis les temps ont changé, la financiarisation, la mondialisation, le capitalisme, le rognement des acquis sociaux, des conditions de travail de plus en plus dures, un chomage en augmentation permanente et la précarisation des contrats, la réduction des aides, la libéralisation dans tous les secteurs, l'augmentation du temps de travail et la réduction des taux des “retraites”...
Du coup, sans que pour nous rien n'ait changé, on se retrouve un peu plus “privilégiés” par comparaison au monde qui a changé. Mais pour nous, c'est juste que... rien n'a bougé !
Aussi , je ne me sens rien de tout cela : ni privilégié, ni bourgeois, ni nanti, ni bobo, ni coco, ni ….

Je mesure par contre pleinement le bonheur que je vis au quotidien et ce qui devrait être la norme minimale est aujourd'hui montrée du doigt. Mais c'est puisque on a PEUR de pointer le doigt plus haut, envers les responsables de la dégradation générale des conditions de vie. On a peur de désigner celles et ceux qui nous ont amené là ; on a peur que ça empire encore et alors, on leur laisse la place, le pouvoir, l'argent, on accepte les dérives, les abus, les répétitions, les cumuls, la captation des richesses, la démolition du tissu social et de notre environnement ...Quand on a peur on laisse faire, on se tait, on se plie...




Alors, c'est bien à nous qui avons passé à travers les filets des crises à répétition, qui sommes trop vieux pour être encore des enjeux socio-économiques, c'est bien à nous de parler haut et fort, de partager nos cheminements et de dire que tout cela n'est pas irrémédiable, que les changements viennent de minorités agissantes, que ce qu'on ne voit pas existe quand même et sera bien visible un jour ;  que le destin, l'avenir qu'on veut nous dessiner n'est pas le seul choix de vie possible, qu'il y a d'autres routes, d'autres horizons, d'autres personnes avec qui construire, inventer, voyager...que nous avons goûté, aimé, construit, crée, partagé...

Donc, oui , j'ai ma “famille” , celle réduite des liens du “sang”, mais aussi ma famille élargie à celles et ceux qui partagent des valeurs communes et humanistes, avec qui on a partagé et avec qui on partage encore des tranches de vie qui sont autant de retrouvailles comme si on ne s'était jamais séparés. Et aussi la “famille universelle” des femmes et hommes qui vivent sur cette planête et avec qui, d'une façon ou d'une autre, nous partageons un avenir commun, lié...

Je sais bien combien je me fais traiter d'idéaliste, de rêveur éclairé, d'optimiste invétéré, mais moi je ne me sens rien de tout cela, je suis juste moi, être humain, aterri sur cette planête à un moment donné, qui est de passage pendant une certaine durée et il faut bien relier tout ce qui m'est arrivé pour y voir du sens, un certain sens.
Plus le temps passe, avec l'âge et la mémoire encore bien vive, j'y vois encore plus de sens chaque jour, les choses deviennent si claires quand on lâche prise, quand on capte les signes, les clins d'oeil de la “vie”, qu'on se laisse aller avec ce que nous dicte le coeur que ce soit les attitudes, les actions ou les mots.

Mais bon, chacun-e fait son cheminement et chaque histoire est différente et c'est pour cela que c'est riche d'échanger, de partager.


Et là, on est loin, très loin de l'affrontement, du rejet, de la haine...
Privilégié, sûrement pas. Mais riche de mes expériences de vie, de mes apprentissages, de mes interrogations, de mes réflexions, et enthousiaste de les partager car c'est dans le partage qu'on se révèle.

Bel été à toutes et à tous !