mardi 20 septembre 2016

LA VALSE DES MARIONNETTES

Il y a pléthore de candidat-e-s à viser le poste de « big chief of France », mais les projets ils sont où ?
Je sais bien que chacun-e va y aller de ses propositions qui vont changer les choses. Pas vrai ? On a droit déjà aux annonces quotidiennes du revenant revanchard qui drague l’extrême-droite et veut retrouver une immunité face aux affaires en cours (et qui passeront au tribunal après le printemps prochain). On a droit à l’idéologie classique d’enfermement et de rejet d’une Marine au sourire médiatique figé (au nom du peuple, patriote). On a droit aux promesses sans lendemains d’un parti qui a renié les valeurs de la gauche et qui veut incarner la Belle Alliance Populaire, à ….
Chacun-e essaie d’incarner l’homme-la femme « providenciel-le ». Mais, et sans revenir très loin en arrière, il suffit d’en rester aux alternances de ce début du vingt-et-unième siècle pour bien avoir cette impression globale que le changement ne viendra pas des personnes, mais bien d’une évolution des institutions et des initiatives citoyennes, locales, collective et en réseaux. Cette période électorale ressemble à une immense scène de théâtre dont le spectacle vaudevillesque ne peut que nous lasser.
Et d’ailleurs, où est passé la démocratie au sens où nous avons encore l’impression de participer, d’être écouté ?  Et où sommes-nous dans ce marché mondialisé où notre vie n’est plus qu’un pion destiné à être pompé, pressé et appelé à consommer de l’inutile et de l’éphémère dans une course vers un mur et où il n’y a rien derrière.

                        

J’ai lu un résumé dernièrement d’une étude qui portait sur 1200 grosses entreprises mondiales et les dividendes versés ( à leurs actionnaires). Les entreprises françaises du CAC 40 (côtées en Bourse) ont fait 40 milliards € de profits (+4 à +7%). Sur les six premiers mois de cette année, l’augmentation est de 11,2 % en France (de 4,1 % en Europe) pour un montant de 35 milliards €. On peut arrêter les chiffres. Cependant, cette prospérité financière ne profite qu’à une petite caste et on a bien compris que « les impasses productivistes et libérales menacent notre système qui ne cesse d’accroître les inégalités ». Alors ?

Alors, il serait temps de remettre du débat (nuit debout) à l’agenda politico-médiatique. Pourtant, les gens ne manquent pas d’idées où le social et l’écologie sont prédominants.


                     



Quelques pistes


Nous sommes soumis aux médias de propagande qui immiscent en nous un sentiment profond de peur, de précarité, qui nous replie sur nous et nous fait rejeter l’autre. Le sommet a été atteint par cette initiative de déchéance de nationalité. On ne pouvait pas faire mieux pour semer la discorde dans un tissu social déjà fragile. Et puis, certain-e-s ne se sont pas gené-e-s pour rajouter là dessus des immondices de communautarisme et d’islamisation générale. Bâtir des murs au lieu de construire des ponts. Nous vivons dans une République qu’il faut rhabiller de sens. Dans ce pays démocratique de libertés, il est temps de rappeler nos valeurs communes humanistes des Lumières qui font qu’on aime ce pays où nous vivons et d’où qu’on soit. C’est une bataille quotidienne de la pensée contre la peur et nous sommes nombreux-ses à partager ces valeurs et ce qu’elles nous apportent : éducation, soins, liberté de penser, ...Quand on se sent bien quelque part, quand on est bien accueilli, il n’y a plus de raisons de vouloir détruire, tuer. Ce sont l’enfermement, le rejet qui sont les ferments de la violence.

La crise provoquée par les banques à travers les subprimes (l’endettement massif à des taux élevés) a déclenché une précarité et une crise économique qui touchent une part importante de la population à des degrés divers. Le chômage massif a permis de casser les lois du travail pour moderniser l’outil industriel !!! Les 35 heures qui devaient le résorber en partie n’a fait que apporter une charge supplémentaire de travail sans créer beaucoup d’emplois. Les entreprises ne jouent le jeu que forcées et ceux qui veulent et pourraient embaucher (PME, artisans) sont soumis à des charges sociales basées sur le nombre de personnes et non proportionnellement sur les bénéfices de l’entreprise.
Il n’y a que le passage aux 32 heures (réclamé par Les Verts depuis toujours) qui seront une vraie avancée sociale et ...économique. Cela imposera de fait l’embauche nécessaire et permettra d’avoir une autre qualité de vie avec une semaine professionnelle de 4 jours et familiale et de loisirs de 3 jours. Cela peut être mis en place de façon souple avec des possibilités de lissage à l’année. On pourra y ajouter des périodes de congé sabbatique (6 mois tous les 5 ans ou 1 an tous les 10 ans ou encore un départ à la retraite anticipée). Il n’est pas non plus inconsidéré d’imaginer un revenu pour les chômeurs affectés provisoirement à des tâches d’utilité sociale et qui soit déconnecté de la recherche d’emploi.


La Constitution française de la Vème République a organisé le système politique comme une monarchie républicaine avec une concentration importante de pouvoirs entre les mains d’un seul homme « flanqué d’un Parlement godillot ». Et puis, dans les régions, les campagnes, nous avons des élu-e-s qui cumulent les mandats (et les indemnités qui vont avec) et qui sont de plus en plus déconnectés des vrais gens et des réalités quotidiennes. Afin de revenir à une démocratie vivante et participative, il faut un changement des institutions et constituer une VI ème république. Et ce qui va avec, à savoir entre autres, supprimer le 49-3 (loi instituée sans débat et sans vote), limiter le nombre de députés et le cumul de mandats, réformer le Sénat, instituer la proportionnelle aux élections, pouvoir révoquer le Président (et même tous les élu-e-s), reconnaître le vote « blanc », pouvoir organiser des référendum d’initiative populaire, ...etc… Et ces changements peuvent venir d’une crise institutionnelle provoquée par le rejet des citoyens du fonctionnement actuel, par exemple en boycottant les prochaines élections jusqu’à ce que le Conseil Constitutionnel change la donne. Et puis, il faut redonner du sens à l’éducation populaire, réveiller les consciences. La politique n’est pas une affaire d’experts, changer les têtes ne fait pas changer le système. Faire de la politique, c’est penser, avoir des idées innovantes, être conscient de l’urgence sociale et environnementale. Il n’y a plus de débat car le réel pouvoir est aux mains d’une technostructure composée des directeurs de cabinet, des énarques, des haut-fonctionnaires issus des « grandes écoles », des experts !… Quand il n’y a plus de débat, alors le système est préservé, perpétué tant cette caste au pouvoir partage les mêmes intérêts que ceux de la finance, cet « ennemi  invisible ».



