lundi 4 décembre 2017

POLITIQUE ?

« on ne va pas discuter de cela : c’est politique ! » 
« y en marre de la politique » 
« on n’est pas là pour faire de la politique » 
« La politique ? Tous des pourris... »

Bon. Combien de fois on a entendu cela que ce soit au sein de la famille, au sein d’associations, au sein d’une communauté de communes ou d’un conseil municipal. Bref, le rejet est total quasiment et surtout ce mot implique des ressentis très différents selon chaque personne.

POLITIQUE : il y a des gens pour qui, quand vous prononcez ce mot, vous avez l’impression de passer pour un malotru, un voyou, quelqu’un d’impoli, un provocateur, un illuminé qui ne voit rien d’autre, un terroriste qui se cache, ….Tout peut y passer ! Et puis, cela va même plus loin quand on est invité à des cercles de parole, des soirées débats où dans la présentation, il y a noté que toutes les discussions « politiques » sont à exclure de ce cadre !!! Alors là, je reste pantois...On veut bien discuter de tout, mais pas de ça, c’est exclu d’office.
Mais c’est ça quoi ?
C’est quoi quand on utilise le mot « politique » ?
Il faudrait peut-être redéfinir avant d’exclure.

Pour la plupart, ce mot est collé à la « politique politicienne » c’est à dire au spectacle donné par les femmes et hommes politiques, leurs déclarations, leurs mensonges, leurs carriérismes qui les font naviguer de partis en partis (sans aucune conviction), leurs manigances pour garder leurs mandats et les accumuler pour se faire un pactole financier et des manœuvres pas très légales, les promesses jamais tenues, leur clientélisme populiste, ….bref tout ce qui est détestable, à mettre à distance, insupportable. Nous sommes bien d’accord.
Mais peut-on réduire cela à ça ?

Pour moi personnellement, j’aurai tendance à dire (dans mon interprétation) que tout est politique dès qu’on est dans la sphère publique. Il y a certes bien des études comportementales qui ont essayé de nous convaincre que même dans le quotidien familial, notre façon d’éduquer, de vivre, de consommer et même de faire l’amour était « politique » !


 un ouvrage (qui a été réédité) 
à conseiller à tout le monde, grands et petits

  
POLITIQUE (définitions Wikipédia)  : 
Si la notion est polysémique, on a quand même des définitions et des cadres clairs.

Au sens large, Politikos (civilité) indique le cadre général dans lequel une société ou une population est gérée par ses dirigeants. Dans cette direction aussi, on peut parler de la politique d'une communauté, d'une société, d'un groupe social, au sens de Politeia, qui obéit à une Constitution qui définit sa structure et son fonctionnement (méthodique, théorique et pratique). 

La politique porte sur les actions, l’équilibre, le développement interne ou externe de cette société, ses rapports internes et ses rapports à d'autres ensembles.
La politique est donc principalement ce qui a trait au collectif, et se retrouve donc dans plusieurs domaines (économie, droit, sociologie, …)

De façon plus restreinte, la politique se réfère à la pratique du pouvoir, soit donc aux luttes de pouvoir et de représentativité entre des hommes et femmes de pouvoir, et aux différents partis politiques auxquels ils peuvent appartenir, tout comme à la gestion de ce même pouvoir.

Souvent, le mot est complémentaire comme ...stratégie politique, par exemple.



Pour moi politique, c’est s’occuper, se préoccuper de la vie publique, collective dans sa commune, dans une communauté de communes, dans un pays, au sein d’un groupe public à vocation d’animation d’un territoire, ...C’est donc loin d’être un mot tabou qui déclencherait une guerre idéologique de clans, mais bien au contraire, quelque chose de noble qui permet l’échange d’idées afin de trouver les meilleurs solutions à une problématique commune, de façon démocratique et respectueuse de chacun-e.

Parfois, je suis surpris, voire offusqué, quand dans un choix à faire sur un sujet d’une soirée film+débat par exemple, pas mal de thèmes sont rejetés sous l’argument : « ah non, pas ça, c’est politique ! » Je ne comprends pas, car là on est dans un global générique de rejet sans définir ce que chacun-e englobe sous ce mot repoussoir.
Quand on parle d’alimentation, de santé, de liberté, de consommation, de local, de déchets, d’assainissement, de ….bref, quoi que ce soit, il y a des implications décisionnaires qui passent forcément par le canal politique.



 


Le lien social est brisé. Il y a réellement des classes sociales qui se forment et où le fossé se creuse de plus en plus dans un dialogue inexistant. La désespérance est de mise et réelle, la misère aussi. La précarité du travail amènent un quasi esclavagisme muet. Ces soumissions forcées ou imposées se traduisent et se traduiront forcément par une violence larvée mais qui peut devenir visible et cruelle, un affrontement.

Un autre monde est en route, une autre façon de vivre qui me ramène aux années 70 du siècle dernier où le refus d’une société de consommation se traduisait par d’autres façons de vivre, plus sobres, plus démunies, plus autonomes avec une grande qualité d’entraide et d’échanges. Et où l’écologie, la notion de faire partie d’un tout à respecter, à préserver était déjà largement présente. Mais aussi le refus d’un autoritarisme, de la hiérarchie, des ordres de remise au pas, du poids de la morale religieuse, de la bienséance, du conformisme, du qu’en dira-t-on, ...un mouvement libératoire, d’émancipation après des années de guerre et de difficile reconstruction.

Nous sommes bien à la fin d’un cycle (les Mayas l’avait placé fin 2012) avec un changement sensible et évolutif de civilisation, de dogme économique forcé par la fin des réserves d’énergies fossiles, la fin des modèles dominants qui ont amené exploitations, guerres et chaos.
Se rattacher à l’ancien monde avec des pouvoirs centralisés, c’est se rattacher à des privilèges et fonctionnements d’un autre temps qui sera bientôt révolu, automatiquement.

Le pouvoir politique vacille, a montré ses limites et sa fragilité, les partis (en France) ont été tous décimés, décrédibilisés par leurs manœuvres minables qui tournent toujours autour des trois axes qui mènent ce monde de 2017 : pouvoir, argent, sexe, dans le désordre.

Rejeter donc toute discussion car elle serait « politique » c’est vouloir rester accrocher à des restes de règles, afin de se rassurer car tout changement est se mettre en danger, ce qui dans le mouvement permanent des incertitudes nous met en effroi.

Il faut au contraire politiser les débats car c’est de la vie en commun dont on parle et des rapports aux pouvoirs. Réinventer une démocratie locale, directe, des représentant-e-s tiré-e-s au sort, de l’action collective pour le bien-être de tous. Faire vivre les atouts et entreprises artisanales locales, échanger les services, les informations, les connaissances, les savoirs-faire, mettre des moyens en commun, se réapproprier la vie et les décisions qui vont avec.

Si on peut aisément se détourner de la politique politicienne qui a montré tous ses travers, si on peut ignorer un gouvernement qui n’est plus représentatif et qui fonctionne en vase clos, on peut aussi se réapproprier tous les strates de décision localement, inventer des nouvelles façons, se préoccuper plutôt des biens communs que de les laisser aux mains de celles et ceux qui veulent en tirer des profits (personnels), en faire du business, de l’argent.

A partir du moment où on regarde les choses, la vie, autrement que par la lorgnette de survie, alors les perspectives s’élargissent, les possibilités deviennent nombreuses.
Mais pour cela, il faut sortir de l’égoïsme, de l’individualisme, de l’ambition démesurée et créer de nouveaux liens avec son entourage.
Penser ainsi, c’est aussi ….politique, pas vrai ?
Puisque c’est se préoccuper d’une vie collective et des moyens disponibles.

Le mot politique n’est pas un mot sale, ce sont les politiciens (professionnels) qui l’ont sali et ainsi, coupé la branche sur laquelle ils étaient bien installés. Tant mieux.
Cela permet de redéfinir le mot et lui redonner tout son sens premier, un intérêt pour ce qui est commun, collectif et un rapport de force, qu’on peut atténuer ou même faire disparaître.

Lorsque, au niveau d’un Etat, la représentativité sera réelle, on pourra de nouveau s’en préoccuper (pas juste épisodiquement en étant appelé/sommé à mettre un bulletin de vote dans une urne). En attendant, faisons vivre la démocratie, la liberté de penser et parler, à notre niveau, là où on vit. Remettons-y de l’exemplarité, de la compassion et les énergies s’y déploieront.


L’avenir n’est pas écrit.

mardi 14 novembre 2017

Vivre sans patience et sans amour !

Mais non, pas moi, dites-vous ! Dans votre tête, au fond de vous, vous vous persuadez que vous savez être patient-e et que vous recevez des marques d’amour, de votre compagnon, votre compagne, de vos enfants et petits-enfants, de vos parents, de vos ami-e-s, de...Bref, la vie est merveilleuse et baigne dans un environnement de douceur…
J’aimerai bien le croire, mais tout ce que je vois (ou en tout cas, le plus que je vois) démontre bien le contraire. Tout doit être tout de suite et l’amour, c’est je prends-je jette ! Ce monde de l’immédiateté est aussi celui de l’éphémère et le travail ne manquera pas aux psychanalystes, psychiatres et psychologues ; les laboratoires-entreprises pharmaceutiques faisant leur beurre depuis des années sur cette vague qui ne peut que se composer de déceptions, de rancœurs, de colères.
Tous les parents souhaitent que leurs enfants trouvent un CDI et payé plus que le SMIC, qu’ils puissent devenir autonomes afin de pouvoir enfin souffler un peu après les avoir « élevés » toutes ces années...En plus, s’ils-elles trouvent un « travail salarié » qui leur plaît avec des perspectives, c’est mieux ! Mais c’est bien plus rare et jamais définitif et acquis. D’autant plus que l’on voit de plus en plus des personnes compétentes et en activité se faire jeter de leur entreprise sans aucun « étât d’âme » ou reconnaissance pour les parfois nombreuses années de bons et loyaux services.
Dans ma chronique précédente sur la génération « connectée », je terminai sur cette note de manque de patience et donc de relations approfondies possibles. Et je ne leur jetais pas la pierre tant ils sont tributaires et ce sont les conséquences de cette accélération du matériel, de l’avoir, du paraître et de l’irresponsabilité. Peut-être un passage nécessaire pour inventer « autre chose ».
On vit dans ce monde occidental et mondialisé où on n’imagine même pas une autre façon de vivre et d’être possibles. On nous fait croire qu’il n’y a pas d’alternatives, que seul ce modèle de production-consommation (d’objets éphémères) nous permet de « construire » notre vie, de gagner de l’argent qui résoudra les difficultés d’adaptation, qu’il faut avancer (et se taire) pour améliorer son quotidien, que ce sera ainsi pour longtemps. On fait tout pour vous convaincre que c’est le chemin,  que celles et ceux qui le contestent n’ont rien compris aux changements du monde, qu’ils-elles sont des « loosers » et qu’il faut les éviter pour ne pas être contaminé-e-s !!!
Bref, un discours rassurant, élitiste, d’exclusion qui nous fait croire que les hérétiques  sont des fainéants, des parasites, des extrémistes dangereux...Ils pensent qu’ils-elles ont gagné la bataille « idéologique » et pourtant chaque jour un peu plus le doute s’installe sur le modèle présenté. Le manque d’imagination ou le manque d’information véritable ne permet aucune autre perspective de pensée.
Et le fossé se creuse, la notion de « classes » revient et en plus, les différences sociologiques, économiques s’accentuent chaque jour davantage : un réel danger, facteur de violences, d’affrontements qu’on ne souhaite pas encore envisager mais qui semble inéluctable sur cette lancée.
Quand on voit en plus les dirigeants actuels du monde, on est loin d’être rassuré !