L’Europe des 27 est un espace de paix et cela doit être rappelé sans cesse. Cependant, la politique conduite par la Commission Européenne qui s’est soumise à la dérégulation et à la mondialisation n’est pas le choix des européens qui travaillent et vivent dans cet espace élargi. On voudrait nous faire croire que l’Europe n’a pas d’atouts propres et ne peut pas développer autre chose que le capitalisme productiviste libéral. C’est faux et les exemples de plusieurs pays sont là pour nous montrer autre chose, d’autres voies possibles. Il faudra donc bien refonder cette Europe avec plus de pouvoirs à un Parlement d’élu-e-s et non pas se laisser imposer des textes par une Commission formée de personnes nommées par les gouvernements et gangrenés par les lobbys marchands. Cela passera par une nouvelle assemblée constituante et/ou par la renégociation des traités qui imposent des critères restrictifs et mortifères pour les Etats (on a vu cela à l’oeuvre en Grèce, Portugal et-bientôt-ailleurs).

Concernant l’agriculture, (c’est un domaine des plus importants ) ma chronique précédente en parlait largement. Je n’y reviendrai donc pas pour éviter de me répéter.







Un toit, un repas, de l’eau, un lit, avoir chaud, pouvoir se soigner,...On pourrait énumérer les besoins vitaux globaux. Les changements viendront de la base (qui n’attend plus rien du personnel politique actuel) et les initiatives sont multiples et disséminées que ce soit en entreprise, dans les collectivités, dans la vie citoyenne… Notre pouvoir, à chacun-e, existe : au moment où nous sommes sollicités pour aller voter, au moment où nous consommons (quoi, où, comment), au moment où nous avons une vie associative, citoyenne, militante, au moment où nous nous déplaçons, …

Quand on est dans la peur, on ne mesure plus son pouvoir.  
Quand on n’a plus peur, on retrouve sa pleine liberté
et l’horizon s’éclaircit.


                       


Alors, cette valse des marionnettes qui va durer des mois, ce spectacle confondant toujours pareil composé de promesses destinées à nous faire rêver, a-t-il encore prise sur nous ? Sommes-nous encore assez dupes pour nous faire berner une fois de plus ? Basta ! L’exaspération est à son comble et il n’y a pas de remède-miracle. Il nous faut bien reprendre possession de notre vie et de notre libre-arbitre, ne plus réagir et agir par dépit, mais par choix, et donc atténuer notre dépendance vis-à-vis de pas mal de choses, peut-être changer notre façon d’être, de vivre, d’établir des relations avec les autres, nos alter-égos. Nous ne pouvons pas continuer à déléguer notre pouvoir à des élu-e-s qui nous lâchent dès qu’ils-elles sont en poste. Notre voix n’est plus entendue, plus écoutée et cela crée des tensions dont nous ne sommes peut-être même plus conscient-e-s.

La pensée contre la peur. L’intelligence, la culture, la tolérance contre la barbarie et l’aveuglement. L’humain contre le sectarisme. L’ouverture contre la dictature. Il ne faut pas se tromper de combat. Nous sommes face à des urgences planétaires, sociétales, environnementales, un changement de siècle mais aussi de civilisation, car nous avons pu mesurer les impasses du communisme, du capitalisme, du libéralisme financier et marchands.

Nous pouvons ré-inventer et mettre en œuvre, chacun-e à son niveau, un autre monde possible, pour nous, nos enfants, nos petits-enfants, la survie sur cette planète fragile, vivre plus dans l’amour.
Et ce n’est pas être naïf, idéaliste, rêveur irréaliste que d’y croire. C’est le regard que l’on porte, ce sont nos actes quotidiens, qui font ou vont faire la différence.


                                      « Penser global, agir local. »                                            
« Résister, c’est créer. Créer, c’est résister. »                                                         
                                                          « Seul, on va vite ; ensemble, on va loin. »   


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J’ai l’air de mettre tout le monde dans le même sac, ce qu’il faut relativiser. Je sais très bien reconnaître que certain-e-s élu-e-s ne faillissent pas à leur mission une fois élu-e. Je ne prendrai comme exemples que Eric Piolle, maire de Grenoble, Michèle Rivasi, député européenne ou encore plus localement Djamila Sonzogni, conseillère régionale et  Jacques Muller, sénateur, en leurs temps, Jean Vogel, maire de Saales...Et j’en oublie...

mercredi 14 septembre 2016

PAYSAN DE MONTAGNE

Je ne peux que remercier et rendre hommage aux paysans de montagne qui font un travail remarquable d'entretien des espaces et d'ouverture de nouveaux prés. Sans eux, la montagne serait une plantation sans fin d'épicéas, un maquis de genêts où prolifèrent les tiques. Mais grâce à leur travail patient et quotidien, nous bénéficions d'un environnement privilégié ouvert et harmonieux et en plus, on trouve à proximité plein de choses utiles pour son potager : fumier, copeaux de bois, … Sans compter les produits de la ferme à consommer sur place. Quand on est paysan, il n'y a pas de week-ends, on ne compte pas les heures et les revenus ne sont pas constants. S'installer pour un jeune paysan est un parcours de combattant et un choix des plus courageux. Il faut aimer vivre et travailler dehors par tous les temps, accepter les taches multiples, une présence permanente et peu de vie de famille, des revenus loin d'être en adéquation avec le travail effectué.




Je ne parle pas là des céréaliers de la plaine, des fermes d'élevage intensif, de cette agriculture intensive, productiviste qui ne porte plus guère que les valeurs du profit sans se préoccuper de la santé, de la neutralisation des champs, de la pollution générée laissée aux générations futures sans états d'âme. Ces chefs d'entreprise captent les subventions européennes et françaises dédiées et calculées aux hectares cultivés, à la production laitière dont les prix sont soumis aux grands groupes de transformation comme Lactalis (et d'autres) et où la production est indexée sur les prix du marché dictés par les spéculateurs des matières premières.
Nous sommes là loin de l'éthique des paysans qui veulent vivre leur vie tout en nourrissant la population en respectant la terre et les animaux.