Créer, c’est résister !

Bien sûr, il n’y a pas (encore) d’armée d’occupation, une dictature sanglante, mais ça a existé il n’y a pas trop longtemps et parfois l’histoire fonctionne par cycles. Si l’objectif était de rendre la vie plus agréable et facile pour tous, les perspectives seraient d’un autre ordre, mais on sent bien que tel que ça va, il n’y a qu’un petit nombre qui profite en excluant et précarisant une masse de plus en plus importante. La poudre de perlimpinpin envoyée avant et après les élections ne fait plus trop illusion – à part parfois quelques semaines- et les gouvernements successifs utilisent les mêmes recettes pour leur même but : favoriser l’élite financière et productive (!) sans tenir compte des tenants et aboutissements de leurs activités et de leurs comportements qui va à l’encontre du bien public, des intérêts généraux des habitants. On nous a formaté et nous, quelque part, nos jeunes aussi pour en faire des bons petits soldats de l’économie marchande. Pas étonnant d’avoir un peuple de râleurs aigris et déboussolés.

Bien sûr, c’est facile pour moi, retraité, de regarder le monde avec un peu de distance, avec ma liberté d’être dégagé de tout productivisme ou d’ordres quelconques qui me cloueraient le bec. Faut-il pour autant arrêter de partager ses réflexions, ses analyses, ses points de vue ? Dans la situation présente, c’est même un devoir que de partager, d’échanger, d’enrichir le débat avec aussi une certaine expérience concrète à faire valoir... 
« Oui, mais on fait au mieux pour s’en sortir. » Bien sûr, mais réfléchissez une seconde à cette expression : « s’en sortir ». Se sortir de quoi ? Et pour faire quoi et comment ? Dire s’en sortir, c’est déjà avoir mis le pas sur les premières marches.

Apprendre, c’est la rencontre, l’écoute, la réflexion, la contemplation, … Il faut savoir se détacher du passé et même de l’idée de l’avenir pour exister ici et maintenant, retrouver SON être intérieur qui vous susurre que la vie, c’est être relié au tout avec notre part d’humanité qui nous rend interdépendant-e des autres, de tout ce qui nous entoure, de notre voisin-e comme des arbres, des autres espèces vivantes, de l’eau, de l’air, de la terre… 
Prendre conscience de cela change notre regard sur le monde et sur les autres. 
Faut-il attendre un certain âge pour atteindre l’essentiel ?

Savoir être patient-e et dans l’amour universel ?







Il y a autour de nous de nombreux prémisses, des pistes et des réalisations concrètes qui nous offrent une autre vision de monde possible, d’autres modes de vie. Les observer, les regarder, y participer, ...élargit notre vue, illumine notre conscience. 
Chacun-e peut être acteur d’un changement. 
Construire c’est être patient, entre semer et récolter se passe un temps.



L’avenir n’est pas écrit et ... on y contribue !

vendredi 20 octobre 2017

Connectés sous dépendance addictive solitaire

Je sais, vous êtes comme de nombreuses personnes de ma génération d’après-guerre qui ont vu le monde changer à un rythme qui s’accélérait de plus en plus,  jusqu’à s’emballer dans une seule direction. Nous regardons nos enfants, les enfants de nos ami-e-s, nos petits-enfants et ceux des autres, nous les récupérons parfois à la sortie du collège, du lycée et nous observons tous le même comportement.



Cela peut certes nous irriter, nous désoler, nous désespérer. Mais comprendre pour argumenter, pour détourner, c’est plus dur. Y a-t-il une explication, des explications ou est-ce juste le résultat de ce que l’on a laissé filer par résignation, par facilité ou pour voir comment cela va évoluer, en spectateur critique ?
Nous avons nos références basées sur un monde tel qu’il était à leurs âges, avec les outils disponibles à ce moment-là, nos jeux, nos loisirs, nos plaisirs, nos désirs, … Mais eux, ces jeunes, ces adolescents, ces jeunes parents, quelles sont leurs références à eux ? Quel monde leur avons-nous présenté ?

On leur a bassiné que le monde leur est ouvert, que les technologies, la science vont faire des pas énormes, qu’ils profitent du temps de paix, du confort et des biens de consommation innombrables, qu’ils sont destinés à de grandes choses, qu’ils pourront obtenir ce qu’ils veulent dans la vie…. Ils vont à l’école, s’enrichissent de diplômes pour trouver le job qui les « mettra à l’aise ».
On en a connu de ces jeunes qui y ont cru, n’ont pas ménagé leurs efforts pour y « arriver ».

Mais la « real world » fait vite déchanter. Confrontés au monde du travail, ils se rendent compte qu’ils ne sont pas spéciaux, que plus personne n’est là pour les couver et les aider à une quelconque promotion. L’image de soi s’en trouve vite ternie, l’estime de soi amoindrie quant à la satisfaction par le travail et parfois aussi la difficulté d’établir des relations profondes et sincères.
Cette génération vit dans l’immédiateté, on peut tout avoir instantanément (ou presque), un monde de gratification instantanée. A la violente réalité du travail où l’on se sent souvent dévalorisé s’ajoute la technologie, les outils, les objets connectés.