                            


En 2050, on comptera 9 milliards d'habitants sur terre. Il faudrait aujourd'hui déjà 1,6 planète pour soutenir et continuer dans nos modes de consommation. Il y a une empreinte écologique indéniable et négative de nos modes de vie, il faut bien en être conscient. Il est impossible de poursuivre à ce rythme et de cette façon sans courrir à la perte de l'humanité d'une façon ou d'une autre. Le façon de vivre ici a des conséquences sur la vie là-bas. Exportations, importations, uniformisation, monopole des grandes centrales de distribution, apauvrisement de la biodiversité, captation des semences, nourrissage et épandage avec des intrants chimiques et des antibiotiques, des accélérateurs de croissance, …

Le réchauffement climatique est aussi un facteur important dans l'agriculture et on sait bien que le CO2 – le carbone – est le principal gaz à effet de serre (60%) qui est en cause dans les dérèglements . Mais notre “civilisation” de grande consommation fait que les marchandises sont dans les camions en flux tendu et nos routes sont de plus en plus des camions-routes, nos vallées, nos rues de village sont engorgées par ces mastodondes qui prennent les chemins les plus courts pour éviter péages et ...contrôles !

Il est grand temps de sortir des énergies carbonnées, de la domination des protéines carnées. Un hamburger de chez M...démolli la forêt amazonienne, notre réserve d'air pur planétaire.
Une transformation en profondeur est indispensable à très courte échelle afin de produire des aliments de bonne qualité, qui nourrissent la population, tout en veillant à réduire les émissions de CO2 (pas d'élevage intensif, pas d'intrants fossiles).
Il est grand temps aussi de ne plus s'en remettre aux multinationales productivistes “qui prétendent éradiquer la faim quand seul le profit les intéresse”.



Pour cela, il y a des pistes possibles, avec un réexamen du budget de la Politique Agricole Commune (la PAC) et l'attribution des subventions. On peut aider à la reconversion des agriculteurs (conventionnels) vers une production saine, de qualité et vers des circuits courts de distribution (AMAP, vente directe, regroupement des productions locales, …). Il faudrait aussi se tourner vers la production de protéines végétales en Europe au lieu d'en importer de ces pays lointains qui du coup servent l'exportation au lieu de cultiver des produits qui nourrissent leur propre population.
Et puis, il est tout aussi indispensable de réguler les marchés qui ont été abandonnés aux spéculateurs qui n'ont aucune notion agricole, qui ne voient que leurs profits et ceux de leurs actionnaires, peu importe le produit.


Nos paysans de montagne ne sont pas dans cette dimension mondialisée, nos maraichers ont changé d'échelle aussi et cherchent plus la distribution locale, directe en dehors des centrales d'achat qui imposent des prix invivables.
Mais c'est aussi à nous, consommateurs de devenir acteurs de ces changements souhaités, en réfléchissant bien à nos actes d'achat, aux lieux d'achat, aux contenus et à la qualité en privilégiant toujours la proximité et les modes de production.
 



Les responsabilités sont donc multiples, la conscience de chacun-e est éprouvée, nos choix déterminent notre façon de vivre et de penser.




             Merci Henri, Guillaume, Bernard, Jean-Louis et tous les autres ...

mardi 23 août 2016

TOUT POUR MA POMME


Non mais quelle surprise ! Il a pris tout le monde de court. Oublié des radars de l'opinion, absent de l'actualité politique depuis sa défaite il y a 4 ans, voilà LE GRAND RETOUR, à grands coups de promotion de toutes les chaînes et journaux à sa botte, du préféré des français-e-s masochistes.


Et en prime, un deuxième bouquin en deux ans , histoire de faire rentrer le pognon pour la campagne...”Tout pour la France” : ça sonne si beau, si généreux, si ...On en aurait presque une larme à l'oeil  devant tant de bienveillance, de dévouement, d'abnégation !!! Quand on sait les casseroles qui trainent à ses basques, on comprend qu'il cherche l'immunité présidentielle avant que tout passe aux tribunaux, car les reports pour vice de forme ne durent qu'un temps. Et puis , les promesses de son programme : une flatterie pour les tentés du  FN (une politique immigration restrictive), une flatterie pour les commerçants et entreprises (qui seront libres de décider entièrement des horaires et heures des travailleurs, sans restrictions légales), une flatterie pour les ami-e-s des beaux quartiers ( suppression de l'impôt sur la fortune - des millions d'€ - et baisse de 10% -compensatoire- des impôts pour tous soit entre 3 et 5 € !!!), etc...etc...Il sait bien qu'on peut tout promettre avant les élections et faire ensuite ce qu'on veut pendant cinq ans.
Il sait bien que la mémoire est atrophiée, que ce qui c'est passé entre 2007 et 2012 est déjà dans les limbes de l'histoire, un souvenir d'Alzheimer ! Et puis, il sait tout aussi bien que le président actuel est moribond.








Attention, quand il se déclare candidat à la présidentielle, il ne s'abaisse pas à parler d'être candidat “à la primaire” de la droite. Non, ça c'est pour le petit peuple, ses obligés, pas pour lui. Maintenant qu'il a tout mis en place en interne (comme président “Les Républicains”), il démisionne de la présidence pour être libre de tout, mais avec les moyens -reconstitués- du parti à sa botte.
Le même jour, on nous annonce la candidature du nain rebondissant (en France) et de l'iguane (aux USA - Alice Cooper) que peu de personnes ont en mémoire. Je ne vais pas faire un raccourci ou un parallèle facile, chacun-e fera le sien !






L'ami dessinateur VEESSE doit se régaler , lui qui avait fait toute une série de dessins en 2012. Pas besoin de réactualiser car contrairement aux affirmations de l'ex, il n'a pas changé, ou alors en pire !
Bien sûr ses “opposants” vont sortir son bilan, mais certains vont aussi oublier qu'ils faisaient partie du gouvernement suivant pendant quelques années... Bref, tout ce petit monde refait un tour de piste, une valse triste dans une fête avinée dont on se réveille avec la gueule de bois le lendemain.