 
C’est là qu’ils vont se lâcher pour s’échapper de ce monde dur, pour montrer aux autres à quel point leur vie est sensationnelle et riche, alors même qu’ils sont en voie de dépression.
Nos enfants et petits-enfants ont du mal à créer des relations profondes qui ont du sens. Leurs amitiés sont superficielles dans la mesure où ils ne peuvent pas compter les uns sur les autres. Dès que du nouveau apparaît, on délaisse pour aller vers du « mieux » ! Et quand un stress se présente, ils ne se tournent pas vers des personnes, mais vers l’appareil, leur objet « connecté ».
L’implication dans les « réseaux sociaux », i-phone, Facebook, Instagram et autres twitter génère la libération de dopamine et on se sent « bien » en « partageant » sur les réseaux par les portables « intelligents ». Cela provoque au final une réelle addiction comme l’alcool, le tabac, les drogues…


Notre génération, on est bien accro au pétrole et on a du mal à construire la transition, la résilience (pour le monde d’après « la crise »). Nous n’avons donc que peu de choses à leur présenter pour les faire rêver, les faire réfléchir à un autre monde possible que celui qui est LEUR référence, dans lequel ils sont nés et ont grandi.

Mais, on peut leur faire découvrir que le plaisir peut aussi être de couper du bois, de repeindre sa chambre, de chercher des réponses dans des ...livres, de planter des graines, de cueillir des légumes, de les cuisiner et partager un repas, de se promener dans de beaux endroits, de …




 
Cette génération de l’immédiateté doit apprendre la patience, que les choses fondamentales comme l’amour, l’accomplissement par le travail, la joie sont des choses qui demandent du temps.

Etre reliés par des appareils n’est qu’une illusion relationnelle et en terme de liberté, c’est une aliénation forte. Demain, la montre connectée, la puce implantée sous la peau connectée, le/la ….

Je n’émets aucun jugement moral ou de valeur, mais je me pose des questions. Interdire sans remplacer par autre chose de plus valorisant ne sert à rien pour guérir de cette addiction.
Propositions autres, activités de création, reconstruction de l’estime de soi, valorisation d’une réalisation, les pistes sont multiples et nous en connaissons de nombreuses.

Compréhension et exemplarité feront contrepoids, atténueront le temps passé devant les écrans et cette illusion d’exister, de vivre à travers des appareils « connectés » !



L’avenir n’est pas écrit.


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Souvenez-vous quand ça a commencé cette dépendance-addiction. En 1997 apparaissait sur le marché des jouets, une "montre-oeuf", création japonaise, un programme informatif qui ne sera inter-actif, connecté qu'en 2004 : le TAMAGOTCHI. Ne dites pas que vous n'avez jamais vu ou eu un tel "jouet"...qui ne vous quittait plus, qui devenait le centre de votre timing quotidien, nourrir, promener, ...pour qu'il ne meure pas !



lundi 2 octobre 2017

ETATS GENERAUX DE L'ALIMENTATION : agriculture et santé

Emmanuel Macron, candidat, dans ses promesses électorales, déclarait vouloir « assurer un revenu décent aux agriculteurs et une alimentation de qualité tout en respectant l'environnement ».  
Quel beau programme pour toutes celles et ceux qui sont sensibilisés-e-s aux enjeux de la santé par une alimentation saine et également par la juste rémunération des paysans pour leur travail qui privilégie la qualité de leurs productions.
On allait voir ce qu’on allait voir car LREM (La République En Marche) veut tout changer , moderniser, adapter au XXIème siècle, …

Annoncez le programme :


Le 20 juillet 2017 s’ouvrent les Etats Généraux de l’Alimentation, une sorte de Grenelle de l’Alimentation, sous la coupe non pas du Ministère de la Transition comme le souhaitait Nicolas Hulot, mais de l’agriculture *. Cela doit durer jusqu’à mi-novembre avec 14 ateliers et 2 chantiers.
L’idée en tant que telle semble attrayante, médiatiquement payante, mais comme pour le Grenelle de l’Environnement des secteurs entiers en sont exclus et la composition des participants pose forcément question.
Edouard Philippe, premier ministre dit vouloir réconcilier agriculture et environnement, quant à Nicolas Hulot, il veut annoncer une « transformation culturelle » en appelant tous les acteurs « de la fourche à la fourchette » à « mettre les postures de côté ». « J’espère qu’aujourd’hui est le début de quelque chose d’inattendu et de magnifique ». Le prédicateur doit être sur une autre planète, doit user de substances euphorisantes car comment ne pas voir qui est autour des tables de discussion.

Les présidences des « ateliers » sont tenues par 10 élus et responsables publics, par 10 représentants des géants de l’industrie agroalimentaire et de la grande distribution et aucune par des syndicats agricoles ou des ONG. Le public peut intervenir sur internet !!! Nous avons donc des représentants de Danone, de Système U, des laiteries Triballat, d’Axéréales, du groupe Avril, etc...bref la grande distribution (8 groupes possèdent tout le marché), l’industrie agroalimentaire. Celui qui supervise le tout est Olivier Alain. Oui, illustre inconnu pour vous, mais c’est le conseiller agriculture de Emmanuel Macron pendant la campagne , gros éleveur bovin et ...porte-parole de la FNSEA, le syndicat agricole bien connu pour sa sensibilité écologique et la défense des paysans !!!! C’est lui qui conseillait aux agriculteurs de ne pas déclarer leur flux d’azote, contrairement aux textes réglementaires. Vous voyez le genre. Et qu’en pense Nicolas Hulot ? Silence…

Vous imaginez bien que ces ateliers -dirigés par Danone, Système U et autres - ne vont pas sortir des textes de futures lois qui vont indemniser avec des prix JUSTES et plus élevés les producteurs de nos campagnes, vallées et montagnes. Quant à manger plus sainement, ce serait une révolution au sein des industries alimentaires et gros distributeurs et FNSEA de changer complètement de direction , eux qui ne pensent que profits, rendements, hyper-production, …



 
Et pourtant, certaines cantines scolaires passent au bio et produits locaux et de saison, les circuits courts ont le vent en poupe, les « éleveurs engagés » font des efforts de reconversion, les producteurs bios sont de plus en plus nombreux, les consommatrices et consommateurs commencent à être sensibilisés aux problèmes de santé et d’alimentation, aux conditions d’élevage et de production, au bien-être animal,… Il semble donc bien qu’il y ait un décalage énorme entre les effets d’annonce, l’enfumage médiatique et les réalités quotidiennes.

Quand on voit les efforts constants des paysans pour améliorer leurs produits, leurs combats pour survivre en vivant de leur travail, la synergie qui monte pour la vente directe, les produits locaux et que du côté de l’État (par vote au Parlement qui est LREM en majorité absolue), on va faire adopter le CETA, cet accord de marché avec le Canada (puis revenir ensuite sur le Tafta avec les Etats-Unis) et qui va permettre l’importation massive de viandes et produits alimentaires, c’est comme se tirer une balle dans le pied, c’est en contradiction totale avec ce que veulent nos paysans.

Lorsque mi-novembre, ces Etats Généraux se termineront (!) vous aurez droit à de beaux discours, on lancera quelques désirs sans aucune décisions concrètes et loin des objectifs annoncés : une plus juste rémunération du travail des paysans et de leurs produits et une alimentation plus saine pour tous.

On voit là encore combien et quel est le décalage entre ce qu’on « perçoit », ce qui est « communiqué » et la réalité des choses. Demandez à nos paysans ce qu’ils en pensent, ce qu’ils espèrent des décisions de ces Etats-Généraux de l’Alimentation où ils sont concernés, mais totalement absents. Tout est dit ! **



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* Vous connaissez le nom du ministre de l’Agriculture ? Stéphane Travert (qui fait tout de … /lol)

** Et pendant ce temps, le glyphosate est prolongé, les terres agricoles disparaissent sous les routes à hauteur d’un département par an...les labels bio européens sont de plus en plus élastiques et permettent une quantité d’OGM et un affichage des compositions des produits moins strict, les contrôles de plus en plus différés dans le temps, ...etc...



vendredi 22 septembre 2017

ECOLOGIE ET SURVIE : l’Alsace, berceau de l’écologie politique

Si les associations écologistes ont beaucoup apporté à la réflexion sur l’état de notre planète et le fonctionnement mortifère du monde, si l’écologie politique a fait évoluer les discours et les programmes sur la notion de durable et/ou de soutenable, cependant on est très, très loin d’un programme politique écologique, même si pour la façade et les déclarations pour dans 50 ans, nous avons un ministre d’État de la transition !

Le parti représentatif de l’écologie politique (Les Verts devenu EELV) a sombré dans cette dernière séance électorale de 2017 en se fourvoyant avec un PS moribond. Le Conseil Fédéral EELV de septembre a pour ainsi dire validé cette « mort politique » en décidant de ne rien décider avec une option de lancement d’un large mouvement qui couvrirait toute la sphère des acteurs de l’écologie. Mais cela ressemble à ce qui s’est passé déjà lors de la mue des Verts en Europe-Ecologie/Les Verts il y a à peine quelques années...C’est juste histoire de faire encore illusion le temps de régler la destination du « patrimoine » !

Pourtant, loin de l’histoire des origines de l’écologie politique, il y a des jeunes militant-e-s qui veulent s’investir dans un mouvement d’écologie politique, qu’ont déserté les « anciens ». EELV étant décrédibilisé comme les autres partis, il faut se structurer dans quelque chose de neuf pour être écouté, entendu.
Un proverbe africain dit quelque chose d’à peu près cela : «  Si tu ne sais plus où tu vas, rappelle-toi d’où tu viens »

Alors, petit rappel pour les nouvelles générations.




















En ...1972, le penseur, ethnographe , philosophe gallois Edouard Goldschmitt publie « Plan pour la survie » dans le n°1 de son journal, The ecologist. C’est une sorte de « synthèse sur la violence des rapports entre les êtres humains et la nature, sur la violence de notre société moderne qui conduit à la destruction de la nature et des rapports humains. »
En 1973, au moment des élections législatives, droite gaulliste et PS proposent le même schéma de développement : plaine d’Alsace industrialisée, centrales nucléaires le long du Rhin, autoroutes à gogo...Le petit groupe d’ écologistes alsaciens, surtout haut-rhinois, décide de présenter des candidats pour faire entendre un autre projet de vie et d’avenir durable. C’est ainsi que Henri Jenn, militant LPO (Ligue de Protection des Oiseaux) sera candidat sur Mulhouse avec comme suppléante, Solange Fernex et comme slogan « Halte au cancer de l’expansion ». Leur mouvement est appelé « Ecologie et Survie ».

L’année suivante, Henri Dumont se présente à l’élection présidentielle. On se souvient du verre d’eau mis en avant pendant ses interventions télévisées où, visionnaire, il voulait montrer que l’eau, symbole de notre milieu vital fini, était rare, que nos ressources naturelles sont limitées, qu’il fallait réduire le gaspillage pour le bien-être de tous, et aussi équilibrer le partage des richesses entre Nord et Sud.
En 1979, Solange Fernex est choisie comme tête de liste Europe-Ecologie (eh oui le nom existait déjà) aux élections européennes. Mais Les Amis de la Terre de Brice Lalonde appellent à ne pas voter cette liste et elle échoue de peu. Elle sera finalement élue députée européenne quelques années plus tard.
Elle a été aussi une des fondatrices des Verts en 1984.