Les scénarii sont connus car répétitifs à souhait et on n'en veut plus ! La seule façon de leur faire comprendre cela à toute cette bande véreuse est de ne plus participer à cette mascarade répétitive, de ne plus être complice de ce cinéma douteux. Basta marre d'être pris pour des pigeons par la même clique de cumulards, d'ambitieux carriéristes qui ne pensent qu'à leur pomme en faisant croire qu'ils veulent agir pour notre “bien”. Mais ces dernières dix années, on a bien vu tout le bien qu'ils nous voulaient, l'un comme l'autre et d'autres attendent au portillon leur heure afin de profiter à leur tour ...tout en nous promettant la lune !





Basta, il faut que ça change. Nous sommes dans une situation où nous connaissons bien ce qui s'est passé entre 2002 et 2016. Nous savons bien que globalement toute la caste des élu-e-s est décrédibilisée grave. Nous en avons toutes et tous marre de ce cirque à répétition avec le même programme, le même casting, les mêmes conséquences...

Pour un changement des institutions (plus de pouvoirs à un parlement proportionnel, paritaire et renouvelé à chaque fois, moins de pouvoirs à un-e président-e comme dans pas mal de pays, une démocratie de proximité avec moins d'élu-e-s et sans cumuls, etc...), pour un vrai changement en profondeur, cela ne passera plus, pas, par une élection d'une personne “providentielle”.  
Pour créer les conditions d'un changement sans passer par une révolution violente, je ne vois que la solution pacifique d'un BOYCOTT massif des prochaines élections, présidentielle et législative.

On peut ouvrir le débat, arguments contre arguments, plutôt que de se gausser d'illusions pour un-e candidat-e ou un-e autre... ce qui est le principe global recherché : diviser pour régner ! En mettant chacun-e en avant son-sa candidat-e, on occulte tout débat de fond....et ça recommence, ça continue pour cinq ans.

Alors, réfléchissez, proposez, débattez....
Les prochaines “nuits debout” seront longues !

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Les dessins sont de VEESSE, le mulhousien qui illustre plusieurs revues, magazines dont HEBDI, le mensuel satirique indépendant alsacien.

samedi 20 août 2016

ELECTION DE MISS ou MISTER PP *


Voilà le casting en train de se monter doucement en cette fin d'été et début septembre, ce sera la rentrée des classes et la rentrée politique. Je ne suis pas sûr que la pause estivale aura reposé les esprits et les ambitions de cette caste de politiciens professionnels, toutes et tous convaincu-e-s qu'ils-elles ont quelque chose à apporter au Pays France.

Je ne suis pas sûr non plus qu'ils-elles entendent ce qui se dit dans la rue, les commerces, les cafés, les repas familiaux, ...où sont mis en avant un pays en récession et où la précarité, l'instabilité touchent quasi tout le monde, où la peur a remplacé l'espoir, où les politiciens sont totalement discrédités, où la démocratie n'est plus vivante, où les gens sont déconnectés de la politique, ne croient plus en grand chose, ne se sentent plus maitres de leur vie, de leur avenir...

Aussi lors des grandes déclarations de septembre, lorsque chacun-e présentera sa candidature pour l'élection présidentielle du printemps 2017, je ne sais pas si ça va passionner qui que ce soit alors que globalement ils-elles se sont tous-toutes décrédibilisé-e-s.



Et les candidat-e-s ne manquent pas.
Faisons un peu le tour des partis en cette fin août 2016 au vu de ce qu'on sait et de ce qui est plausible.

Au bout des deux cotés, il n'y guère de doutes :
à droite, ce sera Marine Le Pen et à gauche, Jean-Luc Mélenchon.
Leur programme sera flatteur et fera plaisir aux idéologues qui veulent encore éprouver des frissons en votant.

Puis viennent les candidat-e-s qui se partagent le pouvoir depuis des décénnies.

Chez LR (ex-Ump reconvertis Les Républicains), pas moins d'une quinzaine de candidat-e-s qui se départageront les postes en cas de victoire d'un des leurs. Il semble pour tout le monde évident que Nicolas Sarkozy partira à nouveau en se prévalant d'une simple parenthèse PS de cinq ans afin qu'on oublie son bilan passé. Mais il y aura aussi Alain Juppé (qui traine lui aussi des casseroles), Hervé Mariton, Bruno Lemaire, Nadine Morano, François Fillon, Jean-François Coppé (qui veut se refaire une virginité !), Nathalie Koziusco-Morizet, Rama Yade, Henri Guaino, Geoffroy Didier, Frédéric Lefèvre, Jacques Myard, Jean-François Poisson, Rachida Dati ?
Ça risque de remuer cet automne au sein de ce parti qui veut donner une image ouverte et démocratique alors qu'on n'imagine pas un instant que Nicolas Sarkozy en ait pris les commandes juste pour diriger le groupe, alors que c'est sa machine de guerre.



Au PS, qui veut se retrouver rassemblé sous le nom de Belle Alliance Populaire, les candidat-e-s commencent à s'activer pour une primaire qui devrait avoir lieu fin janvier afin de permettre au président sortant de se représenter avec un bilan qui sera forcément positif avec un chômage en diminution et plein de perspectives avec les premiers résultats d'une politique qu'il faut poursuivre et donc ne pas s'arrêter en route. On connait le discours par coeur tellement il est éculé.
Il y a là les “frondeurs” qui se veulent le “renouveau” !!! Et pourtant ce sont déjà des vieux apparatchiks de la politique : Benoit Hamon, Arnaud Montebourg, Marie-Noelle Lienemann, Gérard Filloche … Et puis les outsiders, comme par exemple Emmanuel Macron qui tisse sa toile, sourire carnassier en avant, et aussi les opportunistes carriéristes de seconde main, prêts à tout renier pour un poste. Ce sont les ex- ex- ex soit disants écolos qui ont encore changé de camp (craignant pour leurs postes rémunérés) et qui ont rejoint ceux au pouvoir actuellement en servant de leurre écolo pour les centristes conservateurs en mal de maison : François De Rugy qui a crée Ecologistes ! , Jean-Luc Benhamias qui a crée Front Démocrate et Jean-Vincent Placé qui s'est auto-proclamé président d'une soit-disante Union des démocrates et des écologistes. Si Hollande se représente, ils se rangeront derrière lui espérant obtenir , en cas de victoire, un poste de ministre ou/et surtout conserver un poste de député aux élections législatives qui suivent la Présidentielle.






Chez EELV, le parti de l'écologie politique, ou du moins ce qu'il en reste, on essaye de surnager au grand naufrage, financier et politique après la débandade de début d'année. Leurs Journées d'été à Lorient fin août va essayer de colmater les brêches. Le dépot des candidatures aura lieu ensuite avec une obligation de 36 parrainages minimum (sur 240 possibles ) par les seuls Conseillers Fédéraux, puis un vote des adhérents et coopérateurs fin octobre. Sont déjà sur les rangs les députés européens Yannick Jadot, Michèle Rivasi et peut-être Karima Delli. Mais il y a aussi Cécile Duflot (qui souhaitait être candidate sans primaire) et pourquoi pas le retour de Noël Mamère qui avait en son temps été le meilleur candidat des Verts en 2002.

Quand aux centristes, faut-il en parler puisque de toute façon, ils se rangeront derrière Les Républicains comme toujours, même si François Bayrou fait parfois semblant de montrer les dents ..pour mieux se vendre !







Et il faudrait choisir sa miss (ou son mister) dans ce lot ? Après avoir vu ce qui se passait pendant cette dernière décennie avec Sarkozy et Hollande qui ont fait la même politique libérale et capitaliste, avec des promesses contredites quotidiennement par les réalités ; au final on ne peut qu'être sceptique, dubitatif, critique et avoir des envies de tout foutre en l'air sous cette forme tant qu'il y aura cette caste de cumulards, une assemblée qui est loin d'etre représentative et proportionnelle à ce qui se passe dans la vie quotidienne. Oui, il y a cette envie et celle de ne plus jouer le jeu avec toujours les mêmes résultats, les mêmes promesses et les mêmes paroles d'impuissance au final.

Si changement il doit y avoir, ce sont d'abord les institutions qu'il faudra changer et cela par une crise ...institutionnelle. Celle-ci peut venir par une révolution pacifique qui passerait par le BOYCOTT du vote afin que les élu-e-s ne soient plus légitimes au sens où ils ne récolteraient que très, très peu de voix.

J'ai déjà développé cette forme d'action de boycott  dans une chronique précédente et le ferais encore dans les mois qui suivent.
Un BOYCOTT peut être actif et avoir du sens. Il faut y réfléchir plutot que de se précipiter dans des extrêmes qui, une fois aux affaires, sont comme les autres au bout de quelques mois - regardez les villes gérées par eux.





Reprenons le pouvoir, du pouvoir partout, localement, régionalement, nationalement,  afin de participer aux décisions collectives qui régulent notre vie quotidienne. Arrêtons de nous plaindre et reprenons l'action, les rênes de notre vie.

Nous sommes plus puissant-e-s que nous croyons.

Nous avons la vie, une vie, ne l'aliénons pas, restons maitre de nos décisions, courageux, vivants, et libre penseurs.

“Seul, on va vite ; ensemble, on va loin.”

Notre vie n'est pas à vendre, nous avons des biens communs à défendre.





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* PP :  comme Personnel Politique ou Primaire Présidentielle!


     Les dessins sont de Pat Thiébaut (67-Still)    www.lagitedulocal.com

vendredi 12 août 2016

Qu'y a-t-il derrière les chataignes, les cochons noirs, la coppa. ?

 Ah, les Corses ! Que n'entend-on pas comme blagues sur les Corses ! Que n'entend-on pas sur les explosions de maisons en Corse ! Que n'entend-on pas sur le machisme, la mafia corse ! Bref, quand on prononce le mot “Corse”, tous les clichés reviennent sur le tapis. Mais quand on a des ami-e-s corses, qu'on y est déjà allé plusieurs fois, on voit les choses bien différemment.

                 La Corse, une destination de vacances de mer ?

Bien sûr, l'été, la population en Corse est multipliée par 10, les prix augmentent sans forcément redescendre en septembre, les routes sont surchargées et on roule au ralenti, les bords de mer sont envahis...L'ile de Beauté mérite bien son titre car c'est une pure merveille que cette montagne dans la mer. Et toutes les personnes qui y ont fait un séjour sont unanimes sur ce point : c'est beau !

                                            le village de LAMA , au-dessus de l'Ile Rousse

Mais, pour que cela soit préservé et que y vivre soit ...vivable, il faut se battre, innover, aider...Jusqu'à présent, la Corse était mise sous perfusion, de façon intentionnelle pourrais-je même dire, tant la France veut garder l'île dans son giron. Mais cela veut aussi dire que les subventions agricoles n'arrivent pas, que le développement des énergies n'est pas incité, que le littoral subit des assauts urbanistiques permanents... On peut critiquer tant qu'on veut indépendantistes et autonomistes, mais sans eux, le pourtour de la Corse serait une immense marina avec ses riches villas (privées) qui envahiraient toute la côte pour une occupation estivale minime en défigurant les magnifiques paysages comme on peut le voir sur la Côte d'Azur ou en Espagne...
Les Corses sont avant tout des montagnards et tous les dangers pour eux viennent de la mer.




                                      Une région autonome

Aujourd'hui, les indépendantistes-autonomistes ont gagné les dernières élections régionales et après de longues années de batailles politiques, ils sont enfin “aux affaires”. Ceci a été marqué dès leur arrivée au pouvoir par des discours et prises de parole en ...corse. Cela a fortement choqué le gouvernement français très attaché au centralisme hexagonal et la langue unique de la Nation. Mais, comme dit si justement Ghjussepu Maestracci de Ava Basta : “ Si la République s'était appuyée sur les langues régionales, on aurait trouvé les mots pour dire “parking” ou “week-end” !”
Cela fait réfléchir. Voilà en tout cas, une “région” de France qui revendique pleinement son ancrage, sa culture et ses ambitions : pouvoir vivre et travailler au pays en le préservant et en le développant selon ses propres critères et sa propre culture. Lisez Paoli et sa constitution, combien la femme était le pilier et reconnue par le droit de vote bien avant que les moeurs évoluent “sur le continent”. Un précurseur, un exemple...
Et pour clore sur ce sujet de l'autonomisme-indépendantisme corse, sachez que leurs combats n'ont fait aucun mort (pour être honnête, la seule mort qu'ils ne digèrent pas est l'affaire de l'assassinat du Préfet Erignac, aujourd'hui toujours pas élucidée) ; les seuls dégats ont été matériels et bien ciblés.