Il faut lire le livre d’Elisabeth Schulthess consacré à cette femme exceptionnelle qu’était Solange Fernex, écologiste, féministe, non-violente (* « l’insoumise » 2004 - éditions Yves Michel) qui est encore un exemple pour les militant-e-s du quotidien et considérée comme celle qui a crée l’écologie politique en France, en Europe.








 
Et si aujourd’hui un nouveau mouvement-parti d’écologie politique devait se (re)créer avec une nouvelle génération qui occupe le terrain local et agit sur tous les territoires, urbain et rural, il faudrait l’appeler « Ecologie et Survie » pour rendre un hommage aux précurseurs, mais aussi pour marquer une continuité en revenant aux valeurs d’origine (et non pas la course aux postes d’élu-e-s) et surtout, ce nom est encore plus porteur de sens en 2017.


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 * Solange Fernex est décédée en 2006 à la suite d’un cancer.



Un film témoignage ( interviews et archives ) a été réalisé par Daniel Coche (Dora Films) en 2014 , « La Petite Étincelle »

vendredi 8 septembre 2017

Technique, philosophique, éthique, politique ? Pourquoi privilégier GNU-Linux et les logiciels libres

On parle de résilience, d’autonomie énergétique, de circuits courts alimentaires, de santé alternative, de transports doux, de maisons passives, de biens communs, …
On utilise le numérique comme un outil quasi quotidien et là aussi, il faut tendre vers une certaine autonomie vis-à-vis de la dépendance des systèmes d’exploitation et des logiciels utilisés. Car ils impliquent aussi les objets connectés (tablettes numériques, téléphones intelligents, compteurs, domotique, …).


J’ai bien constaté lors de la mise en place de la gestion informatique des échanges pour le S.E.L. (Système d’Echange Local) de par ici, que l’outil informatique était loin d’être familier et qu’il restait un repoussoir encore pour certain-e-s.
La confusion reste grande dans la tête de pas mal de gens et cela n’aide en rien à apprivoiser un outil malgré tout très utile quand on sait s’en servir.
Alors, essayons d’éclaircir un peu les choses.

Vous voulez acheter-changer d’ordinateur

Dès le départ, et cela vous irrite, on vous pose la première question : 
qu’est-ce que vous souhaitez ? Un Apple, un Windows ? (ou autre chose) ?
C’est quoi ça déjà ?

Un ordinateur est un appareil vide équipé d’un certain nombre de fonctions : mise en route, écran d’accueil, branchements divers possibles…
Mais tel quel, il ne fait pas grand-chose. Donc, on va l’enrichir avec un système d’exploitation (commandes multiples) et des logiciels (utilitaires).

C’est ainsi que dès le départ, on vous propose généralement deux choix de systèmes d’exploitation (encore appelé « environnement »), tant le troisième est totalement ignoré. On y reviendra…
* Le premier est généralement un ordinateur d’une marque quelconque, mais déjà équipé/chargé avec Windows (version 10 aujourd’hui) inclus et qui augmente le prix d’achat.
* Le deuxième choix est un ordinateur Apple avec son système installé spécifique, Mac OS X (IOS pour les tablettes et smartphones).
* Le troisième choix, rarement ou jamais proposé, est un ordinateur de marque quelconque vide... et sur lequel vous pouvez télécharger un système d’exploitation gratuit, LINUX qui se décline sous plusieurs noms selon les versions : Ubuntu, Fedora, …

 
Dès le début donc, votre choix d’acquisition détermine votre dépendance à certains constructeurs-marques : Apple, Microsoft. Ces entreprises (américaines) ont envahi le marché de l’informatique comme Coca-Cola pour les boissons. Elles vous proposent aussi en complément du système d’exploitation toutes une série de logiciels qui sont des outils de bureautique, de dessin, de gestion, de ….Les possibilités sont de plus en plus variées. Ces logiciels sont appelés applications pour les tablettes et smartphones (téléphones intelligents).
Parmi ceux-là, on connaît surtout Word, Excell, PowerPoint, Office, Facebook, Chrome, Safari, Firefox, Thunderbird, VLC, ...etc...Les uns fonctionnent avec Windows, d’autres avec Apple, d’autres avec Linux.
De plus en plus, les logiciels Windows ne sont même plus installés sur l’ordinateur, mais ne sont utilisables que si on a un « abonnement logiciel » et on va les chercher sur un site dédié installé ailleurs et qu’on connecte par internet. La dépendance s’accentue de plus en plus, tout est de plus en plus dématérialisé. L’archivage aussi est proposé non plus sur l’ordinateur mais dans un « cloud » (nuage) virtuel hébergé ailleurs. Imaginez que vous perdez vos codes d’accès ou que vous changez d’abonnement-d’opérateur internet, que vous n’avez plus accès à votre « cloud ». Il vaut mieux continuer à stocker textes-images-documents-photos, vidéos sur le disque dur de son ordinateur (ou un disque dur personnel externe ou encore une clé USB).

Par rapport aux logiciels-applications, ce sera en fonction de vos besoins et vous arriverez petit à petit à les utiliser puisque cela sera comme une machine à écrire par exemple pour les logiciels de traitement de texte. Et puis pour vous mettre à l’aise, n’hésitez pas à fréquenter un club ou atelier informatique au début.



LINUX et les logiciels libres

Il y a déjà un certain nombre d’années, j’ai vidé mon ordinateur de tout Microsoft-Windows pour y installer un système d’exploitation libre Linux du nom de UBUNTU avec des logiciels de bureautique LIBRE OFFICE, de dessin GIMP, de navigation internet FIREFOX, de messagerie THUNDERBIRD, de lecture de musiques et vidéos VLC, de mixage son AUDACITY, ...etc...On trouve de tout dans la logithèque Ubuntu. Si, au début , les utilisateurs de Windows et Apple sont un peu déstabilisés, très vite les habitudes de manipulation reviennent avec quelques adaptations faciles. Et puis les aides et conseils en ligne sur le site « Ubuntu » sont précieux et précis, puisque les utilisateurs de logiciels libres forment une sorte de communauté qui s’entraide beaucoup.

On devrait n’utiliser que ces logiciels libres afin de ne pas perpétuer la dépendance aux grandes entreprises du numérique citées plus haut qui imposent pour ainsi dire la vente forcée de leurs systèmes et logiciels. Ils essayent de pénétrer les écoles, les lycées-universités, les administrations, les entreprises nationales et donc de tisser leur toile mondiale dont ils sont les seuls bénéficiaires et détendeurs des outils. Il est donc plus que nécessaire de se défaire de cette dépendance et d’envisager de changer de façon de penser et donc d’agir en conséquence. Il est très facile de trouver Linux (Ubuntu, Fedora, …) sur internet et de télécharger le système et logiciels.

Et cela va plus loin encore que la dépendance : la sécurité. Qui dit main mise dit contrôle. Or avec le recul nous avons bien pu mesurer la fragilité de certains systèmes. Ainsi Windows a des failles que les bandits de l’informatique (les hackers) utilisent pour lancer des brouillages énormes et demander des rançons pour rétablir la situation. Dans les objets connectés (montres, tablettes, téléphones, compteurs, appareils divers, …) il est très facile d’y mettre des mouchards interconnectés qui collectent des données personnelles, revendues à d’autres compagnies (ou organisations) : c’est le business du Big Data !

Ainsi, certaines administrations, comme la gendarmerie,  ont opté pour Linux et les Open Source (logiciels libres). Des pays en voie de développement n’utilisent que les logiciels libres pour réduire leurs factures d’équipement et ne pas être dépendants. Cela permet aussi à tous les développeurs bénévoles de Linux qui améliorent en permanence les outils de trouver des débouchés professionnels pour la mise en place, l’entretien des appareils dédiés aux logiciels libres avec leurs améliorations et adaptations permanentes.


C’est donc au-delà du choix technique, un choix philosophique, éthique, politique que de privilégier GNU-Linux et les logiciels libres. J’espère que cette chronique vous en a convaincu-e-s.




 



ENCORE UN CONSEIL :
Vous êtes sollicités, vous utilisez internet pour des achats « en ligne » avec un paiement « en ligne » soit-disant sécurisé où on vous demande vos coordonnées bancaires de votre carte de crédit.
Vous avez déjà entendu parler de différentes arnaques qui ont ainsi vidé des comptes (sans rien recevoir). Pour éviter ce genre de déboire, les banques (ou la plupart) proposent un service qui s’appelle PAYWEB card (ou équivalent) et qui permet de créer une carte de paiement virtuelle (même nombre de chiffres et codes) en plafonnant la somme retirable sur cette carte et pour un seul achat. Ainsi vous ne risquez pas qu’on vous prenne plus que la somme que vous avez indiquée et on ne peut pas utiliser les données de la carte une deuxième fois.
Dans le même ordre d’idée, ne transmettez jamais vos numéros de code de votre carte bancaire lorsque des administrations (banque, télécom, edf, etc.) vous demandent par internet de mettre à jour vos coordonnées bancaires ou autres abonnements-comptes, etc… Les administrations par sécurité communiquent toujours par voie postale pour ce genre de changements. Ne vous fiez donc pas aux imitations de pages officielles souvent bien faites pour vous induire en erreur.


Voilà donc quelques éclaircissements qui sont des répétitions pour celles et ceux qui s’y connaissent, mais peuvent être utiles et éclairants pour d’autres.


lundi 4 septembre 2017

C’EST LA RENTREE : CHANGEZ TOUT !

Quand les conquêtes sociales, le programme du Conseil National de la Résistance ont fait avancer toute une société au profit de tous, c’était évidement un très grand changement, d’un grand progressisme au lendemain d’une guerre qui a mis le pays à terre. Et aujourd’hui le Conseil d’Administration de la start-up macronienne du pays France voudrait nous faire croire que tout cela est d’un archaïsme ringard d’un autre temps et qu’il faut tout changer. Quand les évolutions proposées vont dans le sens de l’amélioration de la vie des gens, cela m’étonnerait que cela enclenche un processus de refus des réformes !

« Je veux aller où l'air est plus doux
Où la colombe vole en-dessous
Où le printemps entre un jour comme un fou
Vous saisit au revers
Au détour d'un chemin vert
Et vous dit
ça va pas comme ça

Changez tout changez tout
Votre monde ne tient pas debout
Changez tout
Je veux aller dans l'après-midi
D'un jour où rien n'est interdit
Où le bonheur sans faire de comédie
Vous salue sans manières
Et vous parle à cœur ouvert
Et vous dit
Qu'est-ce que t'as bien fait... »

https://www.youtube.com/watch?v=eJ8aMmTtY78

Cette chanson de Michel Jonasz peut paraître niaiseuse (comme diraient nos ami-e-s canadien-ne-s) mais elle m’est venue à l’esprit instantanément quand j’ai mis ce titre de chronique. La poésie est-elle, elle aussi, archaïque ?