Tallamoni et Simeoni, les nouveaux "dirigeants politiques " de la Corse


En Corse, il y a la possibilité d'avoir une agriculture à l'intérieur des terres, mais les subventions quand elles sont promises pour l'aide au développement n'arrivent pas ou très, très tardivement et rien ne peut être viable à ce jeu pervers où la France exerce une sorte de chantage de dépendance.
Concernant l'énergie, en Corse, il y a du soleil, du vent et de l'eau qui coule des montagnes. Ces trois facteurs déterminants pourraient permettre une certaine autonomie énergétique, mais rien n'est fait pour les développer.

Dans ce souci de reprise en main de leur destin, le nouveau gouvernement régional fait des efforts accrus depuis quelques mois et lance des perspectives, des initiatives, avec un projet clair et localisé afin de redynamiser la Corse en mettant en avant ses potentialités et permettre aux jeunes de rester et vivre sur l'ile.


C'est dans cette optique aussi que je suis tout particulièrement la problématique des déchets puisque dans la période où j'étais délégué au sein de la Communauté de Communes de Guebwiller, j'avais largement initié et contribué à un changement de politique sur ce sujet. Aujourd'hui, c'est Jacques Muller, ancien sénateur avec lequel j'ai travaillé trois ans qui a été contacté pour faire partager notre expérience et expertise auprès d'associations corses.




                  “Si tu tries, t'as tout compris”
 
C'est le slogan de l'association “Zéro Frazu” dont la portUne région autonomee-parole, Colette Castagnoli est une active militante. Les déchets ménagers sont enfouis à 92% en Corse. A titre de comparaison, à certains endroits de France ou d'Italie, il ne reste plus que 20 à 30 % de déchets enfouis. Le tonnage est important et donc il faut trouver d'autres solutions pour ne pas faire de l'ile très rapidement une gigantesque poubelle. En juin 2015, une des plus grandes décharges de l'ile, celle de Tallone (au sud de Bastia) ferme. Il reste cependant d'autres CET (Centre d'Enfouissement Technique) à Vico (au nord d'Ajaccio), à Prunelli di Fiumorbo et à Viggianello. Mais ils saturent également.
Bien sur, le Syvadec (SYndicat de Valorisation des Dechets de Corse) qui les gère a proposé d'autres solutions : un incinérateur (largement combattu et abandonné), une unité de tri bio-mécanique (largement contesté et refusé selon la loi littoral).
C'est avec cet historique et dans ce contexte que l'Office de l'Environnement Corse (OEC) publie le 27 mai 2016 des nouvelles orientations stratégiques (2016-2020) avec des plans d'actions qui mettent en avant les techniques de tri, la collecte au porte à porte et la tarification incitative. L'idée est  de réduire tous les déchets ménagers à la source et de valoriser au maximum tout ce qui est recyclable et compostable. Bien sûr, il y a des résistances à cette nouvelle politique. Le tri à la source et la valorisation font diminuer de suite les volumes à traiter avec des conséquences pour les opérateurs : moins de transports et des tarifs à la baisse dans les centres de traitement des OMR (Ordures Ménagères Résiduelles). Mais le nouveau gouvernement régional corse a clairement défini sa ligne. Il faut dire que des exemples de compostage, tri, recyclage à 80% existent déjà en Corse à Aghione (au nord de l'ile) et à Girolata.


                                     la Corse, non-violente


On est donc loin de l'image d'indépendantistes-autonomistes assimilés longtemps à du terrorisme armé et c'est même un activiste non-violent qui oeuvre beaucoup pour changer sa région, son île, son pays. C'est en effet Jean-François Bernardini (chanteur du groupe I Muvrini) qui a contacté Jacques Muller, mais aussi des représentants italiens sur ce sujet des déchets, et il agit également sur d'autres problématiques.
C'est une figure incontournable de Corse, respecté et écouté, cohérent dans ses engagements et dans sa vie.



Oui, j'aime la Corse. Oui, j'ai toujours défendu ces combattants dit indépendantistes-autonomistes, en fait des régionalistes responsables et qui ont une démarche, des moyens d'action et un discours bien différents de nos régionalistes alsaciens, ou autres.

                     La Corse, un exemple et un précurseur

 
On parle peu du changement politique en Corse et pour cause. Il pourrait devenir très vite un exemple pour celles et ceux qui sont pour une "Europe des Régions" avec des régions à gestion autonome et libres d'interagir avec ses voisins et d'autres régions sans passer par le diktat pyramidale du centralisme français. Mais pour cela, il faudra changer nos institutions vers une 6 ième République avec une représentation proportionnelle et paritaire, sans cumul et à mandat de durée limitée à 2 et surtout avec des régions plus autonomes dans une sorte de système fédéral comme dans pas mal de pays au monde.

La Corse est donc un bel exemple de changements de gouvernance et précurseur comme l'était Pasquale de Paoli en son temps avec sa République Corse (1755-1769) et sa Constitution.

vendredi 29 juillet 2016

TRISTESSE et EXASPERATION

Depuis des mois maintenant, les crimes, les massacres se succèdent sur notre sol (et ailleurs) au nom d'une guerre qui s'affiche religieuse, mais qui n'est rien de cela ! Cette duplicité est aujourd'hui évidente, tant les meurtres touchent tout le monde. A partir du moment où on vit dans le monde “occidental”, on est un mécréant qu'il faut éradiquer. Mais c'est la même chose en Afrique, au Moyen Orient, …
Le captage des richesses (ressources naturelles/pétrole, …) sous couvert d'un Etat à créer est devenu une évidence. Et pour empêcher tout anéantissement, on se sert des populations civiles comme bouclier humain tout en semant la terreur dans le monde entier “grâce” à des combattants suicidaires recrutés et fanatisés sur internet. 