Emmanuel Macron, ou disons son gouvernement, dépose ses ordonnances concernant la loi travail pour faire rentrer la France dans l’ultralibéralisme où les patrons des grosses entreprises et de la finance vont faire définitivement la loi et où les employés-ouvriers seront vraiment sans recours et des protections sociales amoindries. C’est ça le modernisme macronien, la nouveauté, les réformes que les français refusent par frilosité !!! Sarkozy voulait casser l’héritage de 68, Macron veut détruire les acquis du Conseil National de la Résistance. Mais comme on n’a que peu de mémoire sur notre histoire, même contemporaine, alors tout est permis et on peut brouiller les pistes par des affirmations erronées sans souci.
C’est sûr que de baisser l’allocation logement, d’augmenter la CSG pour les retraités sont des « révolutions » qui vont redresser les comptes du pays.
Comment un président, qui dirige un conseil des ministres dont des membres importants sont issus de Areva, Danone et compagnie, va-t-il expliquer qu’il vaut mieux continuer à ponctionner dans le petit peuple plutôt que de faire contribuer les grosses fortunes à un soit-disant effort commun. Non, on ne touche pas aux riches, on ne remet pas un impôt sur la fortune, on ne taxe pas les robots-machine des entreprises qui dégagent des bénéfices énormes tout en licenciant allègrement...La loi travail est révélateur du monde de Emmanuel Macron et ses ami-e-s. Mais ce n’est pas notre monde, ni le pays dans lequel nous vivons. La fracture sociale chirac-ienne est bien toujours encore à l’ordre du jour et je dirais même plus que jamais. Entre les corrompus, les privilèges qu’on s’octroie, les haineux qui excluent, les bénéficiaires des mandats cumulés, beaucoup de personnes ont cru naïvement que la jeunesse et le sourire allaient faire un changement positif pour tout le monde. Elu avec moins de 20 % des électeurs-électrises inscrits, M.Macron croyait malgré tout que le plébiscite du deuxième tour allait lui donner une légitimité et une confiance aveuglées. Cela n’a guère duré que quelques semaines, car très vite, cet été les petites annonces et déclarations ont vite éclairé nos cerveaux endormis. Et la déception s’est traduite immédiatement dans les indices de satisfaction. Mais quand on base toute la politique sur les gains de l’entreprise (et des banques) en faisant croire que cela entraînerait automatiquement de l’embauche et donc par ruissellement de la richesse, alors on sait aussi à qui on a affaire : rien de neuf mais du ressassé depuis des lustres. Tous les gouvernements et présidents successifs ont dit exactement la même chose : libéralisez l’entreprise, assouplissez les conditions d’embauche, de contrats et de licenciement, diminuez les charges sociales, le chômage diminuera, cela ira mieux pour tout le monde. Et faisons fi des « services publics », de la Sécurité Sociale, etc...qui sont des freins au ...développement et à la modernité !!!!
Que ne faut-il pas entendre. Bien sûr il y a une logique idéologique et le MEDEF sable le champagne sachant que les promesses d’embauche ne sont ...que des promesses sans engagements, sans contraintes. 

 
Les seules voix divergentes viennent de deux syndicats et du mouvement et des élu-e-s de La France Insoumise qui remettent les pendules à l’heure. Les médias de propagande descendent tellement son leader actuel afin de brouiller les déclarations de son mouvement. Il faut noircir le personnage, le rendre antipathique pour brouiller son discours, occulter le programme de « l’avenir en commun », que peu de personnes ont réellement lu. Cela semble « marcher » car même certain-e-s électrices-électeurs de Mélenchon lui tournent le dos en ne regardant que la personne et en occultant le mouvement collectif, les idées, le programme et les autres élu-e-s porte-parole.
Pour des observateurs et animateurs politiques comme moi, il n’y a rien de neuf dans ce qu’on vit là. C’est juste plus accentué, plus frontal et plus définitivement dédaigneux, on pourrait même dire irrespectueux.
Dans quelques mois, cela semblera évident à un grand nombre. Et alors ?
En Marche a tous les pouvoirs, les majorités absolues dans tous les rouages, a bien placé « ses gens » avec des élu-e-s aux ordres, réduits au silence de la discipline du parti qui leur a permis d’être député-e-s !
Les partis « traditionnels » sont morts, décimés, décrédibilisés, que ce soit le PS qui deviendra peut-être « les socialistes » et la »Nouvelle Gauche », le FN qui deviendra peut-être « les patriotes », les Républicains qui éliront un proche des thèses FN a sa tête en la personne de L. Wauquiez, EELV qui s’est fourvoyé avec le PS pour essayer de sauver des postes de députés et s’enlise dans ses errements.
Il ne reste effectivement face à face que deux « mouvements » : En Marche et France Insoumise avec deux visions très différentes, deux projets pour la France. Au moins le choix est clair entre deux points de vue radicalement opposés. Et sans porosité entre les deux.
On pourrait même redire des slogans du passé récent : « camarade, choisis ton camp » tant la société est clairement divisée entre deux blocs sociaux aux antipodes.


Non , Macron ne rassemble pas. Chaque jour on voit plus clairement combien au contraire sa politique divise profondément. Cela ne préfigure guère des lendemains meilleurs, mais bien au contraire des tensions plus vives encore.
Macron ne change rien, peut-être le style, c’est tout...et encore. On croirait du Lecanuet, du Pompidou…
Si on avait voulu « changer tout », il ne fallait pas prendre cette option-là.
Celles et ceux qui ont eu peur du FN (bis répétita de Chirac-Le Pen) et ont voté Macron, doivent aujourd’hui déjà le regretter profondément. Quand aux convaincu-e-s du macronisme, au moins on sait à quoi s’en tenir et leurs discours pour convaincre auront du mal à passer leur cercle restreint des 20 % .
Et on n’est qu’au début du quinquennat…

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J'aurai bien sûr en ce jour de rentrée SCOLAIRE pu parler de l'Education Nationale et des changements initiés par le nouveau ministre technocrate. Mais les enseignant-e-s seront le plus à même d'en parler dans les prochains jours, sans aucun doute.