Cette guerre déclarée depuis quelques années devient une réalité à partir du moment où elle touche notre territoire à l'intérieur. Tant qu'elle se passait ailleurs, on regardait cela à la télé le soir sans grande émotion, il faut se l'avouer sans honte.
Revenir sur la décision présidentielle de participer à cette guerre-sans débat parlementaire-ne fera pas avancer les choses, mais il faut se souvenir malgré tout de la question : pourquoi sommes-nous en guerre au Mali, au Niger, en Irak, en Syrie, en Libye, en ….?
Et puis, pour se détourner un peu de cette question (car si on approfondit, on risque de voir les choses un peu différemment), on instrumentalise tout ce qui peut servir les “intérêts “ électoraux des un-e-s et des autres à grands coups de gueule, de mensonges éhontés, de retournement de veste et de stigmatisation de certaines populations, de certaines personnes ciblées car elles sont des repoussoirs pour augmenter le nombre de ses futur-e-s électeurs/électrices.

Ce qu'on entend autour de soi n'est pas fait pour rassurer quand on est aux lendemains de ces massacres sauvages et aveugles avec la tristesse, la peur engendrées. On est bien loin de la cohésion sociale, nationale, du resserrement des liens de confiance. Bien au contraire, l'exaspération prend des airs de racisme, d'exclusion globale, réveille les pires souvenirs de temps passés, pas si lointains.
Chacun-e y va de ses solutions radicales … après coup, car pour trouver des solutions, des pistes d'actions préventives, celles qui sont proposées, offrent des dérives dangereuses pour toutes les libertés individuelles dans un monde civilisé.
Que des individus clairement identifiés comme potentiellement dangereux se balladent parmi nous ne rassure aucunement. Mais emprisonner toute personne qui a des idées divergentes n'est pas non plus une solution applicable : on a vu ce que cela pouvait donner lors des manifestations récentes contre la loi travail ou le projet d'aéroport où on pouvait assigner à résidence ou mettre en garde à vue préventive de simples militant-e-s qui avaient émis des avis autres (des écologistes par exemple). C'est quand meme un peu différent des cas des personnes fanatisées repérées par leur entourage qui se tait car “on n'est pas des balances et c'était un pote du quartier, non ? Mais on ne pensait pas qu'il passerait aux actes. “


De même, faire l'amalgame entre religion musulmane et tueurs forcenés est un non-sens car parmi les victimes innocentes, aucune distinction n'est faite ni ici ni ailleurs. Ces meurtriers auront la gloire posthume des médias qui citeront leurs noms (jamais ou rarement celui des nombreuses victimes) et fanatisés, s'imaginent la rédemption divine des martyrs !!!
On voit, on entend des parents démunis. Cela fait quand même un bon moment que pas mal de parents ont démissionné de leur rôle éducatif. De même, les éducateurs de rue, les policiers de proximité, les lieux de culture (bibliothèque, spectacles vivants, …) se sont amoindris par manque de moyens (de “rentabilité”, de “priorités”, de …), certains diront d'efficacité pour se déculpabiliser.


                            
Cette illustration peut paraitre inapropriée pour cette chronique. Mais le feu (“première” énergie) a initié les armes pour garder le pouvoir et se sédantariser.     Pétrole, pouvoir, territoire...


De solution miracle, il n'y en a sûrement pas. J'entends bien les harangues de certains politiciens qui disent que “l'exécutif doit prendre toutes les mesures” ce qui veut dire instaurer un état militarisé ou policier avec tous les excès et dérives possibles. Si on peut s'interroger sur les droits équitables (comme pour tous les citoyens)  octroyés à ces meurtriers fanatisés, il ne faut pas pour autant se laisser aller à l'arbitraire.

Qu'est-ce qui a fait que notre pays soit entré en guerre sur ces territoires ? Qu'est-ce qui se passerait si on se retirait de tous ces fronts ? Que se passerait-il si tout ce budget de guerre était investi dans des projets autres, économiques, sociaux ?

Etre un des premiers fabricants et vendeurs d'armes de guerre n'a t-il pas des conséquences collatérales par rapport à ces marchés et contrats conclus (Pakistan ?) ?
Focalisés sur toute cette atrocité sanglante, on n'a plus la lucidité pour voir avec du recul et on se laisse envahir par les émotions légitimes, la peur omniprésente, les solutions radicales sans discernement, un racisme primaire inconsidéré.

Le premier objectif de Daech de déstabiliser les états impliqués dans la guerre est largement atteint depuis un moment. Arriver à faire éclater la société, le pouvoir en place et l'image que cela en donne ne sont que les prémisses d'un chaos recherché et certains partis politiques plongent en espérant arriver à en retirer un “bénéfice” rapide...qui ne règlera en rien la situation actuelle. Même le président en place assène le discours de se rassembler, de garder toute la cohérence nationale entière, mais on y sent aussi une arrière-pensée stratégique pour conserver sa place “grâce” à ce contexte douloureux. Quand à ses successeurs possibles, ils surenchérissent dans la critique et ce qu'il faudrait faire alors qu'ils-elles étaient tous-toutes déjà aux affaires dans un des gouvernements successifs et on se souvient du décalage entre les mots et les actes.

                     


Alors oui, la tristesse est grande, la peine aussi car nous ne pouvons qu'avoir de la compassion envers ces centaines de victimes innocentes assassinées au nom d'une guerre (qui prend la religion en otage) dont les objectifs sont occultés mais bien présents. L'exaspération arrive à son comble par la  répétition des actes barbares, leur mode opératoire et les noms arabes des assassins fanatisés sur internet.

Des constats, un peu de réflexion pour garder la tête claire, mais pas de solution miracle. Je dirai bien : retirons-nous de ces guerres car qu'avons-nous à y faire, à y gagner ? Consacrons ces sommes énormes d'argent investies en armes et en combats pour reconstruire l'espoir dans notre pays en créant de l'emploi dans des secteurs d'avenir non-délocalisables et durables, en dynamisant les zônes de désespérance, dans l'éducation, dans la culture, dans la formation, dans ...

Je sais et j'entends déjà mon entourage me dire de “descendre de mon nuage”, mais est-ce être sur un nuage que de ne pas accepter les choses dans l'état et de ne pas préconiser des solutions tout aussi guerrières ?

mercredi 20 juillet 2016

OU EST PASSEE NOTRE PART D'HUMANITE ?

Argent public ...et terrorisme !
 
Difficile de mettre en parrallèle ces deux mots et pourtant un lien existe peut-être. Admettons (c'est une hypothèse) qu'en France, il y ait le plein emploi (ou quasi - comme c'était le cas dans les années 1970). Plein emploi, pas de chômage et chacun-e peut construire sa vie personnelle sans trop de craintes. Dans ce cas de figure, pensez-vous qu'on en serait là ?
Honnêtement, posez-vous la question.
Et dans le cas d'une réponse négative, la question suivante sera : qu'est-ce qui a changé en 40 ans ?


dessin de Wolinski (Charlie Hebdo), abattu en janvier 2015



Chacun-e trouvera de multiples réponses en fonction de ses souvenirs ou de ce qu'il-elle a entendu. On pourra ainsi mesurer l'accélération du temps politique et économique, combien la “mondialisation”, la captation des ressources naturelles, la centralisation des pouvoirs économique et ...politique ont complètement changé le fonctionnement du monde dans une optique de “libéralisation” aux objectifs purement capitalistes, financiers de produire de la plus-value, de l'argent numérisé qui enrichit les oligarchies des actionnaires.
Cette façon de (dé)construire le monde est aussi une façon de déshumaniser les personnes qui ne sont plus que des pions utilisables à souhait : une précarisation qui est en fait de l'esclavage “moderne !!!”. Quand il n'y a plus guère d'espoir pour améliorer ses conditions de vie, quand la peur du lendemain est omniprésente, toutes les dérives sont possibles.
Attention, je ne cherche pas là à excuser d'une quelconque façon le terrorisme meurtrier et aveugle, mais il a évolué radicalement. Entre Carlos, la Bande à Baader, les Brigades Rouges, Action Directe et le terrorisme fanatique d'aujourd'hui, le visage et les cibles de cette violence criminelle ont bien changé.

Pourquoi lier d'une certaine façon cela à l'argent public ?
 
L'argent public (nos impôts et taxes diverses) est censé servir à apporter des services publics à la population en la sortant du cadre de la sphère commerciale. Or les services publics sont menacés de plus en plus depuis des années et de plus en plus privatisés pour devenir des secteurs rentables pour les seuls actionnaires. On parle là aussi bien des secteurs de l'éducation, de la santé, des transports, etc...Et cela avec la complicité des pouvoirs politiques de droite comme de gauche et sous les ordres de la Commission Européenne néo-libérale (dont les membres n'ont aucune légitimité d'élu-e-s).






Prenons l'exemple du CICE (Crédit d'Impot pour la Compétivité et l'Emploi)

L'Etat verse aux entreprises de l'argent public afin de ...relancer l'économie (de marché), sans distinction, sans justification, sans contrepartie, sur simple demande et depuis... 2012. De 2013 à aujourd'hui, cela représente en moins de trois ans, 48 MILLIARDS d'€. A l'époque, Pierre Gattaz, président du syndicat des patrons (MEDEF) avait “promis” la création de 1 million d'emplois. Au plus, cela a ...sauvegardé 140 000 emplois selon des calculs statistiques croisés. Ce ne sont même pas les PME, l'industrie ou les start-up innovantes à qui ça a profité pour donner un coup de pouce, mais ce sont le commerce, la grande distribution, les grandes entreprises qui captent la majorité des aides, elles qui ont déjà bénéficié d'autres aides en compensation des 35heures, le crédit impôt recherche et des allègements divers. La Commission Européenne applaudit des deux mains cette manne financière publique qui permet, selon elle, “d'abaisser le coût du travail en France” !!!
Pour avoir un impact sur l'emploi, il faudrait conditionner ces aides, mieux les cibler, bref avoir une vraie politique publique budgétaire.
Et des déperditions d'argent public, il y en a à tous les niveaux : municipal, intercommunal, départemental, régional, national. Tout le monde peut citer des exemples selon où il-elle habite.

Moins d'argent public pour tous, moins de services publics, moins d'emplois, plus de désespérance, plus de peurs des lendemains, plus de luttes pour même survivre. Et puis l'étalement de la richesse en face, décomplexée et en plus usurpée dans des paradis fiscaux, des “Panama Papers” et autres scandales financiers (que l'argent public va éponger !).

Tout cela crée de la violence, des tensions palpables partout, le rejet de LA faute sur les autres et des comportements hystériques démesurés au nom de quelques principes soit-disant salvateurs, purificateurs censés déresponsabiliser. Mais rien ne peut justifier un quelconque acte aveugle et meurtrier tuant des centaines d'innocent-e-s.




Responsable, mais pas coupable


Mais, et je le répète souvent, nous avons toutes et tous une part de responsabilité, chacun-e à son niveau soit en laissant filer soit en faisant l'aveugle (ou/et le/la sourd-e) soit en votant les atiseurs des mèches de la violence et du rejet, soit en pointant le doigt trop bas pour toucher les vrais responsables, soit en …. Chacun-e peut se poser les questions.

Pour ma part, tous ces phénomènes, ces attentats, ces déferlements mortifères ne viennent pas de nulle part comme une génération spontanée, mais sont les signes accablants d'une société qui se délite, d'une démocratie mise à terre, de pouvoirs politiques complétement décrédibilisés et complices, d'une économie misée sur la seule plus-value de produits éphémères et la captation rentable des sources d'énergie naturelles en diminution irréversible.


Collectif et humain avant tout

Des solutions, je ne sais pas qui en a pour l'immédiat, mais des pistes de réflexion existent, des constats accablants aussi, une façon d'être et d'agir sont possibles, mais qui va les porter  ?

On ne peut plus croire et suivre des hommes-femmes “providentiel-le-s” qui changeraient les choses. On a trop entendu des promesses et vu combien elles étaient bafouées aussitôt, aussi il n'y a que l'espoir de pouvoir évoluer collectivement au sein des communautés villageoises ou des réseaux plus informels, ponctuels. Ce sentiment qu'ensemble,- en dehors des structures politiques, des ensembles économiques et financiers -, il y a des champs du possible, ce sentiment existe et commence à s'affirmer, car il représente de l'espoir et ouvre des perspectives nouvelles pour ceux et celles qui veulent bien aller jeter un oeil de ce coté-là... Et cela se fera au-delà des partis, des  religions, car on y retrouve l'humain, cette part de nous-mêmes qui s'est peut-être perdue en route quelque part et qu'il faudra bien retrouver, pour SE retrouver.